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A la Poursuite de l'Adrian

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
21 octobre 2006 à 15:54:25

Bonjour à tous :)

Voici une fic sur Soul Calibur 3. C´est la première que je poste sur le Forum Ecriture, en espérant que vous aprécierez.

Maintenant, libre à vous de choisir entre lire (peut-être même jusqu´au bout) et cliquer sur la petite croix en haut à droite ou le lien "Liste des sujets"...

Vendredi 17 Novembre 1583

J’inaugure aujourd’hui le journal de bord de l’Hirondelle par un hommage à l’équipage de mon précédent navire. Je jure à chacun des hommes ayant succombé le même jour que le bateau qu’ils défendirent avec bravoure jusqu’à rendre leur dernier souffle que leur mort ne restera pas impunie et que je ne trouverai le repos qu’après avoir offert à la mer le cadavre de leur meurtrier. Pour que leur acte de bravoure persiste dans ma mémoire comme dans celle de leurs successeurs et, je l’espère, dans celle de tous les marins du Royaume de Ryukyu, je vais, en cette première page, immortaliser leur courage. Je n’ai pu, hélas, que constater le résultat écoeurant du massacre et, aujourd’hui encore, je me maudis d’être descendu à terre en ce jour funeste et j’implore le pardon de mon frère Kyam pour ne pas avoir été à ses côtés à cet instant.

La tragédie se déroula en Inde. Nous avions accosté dans un port appelé le « Port des Ames ». Amarré à côté de notre navire tanguait un vieux trois mâts dont l’odeur infecte de pourriture rendait mon équipage malade. Ses mâts étaient tous noircis par la saleté et rongés par les ages. Ses voiles jaunies semblaient coupées dans du papyrus ; je doutais qu’elles puissent tenir quand le vent prenait dedans tellement le tissu était mal en point.

Je redoutais l’effet que cela aurait sur notre nouveau et inattendu passager : un individu partageant mes origines orientales répondant au nom de Kilik, muni d’un bâton étrange, qui cherchait un navire pour aller à l’Ouest. La richesse de ces contrées ainsi que l’appel de l’inconnu m’avaient poussé à entreprendre un voyage dans les mers d’Espagne. Partageant donc également ma destination, j’acceptai de prendre à bord l’inconnu qui me semblait être un homme honnête et me parut très sympathique.

Le dégoût provoqué par l’odeur devint tel que, cumulé avec la semaine de calme plat qui nous avait immobilisés au port, il céda place à la colère et l’impatience. Je décidai donc d’aller toucher deux mots sur cette infection au bureau portuaire. C’est ainsi que je descendis d’un bon pas vers le quai, accompagné d’une de mes jeunes et talentueuses recrues. Le moussaillon, d’un tempérament habituellement impulsif, ne tenait plus en place et serait parti à l’abordage si je ne l’avais pas emmené avec moi. Kyam insista pour rester à bord et maintenir l’autorité sur le navire en mon absence.

En ce milieu de soirée, la seule personne appartenant à l’autorité portuaire présente aux alentours était l’adjoint du chef de l’administration maritime attaché au « Port des Ames ». Le pauvre bougre s’était fait octroyer, de force, sous l’autorité de son supérieur, le tour de garde le plus détestable. Quand nous lui exposâmes le problème, il exprima sa compréhension (notamment en humant l’odeur pestilentielle emprisonnée dans nos vêtements) et consulta son registre. Le doute envahit son regard à cet instant précis. Levant la tête, il nous annonça qu’aucun navire n’était officiellement amarré à l’emplacement à côté du notre, et surtout qu’un tel navire n’aurait jamais pu échapper à l’attention de la garde côtière.

Tous les trois, nous pressâmes le pas vers mon bateau pour découvrir une véritable boucherie. Mes hommes d’équipage étaient allongés dans une marre rouge mêlée avec de l’épais liquide noir. Kilik se battait aux côtés de Kyam, tentant de repousser la marée de créatures hybrides qui les assaillait tandis qu’un géant armé d’une hache balayait les survivants de mon équipage, épuisés non seulement par la lutte, mais surtout par l’inactivité des jours précédents. Les deux hommes tenaient bon jusqu’à ce que le géant ne se tourne vers eux et ne lance un coup du plat de sa hache dans les hanches de Kilik. Le jeune homme s’écrasa contre le bastingage et tomba, sonné, sur le plancher en bois du pont.

