Comme l'explique Jean-Marc Ané (Commissariat à l'énergie atomique) dans un article paru sur ciel-et-espace:
"Pour déterrer l'hélium 3, des robots devraient creuser le sol lunaire sur les premiers mètres.
Le régolite (roche lunaire) obtenu devrait alors être chauffé à 800°C afin d'en extraire les gaz. Puis l'hélium 3 serait séparé des autres gaz par raffinage et chargé sur un vaisseau qui repartirait en direction de la Terre".
Mais il y a un problème:
"L'énergie contenue dans une tonne de régolite est largement inférieure à celle d'une tonne de charbon.
Pour fournir l'électricité de la planète en 2050, il faudrait traiter chaque année une quantité de régolite équivalent à 20 fois la production mondiale actuelle de charbon. En cinquante ans, ce serait donc une surface similaire à celle de la france qui devrait être retournée sur 3 mètres!" (N.B: soit 550 000 km²)
De plus en imaginant que, une fois rapporté sur Terre, ce carburant soit exploitable un autre problème de taille survient:
Je cite l'article: "Pour mener une opération de fusion avec de l'hélium 3, la recette n'est pas simple. Il faut insérer dans [...] un réacteur: le fameux hélium 3 et du deutérium. Ensuite il faut maintenir le plasma ainsi formé par ces deux éléments à 800 millions de degrés. Soit plus de 50 fois la température du centre du Soleil!
Cette chaleur est difficile à atteindre. Elle est surtout impossible à maintenir, en l'état actuel des recherches.
Ce qui fait dire à Franck Close, de l'université d'Oxford: "toutes ces idées de fusion avec l'hélium 3 sont des foutaises!"
(la suite de l'article parle de la fusion deutérium-tritium)
Il faut comprendre que l'exploitation de l'hélium 3 est "vendue" par les agences spatiales pour justifier leurs programmes lunaires en misant sur la rentabilité de cet élément face aux coûts énormes de production et de transport.
"On se rabat sur lui parce qu'il n'y a rien d'autres qui puisse être exploité de manière rentable sur la Lune" (Jean-Marc Ané).
De fait l'exploitation de l'hélium 3 est un fantasme à l'heure actuelle et sans doute encore pour longtemps.
Source: Ciel et espace n°468.