Seuls les étatistes estiment que la monnaie est un "attribut de la puissance étatique". Comme le remarque Gustave de Molinari dans sa huitième soirée des Soirées de la rue Saint-Lazare, battre monnaie n'est pas plus un attribut de la souveraineté "que de fabriquer des clous ou des boutons de guêtres".
La monnaie n'est pas liée nécessairement au pouvoir politique, même s'il est évident que le pouvoir peut trouver de grands avantages à la contrôler. Comme le disait Napoléon Bonaparte, devenu empereur :
Je dois être le maître dans tout ce dont je me mêle et surtout dans ce qui concerne les affaires de la Banque, qui est bien plus à l'empereur qu'à ses actionnaires puisqu'elle bat monnaie.
La monnaie comme outil d'échange est apparue bien avant les états. Elle est apparue comme "le résultat spontané d’efforts individuels et particuliers des différents membres de la société" (Carl Menger). "La théorie d’un accord originel où un seul bien particulier aurait été choisi comme instrument d’échange est tout aussi dénuée de fondement que l’ancienne croyance en une institution fondatrice de la loi ou du langage" (William Ridgeway). L'histoire montre que de nombreux "supports" ont été utilisés comme monnaie, et que de nouveaux apparaissent encore (monnaie électronique).
La tendance semble être à ce que le pouvoir se désintéresse de la monnaie, conscient sans doute du rôle néfaste de toute manipulation artificielle de cette ressource. Ainsi un certain nombre d'Etats-Nations de l'Union européenne ont choisi de "fusionner" leurs monnaies nationales dans l'"euro" dont la "gestion" a été confiée à une banque centrale réputée "indépendante".