Kyam fut prompt à réagir et planta son sabre dans la cuisse du géant. Un rictus sadique se dessina sur son visage hideux avant que, à ma grande horreur, la lame de sa hache ne vienne se planter dans le cou de mon frère. Sa tête vola dans une gerbe de sang et alla plonger par-dessus bord, dans les crasseuses eaux du port. La rage m’envahit, je me précipitai vers le pont. Le géant et sa troupe semblaient satisfaits du massacre et sautèrent à bord de leur navire décrépit. Je tentai de les suivre, mais le géant était resté en retrait et m’attendait. Mon nunchaku dansait déjà dans les airs. Ses mouvements saccadés ne semblaient pas le décontenancer le moins du monde, au contraire. La même grimace barrait sont visage difforme.

D’un bond je lui asséner un coup qu’il encaissa sans broncher. Le géant riposta du plat de sa hache. La violence du coup failli me faire perdre connaissance. Mais je pouvais compter sur ma jeune recrue pour assurer mes arrières. Déjà hors de lui avant d’assister au massacre, il était entré dans une frénésie carnassière et déchiquetait les quelques créatures qui traînaient sur notre pont au moyen de son sabre géant. Voyant ce que le géant m’avait infligé, il bondit dessus et lui planta sa lame dans le dos.

Pris par surprise, le géant hurla de douleur. La pointe en métal recouverte de sang noir ressortait à quelques millimètres d’un organe grotesque qui trônait sur son torse comme de la viande avariée sur un monticule de déjections de ruminants. Le géant extirpa le sabre de son dos en rugissant et se précipita vers son navire avec une vivacité surprenante qui laissa son assaillant sur place.

Le vent se leva, le bateau des agresseurs largua les amarres et partit toutes voiles dehors. Ce miracle qui jouait contre nous finit de nous abattre. Je remarquai que l’adjoint martyr avait passé la minute pendant laquelle moi et celui qui était à présent le seul survivant de mon équipage avions tenter de venger nos compagnons recroquevillé derrière une caisse de marchandise, embrassant un talisman qui m’était inconnu, récitant ce qui devait être une prière locale, tremblant de tous ses membres.

Kilik reprit conscience et se précipita vers moi. Ce n’était pas pour m’aider ou s’inquiéter de mon état. La lueur qui avait envahi son regard confirmait le contraire. Mon jeune compagnon d’armes, perspicace, le projeta à terre. Le coup qu’il reçu sur la tête fit disparaître la lueur aliénée de ses yeux. Il se releva s’excusa machinalement pour ce moment de folie, pour la mort de mon frère, pour celle de mon équipage, pour être monté sur mon navire.

Il me conta ensuite comment les marins qui me faisaient confiance avaient défendu mon navire, qui était devenu un peu le leur avec le temps, comment à un contre dix ils avaient tenu courageusement, ayant foi en mon retour et en mon aide. Il me conta comment la mort de chacun d’eux décuplait les forces des survivants, comment leurs larmes se mêlaient à leur sang, comment leur sang se mêlait à celui de leurs agresseurs, comment celui des agresseurs coulait en torrents. Il me décrivit également comment mon frère tint glorieusement en aidant chacun des hommes qui se trouvaient dans des postures difficiles, comment l’arrivée du géant donna l’avantage à l’ennemi. Pendant son récit, la scène prenait forme dans mon esprit, et plus le récit avançait, plus je jurais de venger ces hommes, plus la mort de mon frère me pesait sur la conscience, plus les larmes coulaient le long de mes joues. Mon avenir incertain se dessina soudainement clairement : j’allais chasser le géant, lui faire connaître une douleur que même une créature démoniaque comme lui ne connaissait pas encore, lui ôter jusqu’à la dernière once de vie qui habitait son corps informe. J’allais lui faire payer le prix de ses actes.

redsissi
redsissi
Niveau 10
23 octobre 2006 à 02:29:02

Je ne connais pas ce jeu Soul Calibur mais j´aime bien ton histoire, même si c´est un peu macabre...

Y a quelques fautes dans ton texte mais rien de bien gênant. L´histoire est fluide et on a envie de connaître la suite. Bonne continuation.

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
24 octobre 2006 à 22:42:35

Merci redsissi :)

Ce n´est que le début qui est un peu macabre, ça change vite par après :-)))

Setsugekka
Setsugekka
Niveau 10
26 octobre 2006 à 10:07:53

Un excellent début de fic, intriguant et agréable à souhait !

