Bonjour bonjour.
Bon voilà, j´ai eu l´idée d´une petite histoire, que je viens d´écrire, j´aimerais votre avis... Est ce que c´est bon pour une introduction?
Est ce que c´est "irréaliste"? (Personnellement, j´aurais plutôt tendance a dire que non :s )
Enfin bon, si je pouvais avoir vos avis, ce serait sympa.
Si vous voyez des fautes, des contradictions, des incohérences (âge par exemple) ou peu importe, signalez le moi
« Tout a commencé il y a 17ans. Je suis née. Puis j‘ai vécu environ 7ans de bonheur. Puis les choses ont changé, mon père a perdu son emploi. Mes parents se sont peu à peu éloignés. Ma mère a commencé à me frapper. Pas me battre, je trouve ce mot exagéré. Le divorce ne tarda pas. Lorsque j’avais 9ans, ma mère obtint le droit de garde, je n’avais le droit de voir mon père qu’un week-end sur deux. Ma mère n’acceptait pas que je le voie en dehors de ces week-ends. C’est à partir de ce moment là que les choses ont vraiment commencé à se dégrader. J’aimais mon père, je voulais le voir plus souvent, mais ma mère me l’interdisait. Ce fut une période terrible. J’attendais toujours les week-ends chez mon père avec impatience, c‘était la seule chose qui me donnait envie, tout les jours après l‘école, de rentrer chez moi, je ne vivais que pour ces quatre jours de paix mensuels. Bien sûr, je n’ai jamais parlé à mon père de ce que je subissais de plus en plus fréquemment. Il s’en est rendu compte, car mon comportement avait changé. Au moindre de ses haussements de ton, je me recroquevillais… Un jour, alors que je m’habillais, il est entré par inadvertance dans la salle de bain et a vu les bleus qui parsemaient mon corps, à de nombreux endroits. Je n’avais que 10ans, et j’ai vu pour la première fois mon père pleurer. Quelques mois plus tard, mon père obtint la garde, et je ne vit plus ma mère pendant un an. Puis je retournai la voir, de temps en temps. Parce qu’après tout, elle comptait toujours beaucoup pour moi. Mais chaque vois que je la voyait, elle trouvait les mots pour me faire pleurer, les mots pour me faire sentir coupable. J’en vins même à penser que c’était ma faute si elle me frappait. Car elle continuait, occasionnellement. Mais je ne la voyais presque plus, donc je supportais. Il y a 3mois survint l’événement le plus terrible de ma vie: La mort de mon père dans un terrible accident de voiture.
Aujourd’hui je vis chez ma mère. Je n’ai pas compris pourquoi les juges lui ont laissé la garde. Ma vie est redevenue comme avant. Cris pour un rien, coups… Mais pour mon père, j’ai décidé de rester forte. Dans 325jours, j’aurais 18ans. Je pourrais partir à tout jamais loin de cette femme. »
Alooooors:
-Le principal probléme de ton texte est qu´il se contente d´énumérer les actions comme une liste de course à faire. A fait ça, puis B fait ça, alors moi je fais ça. TU devrais donner un peu plus de rythme à ce résumé.
-Tu es aussi touché par le syndrome du résumé, maladie qui consiste à résumer l´histoire de la personne concerné dés le prologue, sans maintenir un peu le suspens ou même attendre avant de nous le balancer comme ça à la figure. Mais ça, ça touche plus à la racine de l´histoire en elle même.
-En théorie, oui, c´est possible... Mais faut quand même qu´elle ait pas de chance, la pauvre fille. Un marabout a du lui lancer un sort ou une bétise comme ça, mais elle collectionne les malheurs. Ah, si, il y a une petite incohérence, c´est qu´a dix-sept ans on est capable d´arreter la main de sa mére qui se léve pour te frapper.
-AU niveau du style, a part ce que je t´ai dit en premier, c´est pas excellent , tu nous plonge pas dans l´ambiance du texte. Pas mal de répétition aussi.
