Certains ont sans doute entendu parler de cet ultra ultralibéral, Philippe Nemo et de son livre Les deux républiques françaises qui n'hésite pas à revisiter l'histoire à sa propre sauce.
Comité de Salut Public, meilleur blogueur français et véritable eprsonne de gauche lui a même decerné un billet ou il le démonte en règle.
http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2010/11/demontage-de-philippe-nemo-en-cinq.html
Conforme à l'idéologie néolibéral se livre accuse encore une fois les gens de gauche d'être responsable de tout nos malheur.
OIn retrouve des choses aussi effarentes que:
"La gauche a lancé une OPA sur la République, ce qui lui permet de dire que la droite, quand elle n’est pas socialisante et étatiste, est anti-républicaine.
Si l’OPA a plus ou moins réussi, c’est que la gauche détient l’école depuis des décennies. Elle a donc pu diffuser un catéchisme « républicain » largement fondé sur des mythes : que la gauche jacobine aurait été l’origine de l’État de droit et de la démocratie, alors qu’en réalité elle a toujours usé de violences et n’a jamais pratiqué de bonne foi les élections qu’elle aurait été laïque, alors qu’elle a été laïciste, c’est-à-dire fanatique d’une religion de substitution, le millénarisme qu’elle aurait été seule à défendre Dreyfus et donc les droits de l’homme, alors que c’est elle qui a fourni les gros bataillons de l’antidreyfusisme et de l’antisémitisme avant de s’amender, au dernier moment, par tactique politicienne enfin, qu’elle aurait seule lutté contre le nazisme, alors qu’en réalité des radicaux, des socialistes et des communistes ont joué un rôle moteur à Vichy et dans la collaboration.
Si l’on veut que la République redevienne le bien commun de tous les Français, il convient donc d’analyser et de rectifier ces mythes. C’est ce que fait ici Philippe Nemo, à la faveur d’un examen critique de la vie politique française depuis deux siècles".
Voilà ce qui ce publie encore de nos jours sous la plume des né libéraux ; du révisionisme historique.
tout le monde s'en fout de monsieur Nemo. Jusqu'ici, on croyait que c'était un poiscaille. Que veux tu dire par ce topic, avec tes petits poings de gauchistes, quelle est ton processus de pensée quand tu as ouvert ce fil ?
Tu t'es dit je vais copier le quatrième de couverture d'un livre d'un professeur apparemment libéral pour pondre une petite ligne : c'est du révisionnisme.
Et nous laisser comme ça, sans repère et aide de ta part pour voir en quoi ?
D'ailleurs l'ironie est que le type prétend que la gauche jacobine a toujours usé de violence, et tu arrives avec tes gros sabots et ton pseudo de boucher ultra violent turbolibéral, pour nous dire qu'il se plante, ça commence mal. ![]()
Il donne simplement sa vision des choses.
On ne devrait pas risquer d'aller en prison pour donner sa vision de l'histoire.
L'histoire est constamment revisité, débattue, etc...
L'accusation de révisionisme jette un froid sur le débat, le bloque et impose donc un point de vue unique, une sorte de dictature de l'opinion.
Ce n'est pas acceptable dans tout Etat qui se dit démocratique.
Je me méfie comme un malade des qualifications de révisionnistes. Sachant que l'histoire est écrite par les vainqueurs.
Pour une fois qu'on se rejoins.
Pour se donner une idée du contenu du prix wikiberal 2009 :
http://www.wikiberal.org/wiki/Les_Deux_R%C3%A9publiques_fran%C3%A7aises_%28essai%29
La plupart des faits historiquement sont cohérents sauf la partie sur Vichy qui est assez faible question démonstration.
Surtout, c'est la démarche de Nemo qui est assez bidon.
Remplacer une histoire sainte (olol la gauche cé dé héro) par une autre (olol la gauche cé dé méchan) c'est pas forcément intéressant.
Il est quand même pas mal en retard le Nemo si j'en juge par le résumé wikiberal. En atendant de lire le bouquin...