Ca n´est qu´une introduction, mais elle nous plonge d´ores et dejà dans un univers original et particuliers !

Vivement la suite, et bonne continuation ^^

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
28 octobre 2006 à 11:14:37

Oh! Setsugekka ! Toujours présente, je vois :)

Merci beaucoup pour ton soutien :rouge:

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
30 octobre 2006 à 15:24:40

:up:

TiP-Ex
TiP-Ex
Niveau 8
29 décembre 2006 à 16:29:00

Un 2ème chapitre un peu tardif, désolé, rares lecteurs !

Lundi 20 Novembre 1583

Nous avons appareillé ce matin portés par une brise fraîche. Deux jours entiers furent nécessaires pour charger les vivres et l’équipement à bord de l’Hirondelle malgré la ferveur de mon équipage récemment recruté. Ma jeune recrue, seul survivant de l’attaque au « Port des Ames », fut nommée second. C’était désormais la seule personne, mis à part Kilik qui n’était pas un marin, à qui j’avais entièrement confiance. Je me rends soudain compte que, submergé par la tristesse et les remords, j’ai omis de mentionner son nom. Le jeune prodige aux cheveux blonds attachés en un chignon sur le dessus de son crâne se nomme Jetto. Il dirige les hommes d’équipage d’une main ferme tout en restant sympathique à leurs yeux.

Kilik, quant à lui, est resté à nos côtés. La raison pour laquelle il porte ma confiance est la suivante : c’est en toute franchise que celui-ci m’a raconté son histoire ainsi que la part de culpabilité qui le rongeait concernant l’attaque des monstres. En bref, moine faisant partie d’un monastère reculé, son bâton était une relique d’une grande puissance. Un jour un mal inconnu infecta l’esprit de tous les moines, les poussant à s’entretuer. Sa sœur lui donna un miroir du nom de Dvepara-Yuga qui lui permit de reprendre ses esprits au détriment de sa bienfaitrice. Ripostant aux attaques des moines fous, dont sa sœur, il finit par la tuer. Un sage maître d’arts martiaux lui expliqua qu’il avait été infecté, en même temps que son bâton, par l’esprit maléfique d’une épée à la puissance légendaire qui rongeait l’âme de son porteur et se nourrissait de celles de victimes puissantes. La puissance de cette épée, Soul Edge, s’était libérée l’espace d’un instant, altérant le monde. Le miroir était la seule chose qui lui permettait de ne pas sombrer dans la folie, malgré un entraînement poussé pour rester maître de lui-même et contrôler l’énergie maléfique qui coulait en lui.

C’était cette énergie maléfique que poursuivait la horde du géant. Il exprima son chagrin d’une manière telle que je ne pouvais lui en vouloir. Il avait eu le courage et l’honnêteté de me raconter tout cela et les remords le rongeaient comme ils me rongeaient moi. Il m’expliqua également pourquoi il était sur le point de m’agresser. Lors de l’affrontement, quand le géant le frappa du plat de sa hache, Kilik perdit connaissance. Durant ce moment de faiblesse, les créatures démoniaques sentirent l’opportunité d’accomplir les ordres du géant et de s’emparer du Dvepara-Yuga. Nul ne faisait attention au jeune homme quand moi et Jetto faisions face au géant, ce qui facilita grandement la tâche des sous-fifres. C’est ainsi que Kilik perdit sa raison. Le coup que lui assena Jetto lui permit de remettre ses idées en place de même que de regagner sa conscience.

Ce fut avec patience qu’il écouta aujourd’hui avec attention mes ambitions de vengeance. La mer calme et le vent constant me permirent de laisser aveuglément l’Hirondelle entre les mains de mon second. Kilik me fournit toutes les informations dont il disposait pour que je puisse accomplir à bien ce que je lui exposais. Le géant à la hache se nommait Astaroth. Créé dans un temple hérétique selon les désirs du dieu Ares, ce dernier l’aurait chargé de récupérer Soul Edge.