-L´idée en elle-même reste somme toute classique (une fille battue qui se prends des coups de tout le mnde), mais je suis curieux de savoir qu´elle histoire tu va faire avec ça. ![]()
Bref, c´est pas trancendant Mais c´est pas mal du tout pour un premier texte.
Bonne chance dans tes autres écrits. ![]()
Alors...
Déjà, puisqu´à ma connaissance c´est mon terme à la base (enfin m´semble), je me permets de corriger Neg´ sur le "syndrome du résumé" : ce n´est pas inhérent au prologue, mais c´est uen manière de raconter. Cela consiste à dire "Il vit un homme à l´air louche, il dégaina et tira deux balles. Il prit la fuite sur sa moto pour arriver à un chalet". Etc, etc. Donc d´un certain côté, tu sembles en souffrir. Ceci dit, il ne s´agit que d´un prologue, et les prologues-résumés forment un style à part entière (pas forcément apprécié d´ailleurs), même s´il y aurait quand même sûrement des tas de détails à apporter. Personnellement, j´aurais plus écrit ce prologue sous la forme d´un kaléidoscope : de brefs extraits relatant les principaux évènements. En bref, ce qu´ici tu nous résumes, il aurait à mon sens mieus valu le narre réellement. En tout cas, si la suite de la fiction est écrite dans le même genre, là il y aura un problème. Notons d´ailleurs qu´il n´y a aucune description et que si ça peut passer pour un prologue, ce sera bien plus gênant s´il n´y´en a pas une seule dans la fiction (sauf certains cas, enfin bref)
-Le style ne peut guère être jugé là-dessus. A priori, il a l´air simple (ce qui n´est pas forcément mauvais) et assez direct. En bref, comme c´est ta première fiction, je pense qu´on retrouve ici un certain manque de maturité au niveau du style (tu le cherches encore, quoi), mais ceci va normalement évoluer rapidement avec l´expérience (et les lectures)
-Cela ne me semble pas spécialement irréaliste : certes assez improbable d´avoir si peu de chance, mais pas irréaliste.
-Pour l´histoire, impossible de juger mais je sais que, bien écrit, un texte de ce genre peut se révéler passionnant et émouvant.
Valà valà ![]()
"Tout a commencé il y a 17ans. Je suis née. Puis j‘ai vécu environ 7ans de bonheur."
Aloreuh: il manque un espace entre le 17 et le ans. Je te conseille aussi de mettre 17 en tout lettres, c´est plus conforme aux normes ![]()
Alors le je suis née, j´aime pas trop trop. Ta première phrase, on se dit "mais qu´est ce qui edst donc arrivé?" on s´attend à une guerre horrible, une météite qui est tombée, la terre qui a explosé... Non, on tombe sur..la naissance. Moué moué. J ne pense que commencer un texte comme ça... C´est une tournure bizarre pour dire que tu es née. la simple phrase "j´ai dix sept ans " serait même mieux (hum...), je pense.
Le puis, j´aime aps non plus. "durant mes sept premières années, j´ai été heuereuse comme jamais je ne l´ai été" (jdis des exemples, mais je ne dirais jamais qu mes phrases sont meilleures que les tiennes, loin de là!), par ex.
"puis les choses ont changé" répétition de puis, et bah, direct, on s´ennuie, les phrases se succèdent sans saveur. Ton texte, c´est pas une histoire, c´est une biographie de livre d´histoire: "Napoléon est né. Il a vécu heureux jusqu´à 7 ans, puis son pere, charlemagne, s´est fait renvoyé par louis 14,et sa mere, marie curie, a divorcé et ´est mis à le battre" ...
Donc, ce texte laisse le lecteur (moi) indifférent...
Ca veut dire qu´il a pas particulièrement de points faibles, mais pas non plus de points forts...
Je pense que si tu cherchais à enjoliver tes phrases (sans trop exagérer), tu pourra progresser très vite.
J´attends de voir la suite.
