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Ces gros mensonges qui nous gouvernent.

Hyper_Taupe
Hyper_Taupe
Niveau 7
30 avril 2008 à 17:38:30

L’ensemble juridique que constitue un Etat est une pyramide inversée. A sa base : un ou plusieurs principes, une grande déclaration sur laquelle repose tout l’édifice. A ses extrémités : toutes les lois qui en découlent. Nos démocraties occidentales se basent toutes sur des déclarations à peu près similaires accordant certains droits à leurs citoyens que l’on a appelé pour cette raison les droits fondamentaux.

Mais d’où viennent-ils ces droits ? Sont-ils des droits naturels ? Ne me dites pas que vous n’avez jamais douté. Les hommes naissent libres. Qu’est-ce que la liberté ? Les hommes naissent égaux en droits. Qu’est-ce qu’un droit ? Un droit n’existe pas sans société, le droit est une pure invention. Un droit naturel, cela ne signifie rien. Comment les hommes pourraient-ils alors naître égaux en droits ? L’évidence s’impose rapidement que les principes qui fondent nos sociétés sont de gros mensonges. Essayons de voir pourquoi et surtout comment, ils se mettent en place.

Pour bâtir une société, il faut adopter des principes fondamentaux et déduire de ces principes la forme sociale et les lois qui en découlent. Toute société se forme ainsi.

Pour perdurer, l’Etat doit être bâti sur des bases solides : les principes qui le fondent doivent être indiscutables. Pour cela, il a fallu faire croire qu’une sorte de droit naturel, de droit indiscutable existait. Longtemps ce fut Dieu. Les principes étaient révélés par le créateur même de la nature. Le souverain l’était par la grâce de Dieu.

Puis plus tard, au XVII° siècle, les philosophes ont cherché les principes du droit naturel. Peine perdue. Ce fut une triste cacophonie d’avis divergents dont la plupart ne servaient qu’à légitimer par la raison le pouvoir en place, comme a pu le faire Hobbes.

Il a fallu se faire a l’idée que si le droit naturel existait, ses principes nous seraient de toute façon à jamais inconnus. David Hume le dit formidablement bien : un 'is' , dit-il, n’implique pas un 'ought'. Un « être » n’implique pas un « doit être ». En d’autres termes, le fait qu’une chose existe ne nous renseigne pas sur son droit à exister. Le ruisseau coule. A-t-il le droit de couler ? Nous ne pouvons le dire. Nous pouvons simplement nous borner à constater son existence.

Ceci compris, le XVIII° siècle évita de faire la même erreur que son prédécesseur. Montesquieu déjà ne chercha pas à légitimer la démocratie mais simplement à montrer qu’il s’agissait du meilleur régime possible. La méthode est radicalement différente. Il ne s’agit plus de connaître les principes fondamentaux et de trouver le régime qui s’en déduit mais de chercher le meilleur des régimes est de trouver les principes qu’il faudrait supposer pour que ce régime s’en déduise. Les principes fondamentaux ne sont là que pour légitimer de façon tout à fait artificielle un Etat qui a été pensé indépendamment.

Mais malgré cela, il faut continuer de faire croire que les principes fondamentaux sur lesquels se base l’Etat sont des droits naturels. Il faut faire croire que ce sont des principes rationnels tirés d’un examen de la nature humaine. Pascal avait finalement raison : « la coutume, c’est le fondement mystique de la société : qui la ramène à son principes l’anéantit. » En d’autres termes : le fait fonde le droit, mais il ne faut pas le dire ou la société s’écroule.

Et même si la démocratie est d’un naturel tolérant, même si elle admet le débat à propos de ses lois, elle punit quiconque remet en question ses principes fondamentaux, comme tout société qui protège ses fondements. Essayez donc de dire que les hommes naissent inégaux. Même si cela me paraît une évidence, vous serez taxé de racisme, de discrimination de tomberez sous le coup de la loi.

Les différentes déclarations qui jettent les bases de nos sociétés sont donc des mensonges, mais des mensonges nécessaires qu’il convient de faire passer pour des droits naturels.