- L'amalgame Iere République/Terreur est quasiment accepté par tous les historiens avant 1989 (et le bicentenaire de la Révolution) et les travaux de François Furet. Le coup des intellectuels qui cachent ça, c'est valable pour les historiens marxistes, sauf qu'ils n'existent quasiment plus depuis 1989. Donc les intellectuels qui refusent ça, bah...
- Le début de la monarchie constitutionnelle, c'est un truc qu'on retrouve dans n'importe quel manuel scolaire. Là encore, il reprend des concepts vus et rebattus. La Fête de la Fédération est largement décrite maintenant. Le fait que le passage à la République ne soit pas le premier choix aussi.
- Sur 1789, démocratie libérale, oui et non. Disons qu'il est difficile de parler de démocratie quand avant on tape sur le système électoral, les manoeuvres qui réduisent les élus à une petite minorité bien circonscrite. Libérale, oui dans le sens des Lumières, enracinée avant oui, dans les manuels scolaires on voit la contestation de l'absolutisme, ce qui revient au même.
- Sur 1793, faudra vraiment que je lise, parce que présenté comme ça, ça a l'air fumiste, notamment dire que le CSP, c'est du socialisme avant l'heure, l'égalité de conditions (ah, la bonne farce...), etc...
- Sur la "guerre des deux France", grosso modo, ça a l'air d'être un fourre-tout. Bon, en même temps, "1793" est présentée comme un truc assez naze sur la conception, sur l'auteur de la fiche wikiberal l'a bien lu, donc ça risque d'être folklo. Mais oui, parler des résistances au centralisme (les fédéralistes n'ont rien à voir avec 1789 d'ailleurs, la conception de la monarchie constitutionnelle n'est pas fédéraliste..., les Vendéens, ouais, peanuts aussi...
) c'est forcément défendre 1789. Franchement, si une bonne âme veut me l'offrir pour Noël...
- L'amalgame de tous les Républicains dans l'extrême gauche est drôlissime. Séparer les blanquistes et Gambetta par exemple, pour faire des premiers les seuls républicains, c'est assez fort. Sinon, chouette propos de réduire l'opposition à Napoléon III à la seule extrême gauche, on croirait entendre un coco sur la Résistance tiens...
- Idem sur les élections. Réduire la "gauche" ou les Républicains aux seuls cas foireux c'est assez simpliste et simplet. Surtout que le panel est large. C'est considérer que Windaube et Sanks' pensent la même chose sur tout vu que les deux veulent détruire l'Etat.
- Le millénarisme est une explication un peu opportune. C'est justement oublier l'opportunisme de certains et l'opposition à une Eglise qu'on voit comme un soutien, un pilier et une incarnation de l'Ancien Régime.
- Oui, les socialistes refusèrent la IIIe Republique parce qu'ils voulaient un autre régime. Oui, la IIIe a été fondée par défaut par des monarchistes. Et? Là encore ce sont des terrains largement rebattus.
- 1793 laïc? Ah? Première nouvelle tiens. On présente l'opposition à l'Eglise, au nom de la laïcité selon la Terreur notamment ce qui est bien l'argument utilisé. Un régime qui promeut un culte serait laïc? Grande nouvelle.
- Le raccourci sur les hussards noirs de la République est un peu facile. Certes, ils sont là en opposition au curé local, dans le rôle du représentant de l'Etat après le maire, mais rien dans les programmes avant 1905 fait de l'anticléricalisme. Quand les manuels Lavisse présentent comme fondement de la France le baptême de Clovis, exaltent les croisades, Jeanne d'Arc et Saint Louis, ce n'est pas de manière anticléricale.
- Barrès radical, ou socialiste? Ouais, il prétendait siéger chez les socialistes, mais ses idées politiques sont toutes autres, c'est un héritage du boulangisme qui se veut social-radical. Sauf que dans les faits...
- Sinon, jolie pirouette de l'auteur qui cite régulièrement Blum, sans mentionner que ce socialiste est justement l'un des fers de lance des dreyfusards dans la coordination du mouvement. C'est lui qui tente de rallier Barrès notamment.
