République Française 
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Place Vendôme [1], Paris
27 Février 2010, aux alentours de minuit.
Légère brise venant du Nord, -2°C
C’était une belle soirée de Février qui annonçait l’arrivée du printemps. Bien qu’il ait fait moins de zéro, le soleil avait suffisamment brillé au cours de la journée pour que les parisiens sortent massivement dans la capitale. Emmitouflés dans leurs écharpes et souvent deux par deux, ils s’étaient baladés en pensant aux beaux jours qui approchaient. Les plus courageux d’entre eux avaient pris une boisson chaude sur l’une des nombreuses terrasses que les cafés de la plus belle ville du monde. Cela expliquait pourquoi il restait encore un peu de monde sur la Place Vendôme si tard, il faut dire que c’est un véritable bijou. D’ailleurs, nombreux sont les joailliers renommés qui ont élu domicile ici, comme les hôtels de luxe.
Les derniers couples de tourtereaux venaient de quitter la Place, lorsqu’une Audi A4 noire [2] s’immobilisa brusquement au pied de la célèbre colonne, bâtie en souvenir de la victoire française à Austerlitz. Un homme d’une cinquantaine d’année, en costume de grand couturier, émergea de l’allemande. Il jeta autour de lui bref coup d’œil, encore vif malgré le poids des années, avant d’aller chercher une mallette dans le coffre. Ce qu’on pouvait prendre pour un homme d’affaire suisse ou néerlandais, se dirigea d’un pas léger mais déterminé vers l’hôtel Ritz. Il avait encore une carrure de sportif, alors qu’il ne s’entretenait plus depuis une paire d’année, et il expliquait cette bonne conservation par sa carrière dans les services secrets. La DGSE avait effectivement occupé une bonne partie de sa vie. Il avait crapahuté un peu partout à travers le globe : Moyen-Orient, Colombie, Nigéria, Guinée, Indonésie et Russie. Mais sa direction prit la décision de l’écarter, à cause de ses opérations un peu trop « musclées ». Un agent qui sème la mort dans son passage n’est pas vraiment un atout dans une agence de renseignement. Victor Silberzahn quitta alors la DGSE, pour se mettre à son compte.
Il entra dans le Ritz [3] et approcha de la réception pour prendre les clés de sa chambre. La charmante demoiselle, se tournant manifestement les pouces, fut surprise par ce qu’elle qualifia alors d’ « ours ».
- Bonsoir, j’ai une réservation au nom de Bock, lança poliment Silberzahn. Il était en mission, il fallait qu’il utilise des pseudonymes. Il en avait plusieurs, comme des passeports et autres cartes d’identités. Il pouvait être Allemand, Américain, Canadien ou même Israélien s’il le voulait. Mais aujourd’hui, il se faisait passer pour un professeur Luxembourgeois.
- Voilà les clés Monsieur. J’ai également un colis pour vous, on m’a dit de vous dire c’était un cadeau d’un vieil ami, lui répondit-elle, un peu troublée d’avoir été dérangée dans sa méditation nocturne mais un sourire magnifique.
Silberzahn monta dans sa chambre, tenant d’une main sa mallette et de l’autre, le mystérieux colis, qui contenait la raison de sa présence ici. Il ferma la porte à clé, et la bloqua avec une chaise, « on est jamais trop prudent » se dit-il. Evidemment, ça ne pourrait pas retenir un commando du GIGN, mais cela lui permettrait de se préparer à l’accueillir. Il jeta négligemment ses affaires sur son lit, puis sortit son couteau fétiche de sa chaussure pour ouvrir son colis. Il y trouva plusieurs liasses d’€uros, un Beretta avec silencieux, mais le plus important étant la liste de noms.