Mais si toute société se révèle être un pur produit de la subjectivité, quelle place peut-il rester pour le débat ? Plutôt que de débattre d’hypothétiques principes ou d’improbables droits, il ne nous reste plus qu’à débattre de la « verità effetuale della cosa » dont parle Machiavel. Il ne nous reste plus qu’à comparer les fins qui, alors, justifieront les moyens.

thomasRBX59
thomasRBX59
Niveau 10
01 mai 2008 à 19:01:41

:bravo:
sinon moi je trouve que la loi la plus juste, est la coutume.
en france, on ne fais pas assez de place à la COutume
d'ailleurs la révolution n'a pas proclamée les libertés, elles existaient dejà, mais elle n'a fait que retranscrire la philosophie des Lumières avec tous les libertés qu'elle proclame pour favoriser un monde ultra libéral.

Or dans l'Ancien Régime les gens étaient bcp plus libre que après la révolution: ex interdiction de syndicat, de corporation, pas de relations de travail,... après la révolution

de sorte que la société s'est construite autour d'une idéologie libérale (Code civil, code de commerce...), en établissant un droit écrit qui restreignent les libertés certes, et le légalisme prend une part très importante
tout vient de la loi, mais pourquoi??
pourquoi le législateur (notables élus au suffrage censitaire) aurait il le droit de dire ce qui est juste? d'imposer obligations ?

la coutume est le seul droit naturel
cordialement

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
01 mai 2008 à 19:21:37

La démocratie autorise la critique de ses principes fondamentaux quand la liberté d'expression est totale.

thomas :d) La coutume est-elle la loi la plus juste? A priori non, puisqu'elle n'est que le fruit d'une société. Si elle est inégalitaire, mysogine ou autres faits qui la rendent biaisée, ta coutume ne vaut pas forcément grand chose... De même, une pratique peut faire en sorte d'exclure une catégorie de la population dans la participation de l'élaboration des règles, et la coutume engendrera cela.
Est-elle un droit naturel? Non, elle est le fruit des rapports entre les habitants d'une population... Elle n'existe pas à l'état de "nature". C'est simplement un fait qui s'impose par sa reproduction au bout d'un certain temps.

Pour les libertés, non l'Ancien Régime n'est pas plus libre. La fluidité sociale est extremement plus importante sous la RF que sous l'Ancien Régime, quant aux corporations, elles sont extrêmement restrictives du point de vue de l'innovation, de la liberté de création... De même, le pouvoir absolutiste est quand même quelque chose de totalement opposé à la liberté d'expression par exemple...

Quant aux législateurs de la Revolution Française, ils ne sont surement pas élus dans un premier temps au suffrage censitaire o_O

thomasRBX59
thomasRBX59
Niveau 10
01 mai 2008 à 20:43:58

la révolution a creusé un fossé entre les riches et les pauvres
c'est une révolution libérale, qui ne cherche que le profit des grans puissants, ceux qui ont rédigé la DDHC d ailleurs

c'est une cassure sociale la révolution
et le tout se terminera en 1872 lors de la commune de Paris pour enfin mettre un terme a plus de 80 ans de malheur de la part de 90% des français

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
01 mai 2008 à 20:46:06

Le fossé s'est creusé? Au contraire, pendant les courtes années allant de la Révolution à la Restauration, tu as une fluidité sociale incroyable, une possibilité d'ascension sociale que n'a jamais offerte l'Ancien Régime. Accessoirement, cela s'achève par le retour de la monarchie, avec une tentative de restauration absolutiste dans un premier temps.

