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Collectivisme / individualisme

Danneskjold
Danneskjold
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:30:52

- Qu’est-ce que tu veux ?
- Le pouvoir
- Mais … tu … as toujours dit …
- J’ai toujours dit que ça. Clairement, précisément, et ouvertement. Ce n’est pas faute si vous ne pouviez entendre. Vous pouviez, bien sûr. Vous ne vouliez pas. Ce qui était plus sécurisant que la surdité – pour moi. Je disais que j’avais l’intention de régner. Comme tous mes prédécesseurs spirituels. Mais je suis plus chanceux qu’ils ne l’étaient. J’ai hérité du fruit de leurs efforts et je serais celui qui verra le grand rêve une réalité. Je le vois tout autour de moi aujourd’hui. La joie n’est pas ma destinée. Je trouverais ce genre de satisfaction que mes capacités me permettent. I règnerai.
- Qui ?
- Toi. Le monde. C’est juste une question de trouver le levier. Si tu apprends à régner sur une seule âme humaine, tu peux avoir le reste de l’humanité. C’est l’âme Peter, l’âme. Pas le fouet ou les épées ou les armes à feu. C’est pourquoi les Césars, les Attilas, les Napoléons étaient des fous et n’ont pas tenu. Nous tiendrons. L’âme, Peter, est ce qui ne peut être gouverné. Elle doit être cassée. Creuse un fossé dedans, mets tes doigts dessus et l’homme est à toi. Tu n’as pas besoin d’un fouet, il t’apportera ce fouet et te demandera d’être fouetté. Mets-le en course inverse, et ses propres mécanismes feront le travail pour toi. Utilise le contre lui-même. Tu veux savoir comment ? Et regarde si je n’ai jamais menti. Vois si tu ne l’as pas entendu pendant des années, mais tu ne voulais pas écouter, et la faute est la tienne, pas la mienne. Il y a différentes manières. En voilà une. Fais que l’homme se sente petit. Fais qu’il se sent coupable. Tue ses aspirations et son intégrité. C’est difficile. Les pires d’entre vous cherchent à tâtons un idéal à sa propre sauce. Tue son intégrité par une corruption interne. Utilise la contre lui-même. Dirige-la vers un but destructeur de toute intégrité. Prêche l’abnégation. Dis-lui qu’il doit vivre pour les autres. Dis aux hommes que l’altruisme est l’idéal. Pas un seul d’entre eux n’a réussi et pas un seul ne réussira un jour. Chaque instinct de survie en lui criera contre. Mais ne vois-tu pas ce que tu accomplis ? L’homme réalise qu’il est incapable de ce qu’il considère comme la plus noble vertu – et ça lui donne ce sentiment de culpabilité, de pêché, de sa propre basique indignité. Puisque l’idéal suprême est hors de sa portée, il abandonne éventuellement tout idéaux, toute aspiration, tout sens de sa valeur personnelle. Il se sent obligé de prêché ce qu’il ne peut pratiquer. Mais nul ne peut être bon qu’à moitié ou approximativement honnête. Préserver son intégrité est une bataille difficile. Pourquoi préserver ce qu’on sait déjà corrompu ? Son âme abandonne le respect de soi. Tu l’as, il t’obéira. Il sera soulagé d’obéir, parce qu’il ne peut croire en lui, il se sent incertain, il se sent souillé. C’est une façon. En voilà une autre. Tue son sens des valeurs. Tue sa capacité à reconnaître la grandeur ou à l’atteindre. Les grands hommes ne peuvent être gouvernés. On ne veut aucun grand homme. Ne nie pas la conception de la grandeur. Détruit la sienne. Ce qui est grand est rare, est le difficile, l’exceptionnel. Paramètre des standards d’accomplissement que tout le monde peut atteindre, aux moins que rien, aux inaptes, et tu arrêtes l’impulsion d’effort chez les hommes, petits et grands. Arrête toute incitation à l’amélioration, à l’excellence, à la perfection. Rie de Roark et tiens Peter comme un grand architecte. Et tu as détruit l’architecture. Monte Lois Cook et tu as détruit la littérature. Donne un Ave à Ike et tu détruits le théâtre. Glorifie Lancelot Clokey et tu détruits la presse. Ne prêche pas de détruire toutes les shrines (« lieu de pèlerinage », les joueurs de D1 comprendront ce mot).

