Mogadiscio, Région de Benadir, République Fédérale de Somalie 
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Le jour touchait à sa fin, à Mogadiscio. Les rues de la ville étaient en piteux état. Les rues étaient couvertes de décombres et jonchés de débris. Les immeubles étaient tout ou partie détruit. A l’extrémité de la voie Abruzzes, la carcasse d’une Toyota AE86 finissait de se consumer. Surgissant d’un immeuble tout proche, une équipe de six soldats somaliens se postèrent près d’une plaque de bouche d’égout. Ils étaient équipés de fusils INSAS et de RPD, et l’officier de l’escouade portait un pistolet Caracal au ceinturon.
« - Ouvrez ! » fit l’officier en désignant la bouche d’égout.
Les miliciens s’exécutèrent, retirant la lourde plaque. Ils la reposèrent au sol dans un bruit de métal assourdissant.
« - Allez ! Couvrez-vous la bouche et le nez avec vos bandanas et descendez ! Nous allons faire un sacré trajet à pinces pour arriver jusqu'à l’objectif. »
Les cinq miliciens obéirent, puis se laissèrent glisser sur une échelle. Ils atterrirent dans un réservoir d’eau usé. De l’eau croupie leur montait jusqu’aux hanches, et ils levèrent leurs armes à bout de bras, pour éviter que celles-ci ne soient endommagés. L’officier les rejoignit quelques instants plus tard, après avoir pris soin de refermer l’ouverture en surface. Il chuta lourdement dans l’eau et tira une lampe torche de sa poche. Il l’alluma. Le réservoir se révéla sous les yeux des miliciens. C’était un lieu insalubre et sombre. Quelques rats se mirent à prendre la fuite en plongeant dans l’eau, en apercevant le rai de lumière de la lampe torche. L’officier tira une carte de sa poche, puis il coinça la lampe entre ses dents, et tenta de se repérer dans le réseau des égouts de Mogadiscio. Il leva les yeux vers deux tunnels qui leur faisaient face, puis secoua la tête. Il replia la carte et la replaça dans sa poche veston.
« - Restez avec moi, soldats. Ne vous écartez pas. Vous risqueriez de vous perdre ici. Nous allons emprunter ce tunnel. » fit l’officier en désignant une bouche étroite et sombre qui menait on ne sait ou. L’un des soldats s’en approcha, en observa l’intérieur, puis s’écarta vivement en réprimant un haut-le-cœur.
« - Monsieur ! Il y’a… des cafards là-dedans ! D’énormes cafards ! »
« - Et alors ? Les petites bêtes n’ont jamais mangés les grandes. Poussez-vous. » fit l’officier en écartant le milicien à l’aide de son bras. Il se hissa à l’intérieur de la canalisation, replia ses jambes et s’y glissa en rampant.
« - Suivez-moi » ! claironna t-il à l’attention de ses hommes. Son ordre se répercuta dans un écho qui semblait ne jamais se terminer. L’un après l’autre, les miliciens suivirent leurs supérieur…