Niveau scénario, classique, ça me fait terriblement penser à cendrillon...Peut êtr que juste avant d´écrire, tu as vu le dessin animé... ![]()
Enfin, je suis sure que tu vas progresser très vite, ne te décourage pas! ![]()
Merci pour vos avis
Je vais essayer de modifier un peu tout ça. Pour les belles phrases, j´ai préféré ne pas essayer, de peur de rendre l´ensemble trop pédant... Je crois que je vais me passer de prologue et modifier un peu le tout. Le style, raconter plus. Bref... ![]()
Voilà, si quelqu´un à le courage de lire
Je précise que je suis Belge, donc que pour parler de la scolarité par exemple, je me réfère au système Belge:
3 ans de maternelle, 6 ans de primaire (1ère, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème) , 6 ans de secondaires (1ère, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème)
Lorsqu´on rentre en 1ère primaire, on a environ 6ans, et lorsqu´on entre en 1re secondaire, on a entre 11 et 12 ans. Quand on arrive en 6ème secondaire, on a entre 17 et 18 ans (sauf si l´on a redoublé). La sixième correspond donc à la terminale, et on l´appelle rhétorique (Ou Rhéto) . C´est donc l´inverse du système français, où l´on commence ses secondaires par la 6ème.
Voilà, ça me semblait plutôt important de vous le faire signaler, sinon vous risqueriez de pas trop comprendre
Je m’appelle Annah, j’ai dix-sept ans. Je suis née le 14 décembre 1988, à la suite d’un pénible accouchement, d’après ma mère. D’après les photos que j’ai eu l’occasion de voir, j’étais une enfant on ne peut plus normale. Des grands yeux bleus, quelques cheveux blonds épars sur la tête, la peau blanche, les joues roses, toujours souriante. J’ai gardé ce visage jusqu’à mes sept ans. Puis j’ai commencé à changer. Il n’y avait plus de sourires sur les photos, seulement une moue boudeuse, des grands yeux qui reflétaient ce que je ressentais alors. La tristesse, la confusion, l’égarement.
À huit ans, l’âge où les enfants s’émerveillent d’un rien, moi je restais de glace, peu importe ce qu‘il se passait. Les nuages dans le ciel, les coccinelles, les sauterelles, les papillons… Je les regardais sans les voir. Je ne jouais pas et je parlais très peu. Par manque d’envie sans doute.
Personne ne connaissait la raison de ce calme impassible, de cette indifférence de ma part.
Moi je la connaissais. Je ne jouais pas parce que je réfléchissais. Il y avait sans cesse cette question qui me taraudais. « Est-ce que je suis méchante au point de mériter cela? »
« cela », c’est comme ça que j’appelais ce que me faisait subir ma mère. Les coups, les insultes, pour un rien. Juste comme ça, parce qu’elle avait passé une mauvaise journée et qu’elle était de mauvaise humeur. Aujourd’hui en y réfléchissant, je trouve ça honteux, impensable. Mais lorsque j’avais sept ans, je pensais que je le méritais, que c’était de ma faute. J’aimais ma mère, je lui faisais confiance, et j’estimais que si elle le faisait, ce devait être part pour mon bien. Je n’oublierai jamais la fois où je lui ai tenu tête et qu’elle m’a violemment empoignée par le col de mon pull. Malheureusement pour elle, et encore plus pour moi, son ongle s’est accroché dans les mailles, et s‘est cassé . Sa réaction fut terrible. Elle m’a donné une gifle. J’aurais pu comprendre, c’était peut-être par pur réflexe, à cause de la douleur. J’ai quand même protesté, ce qui ne lui a pas plu. Elle a commencé à me frapper, les jambes, le visage, les bras, le torse, tout ce qui était à portée de mains, de poings… Je me suis petit à petit recroquevillée, je me suis accroupie au sol et repliée sur moi-même. Elle continua de frapper, les pieds s’étant liés aux poings, me frappant, cognant, donnant des coups de pieds sur mon dos et mon flanc gauche. Mais le plus éprouvant, la chose qui m’a le plus choqué, ce n’étaient ni les coups, ni les insultes qui pleuvaient. Ce qui m’a choqué, c’était ce rire, cet horrible rire dément, lugubre, effrayant. Qui diable osait rire dans pareille situation, qui osait rire devant moi, au lieu de venir m’aider? Cet être immonde qui riait, c’était moi. Quand j’y repense, c’est-ce qui devait pousser ma mère à continuer à frapper, pour me faire taire, pour que cesse ce rire malsain.