Je vis directement là une faiblesse chez le dénommé Astaroth, une opportunité de l’amener vers moi comme je le désirais. Quand je lui fis part de mes projets concernant Soul Edge, son regard s’assombrit, il détourna les yeux et fixa l’horizon. Je sentis que la conversation était terminée et que mon idée concernant Soul Edge n’était peut-être pas aussi bonne qu’elle le paraissait. Des légendes me revinrent à l’esprit ; la Terreur de l’Europe, la Quête de l’Epée du Salut... Chacune d’elles était tachée de sang, de trahison, de corruption. Mon histoire ne devrait en aucun cas se joindre à l’une d’elles.

Le soleil commençait à disparaître derrière le bleu désormais parsemé d’une teinte orangée de l’horizon. La nuit s’annonçait fraîche et calme : pas un nuage à l’horizon. Le temps serait idéal pour la navigation, nous pourrions aisément nous repérer grâce aux milliers d’étoiles qui tacheraient le ciel bleu marine.

Kilik s’approcha doucement de moi. Il me parla de Soul Edge, des légendes qui tournaient autour. Il me demanda finalement si j’étais certain de vouloir m’en emparer. Je le fixai résolument et lui répétai mes ambitions. Un soupir de désespoir lui échappa. Il me confia que son but était de détruire l’épée, mais que, si celle-ci pouvait m’aider à accomplir mes projets, il pourrait m’aider à la trouver et la détruire après que j’en ai fini avec Astaroth. La proposition me paru excellente. Toutefois, me précisa-t-il, il ne faudrait en aucun cas que je ne cède sous l’influence de l’épée et en devienne le nouveau serviteur. Pour s’assurer de cela, il me donna rendez vous dans sa cabine après le souper*. Il voulait user des aptitudes qu’on lui avait inculquée en tant que moine pour scinder mon esprit et donc savoir si je serais assez fort pour résister à l’emprise de Soul Edge.

Le souper se déroula dans la joie et la bonne humeur. La mer lisse permis à tout le monde de profiter pleinement de son repas. Tous étaient présents, exceptés les hommes de quart, tirés à la courte paille. Le processus avait bien entendu, selon les principes de la marine, été truqué. Les hommes d’équipage s’étaient concertés par petits groupes pour déterminer lesquels de leurs compagnons méritaient le moins de se restaurer le soir venu, compte tenu de leur oisiveté durant la journée. En fonction de la majorité, quatre marins étaient ainsi désignés chaque soir non pas par le hasard, comme il le semblerait à tout passager, mais par leurs compagnons d’infortune.

Quand mon estomac fut rempli, je quittai la salle en souhaitant une bonne nuit à mon équipage, laissant comme durant la journée l’Hirondelle entre les mains de Jetto. Kilik ne mangeait que très rarement parmi nous ; la compagnie des marins ne lui était pas toujours agréable au moment de manger. Il restait toutefois en de bons termes avec tout l’équipage.

Je toquai contre sa porte pour annoncer mon arrivée. La porte une fois ouverte me révéla un spectacle unique à bord d’un navire : un autel improvisé issu d’un monastère lointain. Le jeune moine me fit signe de me placer au centre de celui-ci, éclairé de sept bougies à la flamme légèrement bleutée. Je m’accroupi au centre du cercle. Kilik s’avança doucement vers moi, les yeux fermés. Il s’arrêta pile à l’entrée du cercle de bougies, traça quelques signes de la main devant lui en murmurant des paroles incompréhensibles.

Une aura agréable s’échappa soudainement du sol, à l’intérieur du cercle. La chaleur bienfaitrice pénétra en moi, à mon plus grand bonheur, parcourant mon corps, mes veines, mes organes, mon âme. Le bonheur fut brusquement, bien que faiblement, perturbé par une agressivité animale qui grandissait en moi. Je ne savais plus si je devant me sentir détendu et heureux ou fou et satisfait. L’indécision persista jusqu’à ce que tout s’arrête. J’ouvris mes yeux, que j’avais inconsciemment fermés un instant plus tôt. Je vis Kilik, la main sur mon torse, qui ouvrit les yeux également.

Son regard trahissait la vérité : je n’étais pas assez fort, m’expliqua-t-il, même si je l’étais plus que bien des autres. Il ne pouvait courir le risque de me voir asservi par Soul Edge. Je sortis doucement de sa chambre, partagé entre la colère, l’impuissance et la tristesse. Voyant ma mine déconfite, il plaça sa main sur mon épaule et me dit : « Ne te décourage pas pour autant. Tu es fort. Je pense connaître une alternative. »

Je ne cru pas un mot de ce qu’il me dit.

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