La Commission Stiglitz, du nom de son président Joseph Stiglitz, prix nobel d’économie américain et représentant du nouveau keynesianisme, est née d'une proposition du président Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008. Elle est officiellement intitulée « Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ». Le but de cette commission était d'élaborer de nouveaux indicateurs de richesse, et de trouver une alternative au PIB.
Déjà en 1968 Robert Kennedy, homme politique américain, disait : « notre PIB prend en compte dans ses calculs, la pollution de l’air, la publicité pour le tabac et les courses d’ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. (…) Il comprend la production de napalm, (…). En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaîté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie, ou la solidité de nos mariages (…) Il ne prend pas en compte notre courage, notre sagesse, ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion, ou du dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue »
Il est écrit dans le rapport qu"il est temps que notre système statistique mette davantage l'accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique"
C'est-à-dire que le PIB ne prend pas en compte le bien être de la population qui peut baisser même si le PIB croit, avec par exemple le développement d’activités polluantes.
Le PIB est aussi a aussi été critiqué car il n’a pas cessé de croître jusqu’au début de la crise de 2008, sans alerter sur les crises sociales écologiques, économiques et financières.
La commission a été divisée en trois sous-groupes de travail:
• "Questions classiques de mesure du PIB"
• "Environnement et développement durable"
• "Qualité de la vie"
Douze recommandations ont été formulées par la commission Stiglitz pour mieux mesurer les performances économiques et le progrès social :
1 - Pour mesurer le bien-être, regarder les revenus et la consommation
Le PIB mesure essentiellement la production marchande, ce qui fait un indicateur utile, mais il est souvent utilisé comme un indicateur de "bien-être économique", or les revenus peuvent décroître quand la production croit, et inversement.
2 - Refléter la réalité "vue des ménages"
Il faut prendre en compte les impôts, les intérêts d'emprunts mais aussi la valeur des services en nature fournis par l'Etat (éducation, santé...).
3 - Refléter le patrimoine d'un pays
Faire en sorte que les pays disposent, à l'image des entreprises, d'un "bilan" (avec actif et passif), en plus de leur "compte de résultat"
4 - Analyser comment sont répartis les revenus
S'éloigner de la référence au revenu moyen et lui préférer celle de revenu médian (celui de la personne au milieu si l'on sépare une population en deux groupes égaux)
5 - Prendre en compte les activités non marchandes (garde des enfants par exemple) et ne pas se limiter à celles qui font l'objet d'une rémunération
6 - Affiner les mesures chiffrées de la santé, de l'éducation, des activités personnelles
7 - Analyser en profondeur les inégalités et leur évolution
Evaluer les inégalités entre catégories socio-économiques, mais aussi en entre sexes ou entre générations
8 - Qualité de la vie: qu'est-ce qui influe sur quoi ?
Mettre en évidence les interactions entre les différents aspects de la vie grâce à des enquêtes d'opinion.
9 - Proposer des indices statistiques chiffrés permettant de refléter les différentes dimensions de la qualité de vie
10 - Intégrer la dimension subjective dans les statistiques
Intégrer dans les statistiques des données reflétant l'évaluation que chacun fait de sa vie, de ses expériences, de ses priorités
11 - Intégrer la "soutenabilité" du bien-être
Cette recommandation doit permettre de répondre à la question: le niveau actuel de "bien-être" pourra-t-il être augmenté, ou au moins maintenu, pour les générations à venir ?
12 - Développer un ensemble d'indicateurs environnementaux
Ils doivent en particulier permettre d'indiquer clairement dans quelle mesure nous nous approchons de seuils dangereux (hausse des températures de la planète ou épuisement des ressources mondiales de poissons par exemple).
Bon voilà c'est un petit copié/collé avec lequel je vais pouvoir gagner quelques points. 