Danneskjold
Danneskjold
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:31:01

Paie hommage à la médiocrité, et les shrines seront rasés. Il y a un autre moyen. Tue par le rire. Le rire est un instrument de la joie humaine. Apprends à l’utiliser comme un instrument de destruction. Tourne-le en ricanement. C’est simple. Dis leur de rire à propos de tout. Dis leur qu’un sens de l’humour est une vertu illimité. Ne laisse rien de sacré dans l’âme humaine, et son âme ne sera pas sacrée à ses yeux. Tue la révérence et tu tues le héros dans l’homme. Personne ne paie révérence par un gloussement. Il obéira et il ne paramétra aucune limite à son obéissance – rien n’est trop sérieux. Voilà une autre façon, et la plus importante. Ne permet pas aux hommes d’être heureux. Le bonheur est indépendant et auto suffisant. Les hommes heureux n’ont pas de temps et ne sont d’aucune utilité pour toi. Les hommes heureux sont des hommes libres. Donc tue leur joie de vivre, prends tout ce qui leur est chère ou important. Ne les laisse jamais avoir ce qu’ils veulent. Fais leur sentir que le moindre fait d’avoir un désir personnel est mal. Porte les dans un état où dire ‘Je veux’ n’est plus un droit naturel, mais une honteuse admission. L’altruisme est d’une grande aide pour ça. Des hommes malheureux viendront vers toi, ils auront besoin de toi. Ils viendront pour une consolation, du soutien, de l’évasion. La nature ne permet aucun vide. Vide l’âme des hommes, et l’espace est à tout à toi pour le remplir. Je ne vois pas pourquoi tu es choqué Peter, c’est la plus vieille de toute. Regarde l’Histoire. Regarde à n’importe quel grand système d’éthique, jusqu’au Levant. Ne prêchent-ils pas tous le sacrifice de la joie personnelle ? Derrière toutes les complications rhétoriques, n’ont-ils pas tous un seul leitmotiv : sacrifice, renonciation, abnégation ? N’as-tu pas été capable de voir leur thème musical ? ‘abandonne, abandonne, abandonne’ ? Regarde la morale de l’atmosphère autour de toi. Tout ce qui est source de joie, des cigarettes, au sexe, au motif de profit, est considéré dépravation et pêché. Prouve simplement qu’une chose est source de joie, et tu l’as condamné. C’est aussi loin que nous sommes allés. Nous avons lié le bonheur à la culpabilité. Et nous tenons l’humanité par la gorge. Jette ton premier né dans un feu sacrificiel, couche toi sur un lit d’escargots, va dans le désert mortifier la chair, ne chante pas dans la rue, va à l’Eglise le dimanche, n’essaie pas d’être riche, ne fume pas, ne bois pas, ne rejette pas de carbone. C’est toujours la même ligne. Le fil rouge. Les fous pensent que les tabous de cette nature sont des non-sens. Un vestige, une vieille mode. Mais il y a toujours une fin aux non-sens. Ne t’ennuies pas à examiner l’inconscience, demande toi ce qu’elle accomplit. Tous les systèmes d’éthique qui prêchent le sacrifice ont grandi dans un monde de pouvoir et régné des millions d’hommes. Bien sûr, il faut le maquiller. Tu dois dire aux hommes qu’ils atteindront une sorte supérieure de bonheur en abandonnant ce qui les rend heureux. Tu n’as pas besoin d’être clair à propos de cela. Utilise de grands mots vagues. ‘Harmonie Universelle’ ‘Développement Durable’ ‘L’Esprit Eternel’ ‘Le But Divin’ ‘Nirvana’ ‘Paradis’ ‘Suprématie Raciale’ ‘La Dictature du Prolétariat’. La corruption interne, Peter. C’est la plus vieille de toute. La farce a durée des siècles, et les hommes tombent toujours par celle-ci. Le test devrait être si simple : juste écoute n’importe quel prophète et si tu l’entends parler de sacrifice – cours. Cours plus vite que pour éviter la peste. Ça tient de la raison qui permet de voir que là où il y a sacrifice, il y a quelqu’un pour collecter les offrandes sacrificielles. Là où il y a service, il y a quelqu’un qui est servi. L’homme qui te parle de sacrifice, te parle d’esclaves et de maîtres. Et compte bien être le maître. Mais si jamais tu entends un homme te dire que tu dois être heureux, que c’est ton droit naturel, que ton premier devoir est envers toi-même, ce sera l’homme qui n’est pas après ton âme. C’est l’homme qui n’a rien à gagner de ta part. Mais laisse le venir et tu vas crier de toute ta vide tête, qu’il est un monstre égoïste.