thomasRBX59
thomasRBX59
Niveau 10
01 mai 2008 à 20:49:07

la ou tu te trompes, c'est que l'Ancien régime, ca n'était pas le Roi le qui décidé.
il n'y avait pas d'administration centrale puissante, ni déconcentrée

l'Ancien régime mettait en oeuvre la subsidiarité, chaque province décidait de son organisation et était liée par des traités avec le Roi. Il y avait des corps intermédiaires

alors qu'a partir de la révolution, c'est a partir de Paris que tout se décide, la loi est élaborée au centre sans tenir compte des particularités locales, il n'y a pas plus de corps intermédiaires. la france importe le système anglais mais un pays de tradition latine et universaliste comme la france, ca a crée moultes débacles la révolution

faut pas croire la Révolution n'a fait que empirer la situation sociale de la fin de l AR, car il y avait durant les 3 dernières années une famine (dans toute l europe) suite aux mauvaises récoltes

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
01 mai 2008 à 21:01:21

Tu rigoles j'espère? L'administration de la Revolution Française reprend le centralisme de celle de l'Ancien Régime... Et les premiers jalons de ce centralisme datent de François Ier, voire même d'avant pour certains points. Regarde les réactions quand les parlements provinciaux bronchent... Le nombre d'Etats pouvant faire penser à une décentralisation n'est que de deux à la fin du règne de Louis XVI (la Bretagne et la Provence, contre quinze provinces au début du règne de François Ier). L'absolutisme ne porte pas son nom pour rien hein... Ce que tu décris date du féodalisme, rien de plus. Et encore dans ce cas, c'est la noblesse d'épée qui décide, la liberté tintin.

Les corps intermédiaires n'existent pas, ou sont totalement inféodés. C'est le conseil du roi, voire le roi lui-même qui possède tous les pouvoirs. Les parlements ne servent plus qu'à enregistrer les lois, malgré quelques vélléités.

La situation sociale à la fin de l'AR? Elle est figée, les promotions sociales sont quasi inexistantes, le mérite n'est presque pas reconnu, sauf dans de rares cas.

Faut arrêter de rêver, l'ancien régime, ce n'est pas les fastes de Versailles uniquement...

thomasRBX59
thomasRBX59
Niveau 10
01 mai 2008 à 21:04:37

ah oui en plus interdiction de réunion jusqu en 1881
interdiction de grève sinon puni de 2 a 5 ans de prison
pas de syndicats
interdiction de créer une association (loi le chapelier 1791), sauf autorisation du GVT

c'est vrai qu'elle est belle la liberté de la révolution
ouiu pour les riches elle est excellente, n'ayant pas de contrepoids sur eux :sarcastic:

de plus dans l'Ancien régime, les paysans avaient des privilège, des franchises, la justice fonctionnait et arbitrait. Le droit coutumier qui se mis en place était réaliste, et non pas LEGALISTE comme a partir de la révolution.
Et a partir de la révolution, on supprime tous les privilèges des paysans qui aussi s'étaient organisés en collectivités.
des l abord de la révolution, toutes les terres seront la propriété de grands riches, et les paysans devront s'exiler en ville pour travailler, et ne pourront pas fonder de syndicats..et seront a la merci des Grands
ah oui elle est cool la révolution :nonnon:

thomasRBX59
thomasRBX59
Niveau 10
01 mai 2008 à 21:08:02

L'Ancien régime que tu décris est celui imposé par beaucoup de livres d'histoire, ce qui est totalement faux

je pourrais te donner des ouvrages de lectures pour te faire la vrai idée de la révolution et de l'Ancien régime

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
01 mai 2008 à 21:31:03

Ah oui, le complot des historiens... :sarcastic:

Fais donc si cela t'amuse.

Libegafra2
Libegafra2
Niveau 9
01 mai 2008 à 21:45:58

La Révolution est la conjonction de plusieurs facteurs : renouveau de la pensée,situation économique désastreuse,privilèges des nobles et du clergé ne comportant plus de devoirs en contrepartie(les nobles n'avaient plus ou presque cette fonction de protection de la population qui était la leur au temps du féodalisme).
De plus les promotions sociales figées,la crispation des privilégiés n'est pas un mythe tout comme le BORDEL administratif (un roi ne supprime pas l'oeuvre d'un prédécesseur,il ajoute de nouvelles charges).
La Révolution ne s'est pas faite la fleur au fusil mais tu parles du droit de grève,des associations en un mot de la liberté...l'Ancien Régime autorisait-il tout cela?Bien sur que non,même si les rois n'étaient pas des dictateurs assoiffés de sang force est de constater que Louis XIV avait une façon très particulière de gérer les mouvements sociaux...
Si la Révolution (et la République après elle)a parfois trahi son idéal il avait le mérite d'exister et de déboucher sur quelque chose de concret.

