République d’Irak, près d’ar-Ramadi, silo des supercanons
Saddam était accoudé à la rambarde qui surplombait la salle de contrôle du silo des supercanons. Il observait, avec intérêt, les ingénieurs et les militaires en train de tapoter sur des claviers et de calculer des formules compliqués sur leurs écrans de contrôle. Sur le gigantesque écran, installé au fond de la salle, était diffusé les relevés d’une carte montrant une ville située dans le sous-continent indien : New Delhi, capitale de la République d’Inde. Saddam se réjouissait d’avance : les indiens allaient découvrir ce qu’il peut arriver lorsque l’on interférait avec les opérations militaires de la République d’Irak, digne descendante de la Babylone d’antan. Dans les haut-parleurs, une voix en arabe crachota :
« - Supercanons amorcé, chargé et prêt à être utilisés. Tous les scientifiques sont appelés a se rendre en salle de contrôle, pour procéder aux derniers réglages en vue d’un tir de lancement sur cible. Fermeture des portes coupe-feux dans 60 secondes. Tout individu se trouvant dans les silos ou ses alentours pendant le tir risque la mort par brulures ou asphyxie. »
Quelques secondes plus tard, les retardataires arrivaient par la porte principale et s’installaient à leurs postes, dans les gradins de la salle de contrôle. Saddam, lui, rejoignit la salle de conférence, qui surplombait également la salle de contrôle. Grace aux baies vitrées, il pouvait observer à loisir les scientifiques et les officiers, en train de travailler. Le haut-parleur fit une nouvelle annonce :
« - Ouverture des silos. Procédure de lancement en cours. »
Par la baie vitrée, Saddam aperçut un officier, pénétrer dans l’une des deux salles abritant les superordinateurs, situées au-dessus des gradins. Il devina que l’officier insérait la clé de tir dans une console de commande, et qu’il appuierait bientôt sur le bouton de mise à feu.
Et en effet, c’est ce que l’officier fit. Lors de la mise à feu, l’onde de choc et le souffle du tir ébranlèrent les murs et les plafonds du bunker. Un peu de poussière se détacha d’ailleurs du plafond.
« - Mise a feu réussi. Fermeture des silos. Ouverture des systèmes de ventilation pour dissipation des vapeurs toxiques. Regagnez vos postes habituels. » crachota finalement le haut-parleur.
Les obus filaient a présent sur New Delhi et ne tarderaient pas a s'y écraser.