Émettant un sursaut de radiations d’une intensité peu commune, plus brillant qu’un million de milliards de soleils, une paire d’étoiles sont entrées en collision dans une galaxie lointaine il y a deux milliards d’années, avant de disparaître dans le gouffre insondable d’un trou noir.
Ce cataclysme cosmique, enregistré le 9 juillet par une batterie de télescopes et de satellites de la NASA, a fourni aux chercheurs la pièce manquante d’un puzzle astronomique vieux de 35 ans: l’origine d’explosions qui vaporisent sporadiquement l’espace intersidéral d’une douche de rayons gamma, la forme la plus énergétique et létale de radiations électromagnétiques.
«C’est phénoménal!» de dire Donald Lamb, de l’Université de Chicago. Le chercheur est l’auteur d’un de quatre articles rédigés sur ce sujet par des chercheurs internationaux, publiés aujourd’hui dans le journal Nature.
Les observations du 9 juillet et d’une poignée d’autres événements, ont déclaré les scientifiques en conférence de presse hier au quartier général de la NASA à Washington, suggèrent que l’univers est éclaboussé par de titanesques collisions entre vestiges d’étoiles mortes. On réfère ici soit aux cendres d’étoiles (étoiles à neutrons) ou aux trous noirs d’une densité telle que même la lumière ne peut s’en échapper. De telles collisions donneraient en fait naissance à des trous noirs, disent les astronomes.
Si l’on en croit la théorie générale de la relativité d’Einstein, ces collisions produiraient dans le tissu même de l’espace-temps des vagues dites gravitationnelles. Ces événements semblent être plus communs que ne le croyaient d’abord les chercheurs. Ils sont donc détectables et peuvent être étudiés à l’aide d’un détecteur de vagues gravitationnelles appelé LIGO, un acronyme pour Laser Interferometric Gravitation-Wave Observatory. La détection de ces collisions ouvre une fenêtre avec vue sur certains des événements les plus exotiques et les plus violents dont la Nature est le théâtre.
«Voilà d’excellentes nouvelles pour LIGO», se réjouit Stan Whitcomb, chercheur à l’Institut de technologie de la Californie et directeur de l’observatoire.
Personne ne connaît le nombre de ces collisions et pourquoi certaines explosions de supernovae laissent derrière elles des étoiles à neutrons et d’autres, des trous noirs.