Chez Jeanne, la Jeanne
Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,
On pourrait l´appeler l´auberge du Bon Dieu
S´il n´en existait déjà une,
La dernière où l´on peut entrer
Sans frapper, sans montrer patte blanche...
Chez Jeanne, la Jeanne
On est n´importe qui, on vient n´importe quand,
Et, comme par miracle, par enchantement,
On fait partie de la famille,
Dans son coeur, en s´ poussant un peu,
Reste encore une petite place...
La Jeanne, la Jeanne,
Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie,
Mais le peu qu´on y trouve assouvit pour la vie,
Par la façon qu´elle le donne,
Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comm´ deux gouttes d´eau...
La Jeanne, la Jeanne,
On la paie quand on peut des prix mirobolants :
Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs,
Un semblant d´accord de guitare,
L´adresse d´un chat échaudé
Ou d´un chien tout crotté comm´ pourboire...
La Jeanne, la Jeanne,
Dans ses ros´s et ses choux n´a pas trouvé d´enfant,
Qu´on aime et qu´on défend contre les quatre vents,
Et qu´on accroche à son corsage,
Et qu´on arrose avec son lait...
D´autres qu´elle en seraient tout´s chagrines...
Mais Jeanne, la Jeanne,
Ne s´en soucie pas plus que de colin-tampon ,
Etre mère de trois poulpiquets, à quoi bon !
Quand elle est mère universelle,
Quand tous les enfants de la terre,
De la mer et du ciel sont à elle...
P.S : pour les corrigés c´est par ici :
http://f17.www.france-examen.com/brevet/corriges-104175.html