Je ne lui en voulais pas, je pensais réellement le mériter. Malgré tout c’est-ce qui m’a fait changer. Je ne jouais plus, je ne faisais que lire. D’ailleurs mes résultats scolaires étaient très élevés, et j’étais fière de montrer mon bulletin à ma mère. Ce magnifique 98% en Français et ce 95% en mathématiques. J’aimais lui faire plaisir, de la rendre de bonne humeur, par tout les moyens possible, peut-être étais ce une façon d‘éviter les coups: la rendre heureuse . Lorsque ma mère était de bonne humeur, je m’en méfiais encore plus, car elle était d’un tempérament lunatiques. Elle l’est toujours d’ailleurs.
J’adorais l’école, car de huit heures du matin à quinze heures, j’étais à l’abri, je pouvais être moi-même, rire avec mes amies et voir le garçon dont j’étais amoureuse à l’époque. L’école était comme un refuge, où tout le monde était gentil avec moi, je m’ennuyais un peu cependant, surtout en cours, où le professeurs expliquait des choses qui me semblaient tellement logiques que je ne l’écoutais même plus. Les résultats étaient toujours aussi brillants malgré tout. Le directeur a même proposé à ma mère de me faire avancer d’une année, afin que je sois « plus enthousiaste » et que je « développe mon esprit au lieu de stagner ». Je n’ai pas voulu quitter mes amis, c’était la seule chose qui me rendait encore heureuse.
Je venais à peine d’avoir douze ans lorsque mes parents ont divorcé. Ma mère obtint le droit de garde, je n’avais le droit de voir mon père qu’un week-end sur deux. C’est à partir de ce moment là que les choses ont vraiment commencé à se dégrader, j‘ai déménagé, donc j‘ai du quitter mes amis, changer d‘école, où je n‘avais pas envie de faire de nouvelles connaissances. Je voulais MES amis, ceux que je connaissais depuis que j‘avais 4ans, ceux qui m‘avaient toujours remontés le moral. Puis je n‘aimais pas les autres, je ne les connaissais pas, ils étaient bizarres, avec leur accent, leurs vêtements, leurs expressions... Et c’est eux qui se moquaient de moi, de mon accent, de mes expressions! Quelle bande d’idiots. Je me suis tout de même fait quelques amis, j’avoue que je ne les aimais pas beaucoup, c’est méchant à dire mais c’était juste pour ne pas être seule. J’ai toujours détesté être seule. Lorsque je ne pouvais plus les supporter, je les laissais tomber et je trouvais d’autres gens avec qui discuter. C’est-ce qui m’a valu quelques ennemis.
Toujours un résumé de vie, j´avoue avoir du mal à voir comment tu vas faire la transition mais c´est plutôt bien écrit, mais trop court pour que l´on puisse avoir un avis réel sur la fic´, surtout qu´on n´est toujours pas rentré dans l´intrigue. Awaiting the suite, donc. ![]()
Merci. J´espère que cette intro est mieux que l´autre.