- Dans un pays ou l'éducation met en avant Ferry, et son glissement régulier au centre, Waldeck Rousseau, on ne met en avant que les personnes de gauche. Qu'est ce qu'il disait sur Waldeck Rousseau? Ah oui, il fait parti des libéraux qui sont les premiers à défendre Dreyfus.
Je l'ai lu très récemment.
Premièrement je ne m'y connais pas assez pour avoir un jugement intéressant et objectif.
Deuxièmement l'analyse d'un ignare comme CSP ne vaut bien évidemment rien.
Troisièmement l'argumentation est très solide, tout est très minutieusement sourcé. Tout résumé prends donc le risque de briser la cohérence ou d'omettre des détails importants qui permettent de mieux saisir la démonstration.
Donc la meilleure chose est de le lire (c'est pas hyper long et c'est très intéressant). Je serai intéressé par des avis de gens qui s'y conaissent plus (je sais pas, Fffanatic au hasard
).
Sinon je suis surpris que vous ne connaissiez pas plus Némo, qui est une figure assez majeure de la pensée libérale en France.
Et juste comme ça au hasard
"Sinon, jolie pirouette de l'auteur qui cite régulièrement Blum, sans mentionner que ce socialiste est justement l'un des fers de lance des dreyfusards dans la coordination du mouvement. "
=> il le précise bien dans le bouquin que Blum a fait parti des premiers Dreyfusards
"- 1793 laïc? Ah? Première nouvelle tiens. On présente l'opposition à l'Eglise, au nom de la laïcité selon la Terreur notamment ce qui est bien l'argument utilisé. Un régime qui promeut un culte serait laïc? Grande nouvelle."
=> bah non justement il le dit le contraire, 1793 n'est pas laïque, puisqu'elle tente d'imposer sa propre religion
Léon Blum est il ?
de droite
libéral
non Laïque
Non à ces 3 questions
Sans la gauche ...
"Sinon, jolie pirouette de l'auteur qui cite régulièrement Blum, sans mentionner que ce socialiste est justement l'un des fers de lance des dreyfusards dans la coordination du mouvement. "
=> il le précise bien dans le bouquin que Blum a fait parti des premiers Dreyfusards
Ok, donc faudra que je trouve le livre pour le lire car dans le résumé, c'est pas explicite ça.
"- 1793 laïc? Ah? Première nouvelle tiens. On présente l'opposition à l'Eglise, au nom de la laïcité selon la Terreur notamment ce qui est bien l'argument utilisé. Un régime qui promeut un culte serait laïc? Grande nouvelle."
=> bah non justement il le dit le contraire, 1793 n'est pas laïque, puisqu'elle tente d'imposer sa propre religion
Oui, mais justement, jamais 1793 n'a été présenté comme laïc par les intellectuels depuis longtemps. Anticlérical, dans le sens anti curés oui, mais quand on promeut le culte de l'Être Suprême et de la Raison, on ne peut pas être laïc, c'est une évidence quand même.
* Posté le 2 décembre 2010 à 13:11:21 Avertir un administrateur
* Je me méfie comme un malade des qualifications de révisionnistes. Sachant que l'histoire est écrite par les vainqueurs.
* Lien permanent
=> + 1
"jamais 1793 n'a été présenté comme laïc par les intellectuels depuis longtemps"
=> lui affirme que c'est justement un "mythe" qu'une certaine gauche aurait longtemps entretenu.
Après tu parles des intellectuels, c'est possible que dans ces milieux plus grand-monde ne défende les positions que Némo dénonce, mais elles se retrouveraient encore assez fréquemment selon lui dans les milieux politiques et médiatiques (même si de moins en moins), et certains milieux universitaires.
Mais c'est sûr que ce qu'il décrit, ça évoque plus Mélenchon que le PS, et donc des gens dont les idées pèsent de moins en moins. Disons qu'il enfonce le clou.
Dans un pays ou l'éducation met en avant Ferry
O_o
O_o
Bah écoute, les manuels scolaires que j'ai eu sous les yeux mettaient en avant la loi Ferry sur l'école, le bon Julot, quoi, pas le colonialiste évidemment.
