En faisant des recherches je suis tombé sur ce site ou il y a 2 articles qui en parlent:
http://www.tunisnews.net/21Decembre10f.htm
Disparition de cargaisons de blé, la Tunisie en risque de pénurie
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Écrit par Yassin Temlali Lundi, 20 Décembre 2010 14:14
Des cargaisons de 350.000 tonnes de blé destinées à la Tunisie et à l’Egypte ont disparu sans laisser la moindre trace, révèle « Le Matin Dimanche » qui paraît à Lausanne. Ces deux pays risquent de ne pas les obtenir, précise le journal suisse. Le trader russe RIAS Trading, basé en Suisse, n’est pas en mesure de les livrer, du moins pas dans les délais fixés initialement.
Un responsable de RIAS Trading cité par le journal a reconnu que cette quantité de blé n’était tout simplement pas disponible. Pourtant, note « Le Matin Dimanche », pas plus tard que le 11 novembre dernier, une société de surveillance a bien validé l'existence et la qualité des cargaisons pour rassurer les banques qui ont financé leur acquisition par le trader, en attendant qu’il soit payé par les commanditaires. Les quatre banques concernées sont la BNP Paribas (Suisse), exposée à un défaut de remboursement à hauteur de 80 millions de francs suisses, la Banque Cantonale de Genève (BCG) pour quelque 8 millions de francs, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) et une « autre banque suisse », pour des montants qui n’ont pas été divulgués.La BCG a implicitement reconnu la véracité de l’affaire. « Le Matin Dimanche » indique qu’elle a diffusé un avertissement sur ses résultats 2010 en baisse de 25% expliquant que l'une des causes de ce recul réside dans « les tensions sur les marchés des denrées agricoles de première nécessité [qui] ont entraîné des difficultés pour quelques sociétés de négoce opérant dans l'arc lémanique [l’aire urbaine autour du lac Léman, NDLR]».
La piste russe
Comment une aussi grosse quantité de céréales a-t-elle pu s’évanouir dans la nature alors que son existence et sa qualité sont censées avoir été établies par une firme spécialisée ? Le journal helvétique estime qu’aucune piste ne doit être négligée : « une fraude de la part du trader, un manquement de la société de surveillance à sa tâche ou une saisie inattendue du blé par le gouvernement russe ». « Le Matin Dimanche » semble néanmoins privilégier cette dernière piste. Il rappelle qu’en août 2010, Moscou « a décrété un embargo total sur les exportations de céréales russes, qui court jusqu'au 31 décembre prochain ». Cet embargo, explique-t-il, visait à « contenir la hausse des prix du blé sur le marché intérieur, engendrée par l'effondrement des récoltes en raison de la canicule estivale ». Il se peut donc « que cette cargaison ait été interdite de sortie par le gouvernement russe », conclut-il en citant une source au courant du dossier.
2 millions de tonnes à importer
Cette affaire n’occasionnera pas des préjudices aux seules banques suisses qui ont financé l’achat de ces cargaisons par RIAS Trading. Elle en occasionnera également aux pays commanditaires, la Tunisie et l’Egypte, qui se trouvent ainsi dans une situation difficile, incapables de satisfaire une demande locale pressante. Pour rappel, la Tunisie doit importer au total 2 millions de tonnes de céréales pour compenser le déficit qui a affecté la récolte de l’été 2010. Cette récolte a enregistré un recul de 56% par rapport à celle de 2009. Elle n’a pas dépassé 1,1 millions de tonnes (contre 2,5 millions de tonnes l’année dernière), de quoi couvrir la consommation locale jusqu’au mois de janvier ou février 2011.Une récente dépêche de l’agence Reuters citant un haut responsable de l’Office des céréales de Tunisie (OCT) souligne que les autorités tunisiennes envisageraient sérieusement la libéralisation progressive des importations de blé et d’orge, actuellement monopole d'Etat. Cette libéralisation pourrait être achevée dans un délai de cinq ans, selon ce responsable qui a affirmé qu’un cabinet de conseil étudiait actuellement les différents scénario pour la conduire.