Danneskjold
Danneskjold
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:31:16

Donc le racket est protégé pour des siècles et des siècles. Mais ici tu as peut être noté quelque chose. « ça tient de la raison ». Est-ce que tu vois ? Les hommes ont une arme contre toi. La raison. Donc tu dois être certain de la lui retirer. Coupe les racines mais sois vigilant, ne dénie pas ouvertement la raison, tu t’exposerais. Ne dis pas que la raison est le mal, même si certains sont allés aussi loin et que les résultats sont surprenants. Contente-toi de dire que la raison est limitée. Qu’il y a quelque chose au-dessus. Quoi ? tu n’as pas être clair là-dessus non plus. Le champ est inexhaustible, ‘instinct’, ‘sentiment’,’révélation’, ‘intuition divine’ ‘matérialisme dialectique’. Si tu es pris et que quelqu’un te dit que ta doctrine n’a aucun sens, il est prêt pour toi. Dis-lui qu’il y a quelque chose au-delà du sens. Qu’il ne doit pas essayer de penser, mais qu’il doit ressentir. Il doit croire. Peux-tu régner sur un homme qui pense ? On ne veut aucun homme penseur.
Peter, tu as entendu tout ceci. Tu m’as vu le pratique pendant dix ans. Tu le vois pratiqué tout autour du monde. Pourquoi es-tu dégouté ? Tu n’as pas le droit d’être assis là et de me fixer de la vertueuse supériorité d’être choqué. T’es dedans. Tu as pris ta part et tu dois continuer. Tu as peur de voir où ça mène, je ne le suis pas, je vais te le dire. Le monde du futur. Un monde d’obéissance et d’unité. Un monde où les pensées de chaque homme ne sera pas les siennes, mais une tentative d’avoir les pensées de son voisin qui n’aura aucune pensée à lui mais une esquisse des pensées de son prochain voisin, et ainsi de suite. Puisque tout le monde doit être d’accord avec tout le monde. Un monde où l’homme ne détient aucun désir pour lui-même mais dirige ses efforts pour satisfaire les désirs des autres qui n’ont aucun désir excepté celui de satisfaire ses voisins qui n’auront aucun désire, tout autour du monde. Un monde où chaque homme ne travaillera pas pour une incitation aussi innocente que l’argent, mais pour un monstre sans tête – le prestige. L’approbation de ses camarades - leurs bonnes opinions – d’hommes qui n’ont aucune opinion. Une pieuvre, que de tentacules mais sans cerveau. Jugement, Peter ! Pas de jugement, seulement des sondages publics. Une moyenne dessinée sur des zéros, puisqu’aucune individualité ne sera permise. Un monde avec son moteur éteint et un seul cœur, pompant par ma main. Ma main – et celle de quelque uns. Ceux qui savent ce qu’il vous fait battre – vous, la grande moyenne, les petits, les communs, vous qui aimez et acceptez ces noms. Vous serez assis sans trône, sans autel, vous petites gens, le grand chef qui contorsionnera tous les anciens dirigeants avec envie, avec absolu, et sans limite. Dieu, Prophète et Roi combiné. Vox populi. La moyenne, le commun, le général. Tu connais le meilleur antonyme pour Ego ? Bromure, Peter. Le règne de la bromure. Mais même le banal doit provenir de quelqu’un quelque part. Nous serons l’origine. Vox dei. Nous jouirons d’une soumission illimitée de la part des hommes qui n’ont rien appris que la soumission. Nous appellerons ça : « servir ». Nous donnerons des médailles pour service. Vous tomberez les uns après les autres dans une ruée pour voir qui peut se soumettre mieux et plus . Il n’y aura aucune autre distinction à rechercher. Pas d’autres formes de réussite personnelle. Peux-tu voir Howard Roark dans ce tableau ? Non ? Alors ne perds pas ton temps dans des questions folles. Tout ce qui ne peut être gouverné, doit partir. Et si des monstres persistent à naître occasionnellement, ils ne survivront pas leur douzième année. Quand leur cerveau commencera à fonctionner, ils sentiront la pression et exploseront. La pression étirée par le vacuum. Tu connais le destin des créatures des profondeurs des mers lorsqu’elles se trouvent à la surface ? C’est l’avenir des Roark. Le reste d’entre vous souriront et obéiront. As-tu remarqué que les imbéciles sourient tout le temps ? Le premier froncement de sourcils d’un homme est le premier contact de Dieu sur son front. Le contact de la pensée. Mais vous n’aurez ni Dieu ni pensée, vous voterez avec vos sourires. Des leviers automatiques, disant oui .. Maintenant si tu étais un peu plus