Anken
bah justement qu'il évoque plus Mélenchon que le PS, certes, mais vu le résumé wikibéral, soit le dit résumé est mal construit, soit y a des raccourcis énormes. Quand certains fin XIXe mettaient en avant "1793" pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat, avant la loi de 1905 donc, ce n'est pas pour la laïcité, mais surtout parce que pour eux, la lutte contre l'Eglise est la condition de renforcement d'une IIIe République encore fragile (royalistes, boulangistes et bonapartistes sont pas franchement de gentils Reps...).
Ferry a juste remplacer le curé par l'instituteur. Le but était le même (de son propre aveu) : enseigner la résignation au petit pauvre.
Bah écoute, les manuels scolaires que j'ai eu sous les yeux mettaient en avant la loi Ferry sur l'école, le bon Julot, quoi, pas le colonialiste évidemment.
Ouais euh quand je vois nôtre système scolaire je me demande bien ou est passé Jules Ferry. D'ailleurs Philippe Nemo semble s'être posé la même question : http://www.amazon.fr/Pourquoi-ont-ils-tué-Jules-Ferry/dp/2246427010/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1291326867&sr=8-1
Encore une légende dorée entourant une vraie enflure, cette histoire de Ferry...
Billy
mais il est toujours présent. L'instruction pour tous, par l'Etat et pour l'Etat. Les formes ont changé, mais fondamentalement....
ougrioum
héritage lavissien.
on notera que c'est loin d'être le seul ouvrage néolibéral faisant du révisionisme:
LE bilan des « crimes du communisme » établi par l’historien français Stéphane Courtois dans son « Livre noir » sonne comme un réquisitoire. L’auteur dresse un scandaleux parallèle entre communisme et nazisme et invoque l’idée d’un tribunal de Nuremberg pour juger les responsables. Qu’importe que les chiffres cités soient manipulés, voire faux, que plusieurs coauteurs se soient dissociés de Stéphane Courtois, nombre de journalistes, sans avoir pris la peine de lire le livre, en ont fait un éloge dythirambique.
Par Gilles Perrault
Longtemps après, les chiffres restent approximatifs et ne fournissent guère qu’un ordre de grandeur. Pour la répression de Sétif (1945), les estimations vont de 6 000 à 45 000 morts. A Madagascar (1947), il y aurait eu 80 000 victimes. En Indochine (1946-1954), les chiffres varient selon les sources de 800 000 à 2 millions de morts, et en Algérie (1954-1962) de 300 000 à 1 million. Même sans tenir compte de la Tunisie et du Maroc, et en s’abstenant d’évoquer les responsabilités françaises dans des catastrophes plus récentes, comme le génocide rwandais, cette sinistre comptabilité atteste que, si l’on rapporte le nombre de ses victimes à celui - médiocre - de sa population, la France se place dans le peloton de tête des pays massacreurs de la seconde partie du siècle.
Elle persévéra avec tant d’obstination que l’observateur pourrait en déduire que le crime était ontologiquement lié au régime politique en place. Car c’est bien de crime qu’il faut parler. La répression menée pendant deux décennies sur deux continents présente les caractéristiques du crime contre l’humanité tel que défini par le nouveau code pénal français : « Pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d’actes inhumains (...) »
La seule organisation politique d’importance à se dresser contre cet enchaînement aussi cruel qu’imbécile fut le Parti communiste français (PCF). La mémoire de ses vétérans est peuplée des souvenirs d’une lutte difficile menée dans une solitude presque absolue. En face, ce passé-là passe très aisément, et M. François Bayrou, héritier politique d’une démocratie- chrétienne impliquée plus qu’aucune autre formation dans la répression colonialiste, ne s’encombrait pas de réminiscences importunes lorsqu’il brandissait, à la Chambre, Le Livre noir du communisme vers le bord opposé de l’hémicycle. La mémoire aussi peut être à géométrie variable.
http://www.monde-diplomattique.fr/1997/12/PERRAULT/9660