Plusieurs dignitaires latino-américains tels qu’Evo Morales de Bolivie, Carlos Lage de Cuba, Daniel Ortega du Nicaragua et Chávez ont appelé à l’instauration d’un nouveau modèle économique alternatif au néolibéralisme sauvage qui ravage le continent depuis les années 1980. La privatisation des ressources naturelles et des entreprises latino-américaines, qui ont entraîné la ruine de nombreuses économies et plongé dans un désarroi social sans précédent les populations, ont uniquement profité aux élites locales et aux multinationales étrangères. « Les services de base comme l’eau potable, les systèmes d’assainissement, les télécommunications ou l’énergie ne doivent pas continuer à appartenir au domaine privé », a déclaré Morales (1).
Ces propos n’ont guère été du goût du président du gouvernement espagnol Zapatero qui a rétorqué que les nationalisations n’étaient pas « une fin en soi » et il en a profité pour signaler « l’énorme responsabilité » de l’Amérique latine dans son retard actuel, éludant complètement la réalité de la sanglante conquête espagnole. Zapatero était surtout désireux de protéger les intérêts des multinationales espagnoles présentes sur le continent. Pour sa part, le vice-président du Conseil d’Etat cubain Carlos Lage a mis en évidence « la contradiction entre la nécessité des changements et les intérêts des multinationales (2) ».
Répliquant à Zapatero, le président Chávez a mis en garde contre la tentation facile de minimiser les « facteurs externes » qui expliquent le marasme dans lequel se trouve l’Amérique latine. « Voyons notre histoire, pas celle d’il y a deux cents ans mais l’histoire plus récente » en référence au coup d’Etat organisé par la CIA contre Salvador Allende en 1973. « Un président avec un programme démocratique et pacifique » avait été renversé, instaurant l’une des dictatures les plus cruelles du continent (3).
Le président vénézuélien a rappelé également que José María Aznar, ancien premier ministre espagnol, avait soutenu le coup d’Etat orchestré contre lui en avril 2002 et qu’il parcourt actuellement le monde en menant une campagne de diabolisation à son encontre. Il a qualifié l’héritier de l’idéologie franquiste dont le mentor était Manuel Fraga – ancien ministre du dictateur Franco et membre de la Phalange espagnole –, celui qui avait ouvertement soutenu la dictature éphémère de Pedro Carmona en 2002 et qui participé à la sanglante l’invasion de l’Irak de « fasciste (4) ».
Contre toute attente, Zapatero a pris la défense d’Aznar en arguant que ce dernier avait été élu par les Espagnols et qu’il méritait un peu de respect. Répondant du tac au tac, Chávez a opportunément fait remarquer le premier ministre espagnol qu’Aznar n’avait guère été un modèle de courtoisie à son égard et que cela n’avait jamais suscité aucune réaction de la part de l’Espagne. « J’ai le droit de défendre la dignité du Venezuela », a-t-il ajouté (5).
Mais apparemment, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. C’en fut trop pour le roi d’Espagne qui, perdant sa sérénité légendaire, s’est adressé au président vénézuélien de manière virulente et particulièrement offensante. « Toi ! […] Pourquoi tu ne la boucles pas ? », s’est-il exclamé en le pointant du doigt de façon peu amicale, plongeant les 22 pays participants dans la surprise la plus totale (6).
Loin de répondre à l’attitude irrespectueuse du monarque espagnol, Chávez s’est contenté de citer José Gervasio Artigas, héros des guerres d’indépendance latino-américaines contre l’Empire espagnol : « ‘Avec la vérité, je n’offense personne ni ne crains personne’. Le gouvernement du Venezuela se réserve le droit de répondre à n’importe quelle agression dans n’importe quel endroit […] et sur le ton qui lui semblera (7) ».
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7332
c´est peut etre pour ça que les medias ne donnent pas une bonne cote à Chavez, il gène les interets des Etats Unis pour controler l´économie de l´Amerique, et ceux des Européens, pour le bien de son peuple.
Peut etre.