Danneskjold
Danneskjold
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:31:34

intelligent, tu demanderais ‘Et vous les dirigeants ? Qu’en est-il de moi ? Ellsworth Toohey ? Et je dirais, oui tu as raison, je ne réussirai rien de plus que tu ne le feras. Je n’ai aucun autre but que de vous garder contentés. Peter, mon pauvre vieil ami. Je suis l’homme le plus dénué d’égo que tu n’as jamais connu. J’ai moins d’indépendance que vous, à qui je vous ai forcé de vendre vos âmes. Tu utilises au moins les gens pour atteindre tes propres fins. Mais je n’ai aucune propre fin. J’utilise les gens pour ce que je peux leur faire. C’est ma seule fonction et satisfaction. Je n’ai aucune intention privée, je veux le pouvoir. Je monde mon monde du futur. Que tous vivent pour tous. Que tous se sacrifient et ne profitent pas. Les laissez tous souffrir et aucun jouir. Arrêter le progrès. Laissons la stagnation. Il y a égalité dans la stagnation. Tous subjugués par la volonté de tous. L’asservissement universel, sans même la dignité d’un maître. L’asservissement à l’asservissement. Un grand cercle, et une égalité totale. Le monde du futur.
- Ellsworth, vous êtes …
- Fou ? Apeuré de le dire ? Tu es là et le monde est écrit autour de toi, ton dernier espoir. Fou ? Regarde autour de toi. Prends n’importe quel journal et lie les gros titres. N’est-ce pas en marche ? N’est-ce pas là ? Chaque chose que je t’ai dite ? L’Europe n’est-elle pas déjà avalée et nous prêt à suivre ? Tout ce que j’ai dit est contenu dans un seul mot – collectivisme. N’est-ce pas le dieu de ce centenaire ? Agir ensemble. Penser – ensemble. Ressentir – ensemble. S’unir, acquiescer, obéir. Obéir, servir, sacrifier. Diviser et régner – d’abord. Mais après – unie et dirige. On en est là, enfin. Souviens-toi de l’Empereur Romain qui souhaitait que l’humanité n’ait qu’un seul cou pour pouvoir le couper. Les gens se sont moqués de lui pendant des siècles. Mais nous rirons les derniers. Nous avons accompli ce qu’il n’a pu accomplir. Nous avons appris aux hommes à s’unir. Ce qui fait que le cou est prêt pour le coup. Nous avons trouvé le mot magique – collectivisme. Regarde l’Europe pauvre fou. Ne peux-tu voir la bêtise et reconnaître l’essence ? Un pays dédié à la proposition que l’homme n’a pas de droits, que le collectif est tout. L’individuel tenu pour le mal, les masses pour le Dieu. Pas de motif et de vertus permises, excepté au service du prolétariat. C’est une version. En voilà un autre. ? Un pays dédié à la proposition que l’homme n’a pas de droits, que l’Etat est tout. L’individuel tenu pour le mal, la race pour le Dieu. . Pas de motif et de vertus permises, exceptés au service de la race. Suis-je en train de rêver où est-ce déjà la réalité de deux continents ? Si vous êtes malades d’une version, on vous pousse dans une autre. On vous fait aller et venir. On a fermé les portes, fixé les barres. La tête – collectivisme, et la queue : collectivisme. Combats la doctrine qui massacre l’individu avec une autre doctrine qui massacre l’individu. Abandonne ton âme à un leader, ou abandonne ton âme à une assemblée. Mais abandonne, abandonne, abandonne. Ma technique, Peter. Offre du poison comme nourriture et offre du poison comme antidote. Sois fantaisiste sur les tringles mais tiens-toi à l’objectif. Donne aux fous leur choix, laisse leur avoir leur fun, mais n’oublie pas la seule fin que tu dois accomplir. Tuer l’individu. Tuer l’âme humaine. Le reste suivra automatiquement. Observe l’état du monde actuellement, est-ce que tu crois toujours que je suis fou, Peter ?
The fountainhead, Ayn Rand, 1943, mal traduit par mes soins.

Darkman01
Darkman01
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:53:06

C'est bien parce que tu as traduit que je laisse !

la prochaine fois, aère. :peur:

Danneskjold
Danneskjold
Niveau 10
15 décembre 2010 à 15:55:31

Sur word ça faisait moins condensé, en même temps sur mon 16/9 23", ça me paraissait aéré. :rire:

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