(Source: "Maghreb Emergent" le 21 decembre 2010)
Lien: http://maghrebemergent.info/economie/73-tunisie/1685-disparition-de-cargaisons-de-ble-la-tunisie-en-risque-de-penurie.html
NÉGOCE
Une nouvelle plainte a été déposée contre l’Ukraine
Les cas de blé «volatilisé» vont se multiplier à Genève
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Les enquêtes en cours n’ont pas permis de retrouver la cargaison de la société RIAS Trading. Un autre stock du trader genevois Gran Trade a, à son tour, disparu en Ukraine, faisant perdre 30 millions de dollars aux banques lémaniques. «Ce n’est qu’un début», avertit un expert.
«On nous refuse toujours l’accès aux silos. Nous ne pouvons dès lors pas vérifier l’existence des stocks que nous avions certifiés»: Bob Danvers, directeur de la société de surveillance Control Union Commodity Services, sise à Genève, ne cache pas son impuissance. «Cette situation rend incontestablement les banques créancières très nerveuses. »
Suite aux révélations du «Matin Dimanche»du 12 décembre,la communauté des traders lémaniques de matières premières est en émoi. Et pour cause: les quatre banques (BNP Paribas, UBS, la BCV et la BCGE), qui ont octroyé des prêts à la société de négoce lausannoise RIAS Trading, pourraient perdre 100 millions de francs. Voire davantage. Toutes sont aujourd’hui à la recherche d’un stock de blé à farine, qui, au vu des montants engagés, s’élève à 350 000 tonnes de blé. Depuis deux semaines, elles investiguent activement auprès de leur client. En vain, pour l’heure.
Enquêtes tous azimuts
Control Union avait pourtant certifié le 11 novembre dernier encore que le blé – qui fait office de gage en contrepartie des prêts – existait bel et bien. Bob Danvers confirme que c’est bien sa société qui a dû avertir les banquesde son incapacité subite à mettre physiquement la main sur la cargaison de céréales gagées… «Des enquêtes internationales sont actuellement en cours, affirme-t-il à l’agence Reuters. Pour notre part, nous avons mandaté des inspecteurs externes de Moscou», pour accéder aux entrepôts situés dans la région de Krasnodar, sur les bords de la mer Noire. Et enquêter auprès des vendeurs russes «afin de savoir si les stocks ont même jamais existé».
L’inquiétude des sociétés de trading lémaniques est d’autant plus grande que cette semaine, une autre société de négoce de grains, Gran Trade, établie à Genève, a, elle aussi, révélé qu’elle avait porté plainte pour la disparition d’un stock de blé ukrainien de 130 000 tonnes, valant 30 millions de dollars. Plusieurs banques de Genève, actives dans le financement de matières premières(commodity finance),pourraient là aussi perdre leur mise. «J’ai porté plainte en Ukraine en septembre dernier auprès du procureur général», confirme ainsi le directeur de Gran Trade, Olivier Broun.
Les plaintes sont dirigées contre plusieurs céréaliers ukrainiens, ainsi que contre la société de surveillance, Inspectorate, filiale du groupe français Veritas. Comme Control Union, Inspectorate avait émis des certificats garantissant l’existence des stocks gagés en échange des 30 millions de dollars de prêts bancaires.
Dès lors, tout le monde se demande aujourd’hui si une «épidémie» de grains volatilisés ne serait pas en cours. Un courtier établi à Genève, contacté par «Le Matin Dimanche», en est pour sa part convaincu: «Pour les banques touchées, c’est peut-être une grande première. Mais ces deux cas ne seront très certainement pas les derniers qui vont survenir dans la région de la mer Noire. » Les grands établissements bancaires pourraient dès lors retirer une partie de leurs billes en Russie et en Ukraine; et, surtout, se montrer beaucoup plus prudentes envers les céréaliers de ces deux Etats.
L’art des bilans gonflés
Et pour cause. Depuis que Moscou et Kiev ont, cet été, imposé un embargo total sur les exportations de céréales jusqu’au 31 décembre, la situation s’est terriblement dégradée. Selon une autre source, «cela a toujours été très dur de travailler dans cette région. Et surtout de vérifier l’existence des stocks mis en garantie. » Plusieurs cas, connus de la communauté lémanique, prouveraient même l’établissement de bilans gonflés (c’est-à-dire basés sur des cargaisons largement surévaluées), afin d’obtenir des crédits surdimensionnés de la part des banques.
(Source: "Le Matin Dimanche" (Hebdomadaire - Suisse), le 19 décembre 2010)