Libegafra2
Libegafra2
Niveau 9
01 mai 2008 à 21:47:43

Et au fait,évite l'éternel recours à l'idée que ces salauds d'historiens marxistes ont trafiqué l'Histoire,c'est un moyen puéril de fuir le débat et tu tends le bâton pour te faire castagner,les livres dont tu parles je peux leur appliquer la même logique

Hyper_Taupe
Hyper_Taupe
Niveau 7
02 mai 2008 à 16:15:21

"La démocratie autorise la critique de ses principes fondamentaux quand la liberté d'expression est totale."

La nature même de la démocratie empêche toute liberté d'expression totale comme j'ai pu le montrer. Les Droits de l'Homme, par exemple, sont intouchables et ne peuvent pas être débattus car ils sont le fondement légal (càd artificiel) de la société.

article 30 de la DUDH :

"Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés."

Difficile de faire plus explicite. :)

Sinon, pour ce qui est de la coutume, on ne peut juger sa valeur que par les effets qu'elle produit. Honnêtement, qu'elle soit misogyne ou même raciste, un philosophe te dirait qu'il s'en fout et qu'il ne juge que ses résultats. Puisque les principes naturels sont inexistants ou inconnaissables, puisqu'on ne peut juger un ensemble légal sur ses causes, alors nous ne pouvons le juger que sur ses effets.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
02 mai 2008 à 17:48:59

Sauf que la liberté d'expression est un des droits cité dans la DUDH... Et que la République Française s'est accomodée pendant bien longtemps des ennemis de la "Gueuse", monarchistes, ou autoritaristes... Donc des critiques de la République.

Il ne faut pas juger la démocratie sur le rigorisme actuel qui règne, mais plutôt sur ses effets dans son ensemble. Et les critiques de la démocratie ont existé jusqu'aux années 50 environ. Ensuite, c'est la liberté d'expression qui a petit à petit morflée. Aujourd'hui, un Desproges n'aurait qu'une suite de procès, pas de succès à cause des ses propos parfois très très acides (Quel humoriste aujourd'hui oserait sans rien craindre un "Comme disait Himmler en visitant Auschwitz un jour de pluie "Ne boudons pas notre plaisir!"?)

Sur la coutume, quand je disais qu'elle pouvait être misogyne, c'était aussi dans ses effets... Quant à "un philosophe", comme tu l'as très bien dit toi-même dans ton propos initial, oui, un me dira qu'il s'en fiche, l'autre me dira que c'est un point crucial, un autre me dira qu'il faut constater les deux ensemble... Personnellement, je serais plutôt partisan de juger un ensemble légal sur ses causes et ses effets.

arxhantos_2008
arxhantos_2008
Niveau 8
02 mai 2008 à 22:24:31

Vous êtes des idiosyncrasiste.

fffanatic
fffanatic
Niveau 10
03 mai 2008 à 00:23:46

Dans quel sens incarnons nous une idiosyncrasie? Parce que c'est la Gueue contre les Trois Ordres? :p)

khaled-mechaal
khaled-mechaal
Niveau 8
03 mai 2008 à 00:34:09

c'est une cassure sociale la révolution
et le tout se terminera en 1872 lors de la commune de Paris pour enfin mettre un terme a plus de 80 ans de malheur de la part de 90% des français

:d) Faux. Napoléon III était un dieu et il a fait des tas de trucs cool pour notre Nation, et ce avant la Commune :content:

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:d) http://www.deezer.com/#music/album/3581

Eldarh
Eldarh
Niveau 10
03 mai 2008 à 00:50:44

C'est 1871 la Commune

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