Sinon je n´ai pas voulu trop en dire, le sujet n´étant pas son enfance, ni sa mère, mais je dirais... plutôt les traumatismes, les problèmes mentaux d´Annah, à 17 ans. J´ai l´intention "d´incorporer" dans le récit des passages de son enfance, des souvenirs, heureux ou pas... et de la faire évoluer, dans un sens ou dans l´autre... ^^
Ah mais au temps pour moi, c´était une deuxième version d´intro là? Alors en effet c´est beaucoup mieux, même si j´ai l´impression que là t´as pas tout mis^^ (l´autre ça finissait par la mort du père et là non^^) T´sais faut pas t´sentir obligée d´poster si t´as pas fini ton passage^^
moi, je trouve ça nettement mieux! T´as rajouté beaucoup plus de détails qui sont pourtant vachement importants genre le rire dément qu´elle fait quand on la frappe...
Y a encore pas mal de répétitions, et pis quelques petites maladresses, mis dnas l´ensemble la différence est frappante!
et comme la dit le zerty, bah te presse pas et prends ton temps!
J´ai modifié quelques trucs. La mort du père, j´ai préféré l´épargner, sinon ça fait un peu trop "la pauvre fille qui a vraiment pas de chance", c´est pas cette impression que je voulais donner. ^^
Je le ferais peut être mourir plus tard (le pauvre
)
Et sinon, je préfère à la limite poster morceau par morceau, c´est un peu trop fastidieux de recommencer tout un passage entier
Cette partie ci est sans doute un peu confuse, mais j´arrangerai un peu tout ça plus tard (je pars trop souvent en HS au long du récit j´ai l´impression)
J’avais beau n’avoir que douze ans à l’époque, ces personnes avec qui je me suis montrée idiote, m’en veulent toujours, cinq ans plus tard. Enfin, c’est-ce que j’en déduis quand je vois leurs regards se poser sur moi. Un regard d’une haine viscérale. Quelle immaturité. Mais je les comprends, c’est difficile de pardonner quelqu’un qui nous abandonne. Mais tout a changé quand je suis entrée en cinquième secondaire. Je venais de laisser tomber mes « passe-temps », mais cette fois ci je n’ai pas voulu chercher de nouvelles victimes. Je n’avais pas besoin d’avoir d’amis, je n’aurais jamais d’autres amis que ceux que j’avais eu dans mon enfance. C‘est-ce que je pensais à l‘époque, mais je ne les ai jamais revus, ces amis qui m‘étaient si cher. Ils n‘ont jamais tenté de prendre de mes nouvelles, je les ai appelés maintes fois pourtant. Petit à petit je les ai oubliés, ils n’étaient plus qu’une période dans ma vie, un amas de bons souvenirs. De ceux qui vous font sourire quand vous y repensez, mais qui se font de plus en plus confus, comme un rêve.
Cette année s’annonçait ennuyeuse, comme chaque année. J’étais installée au fond de la classe, près du radiateur. Tranquille et au chaud, la place idéale. Je ne connaissais personne, puisque j’avais décidé d’arrêter le latin, qui ne me passionnait pas et qui ne m’apprenait rien d’important. J’ai donc opté pour l’option scientifique, 35 heures pas semaines, avec comme supplément deux heures de mathématiques renforcées, oui m’sieur!
J’étais perdue dans mes pensées, je regardais par la fenêtre et il pleuvait. Puis j’ai entendu mon nom. « Evans, Evans!!! » Mal prononcé, comme d’habitude. Je rectifiais, automatiquement: « ça se prononce à l‘anglaise monsieur, pas à la belge » (il avait prononcé le « ans » comme dans « danse »). Bien sur le professeur s’en fichait, et me demanda de me présenter. Je ne savais pas trop quoi dire, de plus je n’aimais pas prendre la parole en public. Je me contentais de dire: « Annah EvaNs, 16 ans, dans la vie j’aime lire, je n‘aime pas parler, mais je n‘aime pas être seule. Je déteste le bruit. Voilà, c’est tout. »
Quelques rires, sans doutes des moqueries. Je me suis rassise et j’ai décidé d’écouter un peu les gens se présenter. « Paul, 17 ans, j’ai doublé, je suis sympa et j’écoute du rap. »
« Marie, 16 ans … » Quelques applaudissements, la demoiselle étant plutôt jolie, enfin bien foutue pour être plus exacte. « j’aime la danse et les sorties avec mes amies »
Mon attention s’était déjà détournée, rien de bien intéressant cette année, pour changer.
Nous avons reçu nos horaires. Super, terminé tout les jours à 16 heures, sauf le mercredi. C’est mieux que rien. Bon au pire, j’irais au cours d’italien et je rejoindrais la troupe de théâtre, plus tard je rentrerai, mieux ce serait. Les relations avec ma mère ne s’étaient pas arrangés, loin de là. Elle ne me frappait plus, de toute façon, si elle recommençait, je ne me laisserais pas faire. Mais ce qu’elle faisait était pire. Sans cesse, des insultes, des critiques, des reproches, c‘était véritablement du harcèlement moral. Tant et tant que j’en devenais folle, je n’en étais plus au stade du rire dément, ça allait bien plus loin que ça. J’avais l’impression de me sentir absente pendant des heures, par moment, comme si mon esprit s’élevait, et que je laissais mon corps tout seul, sans pour autant penser à quoi que ce soit. Juste des passages à vide. Oh oui, j’en ai bavé avec ma mère. Je me souviens qu’étant petite, je passais de longues minutes à m’admirer dans le miroir. Je me trouvais jolie. Mes grands yeux bleus, ma peau claire, mes cheveux bruns brillants, mon petit nez, mon air de fille gentille. Tout a changé le jour où ma mère à commencé à m’attaquer sur mon physique. Elle m’a même dit une fois que j’avais une sale gueule et que je ferais mieux de me cacher parce que je la rendait malade. D’autres insultes ont suivi, toutes aussi méchantes les unes que les autres, blessantes. La veille je me croyais belle. Le lendemain ce que je voyais dans la glace, c’était une fille avec des yeux quelconques, une beau trop blanche, des cheveux ternes, un nez horrible, et un air idiot. Voilà où j’en suis aujourd’hui, moi qui me croyais belle il fut un temps, je me trouvais monstrueuse aujourd’hui.
Après réflexion, je crois que je postulerai aussi pour être chroniqueuse dans le journal de l’école. Je ne me trouve pas particulièrement de qualités, bien au contraire. Mais j’ai un style d’écriture sarcastique, moqueur, ironique à souhait. Si ça ne leur plait pas, tant pis, pour ma part il m’arrive de me faire rire quand je relis certains de mes écrits. Je n’écris que des pensées personnelles ou des critiques, jamais d’histoires… Je ne suis pas douée, surtout pour les histoires heureuses. Au lieu de les écrire, je préfère les lire. Je pense qu’on écrit ce qu’on aimerait que quelqu’un d’autre ait écrit avant nous, personnellement tout ce que je lis me plaît. Du livre psychologique au roman policier, des poèmes les plus romantiques aux écrits les plus sombres, de la revue scientifique la plus sérieuse à l’histoire la plus folle, j’ai lu de tout et je n’ai pas l’impression qu’il me manque quelque chose. Je me contente donc d’écrire pour me défouler, pour passer le temps. Pour exprimer mes pensées, pour me comprendre. Parfois je n’arrive pas à réfléchir, à prendre une décision. Alors je prends mon précieux cahier et j’écris, au fur et à mesure, de nouvelles idées m’apparaissent, ma réflexion va plus loin et j’arrive alors à prendre ma décision. Je ne tiens pas de journal intime, uniquement ce que j’appelle un « journal de pensées », j’y mets ce qui me touche, ce qui me révolte. Mais en aucun cas je ne parle de moi, de ma vie. Uniquement mes réflexions.
Lorsque mes camarades et moi eûmes reçu tout les documents officiels à faire remplir par les parents, notre journal de classe, l’horaire et la liste des professeurs, nous pûmes rentrer chez nous. « Pas trop tôt! » selon les autres. « Déjà » fut ma réaction. Ça doit être si agréable d’aimer rentrer chez soi.