République Fédérale d'Australie
- Journeaux The Herald Sun et The Age, "Fouilles, page trois
Télévisions, radios, presse écrite de l'autre côté du globe : l'histoire passionne les Australiens. À Fromelles, dans un champ adossé à ce que les Allemands avaient baptisé le bois du Faisan, une équipe de chercheurs internationale devrait mettre au jour une tombe commune de quatre cents combattants australiens et britanniques tombés lors de la bataille des 19 et 20 juillet 1916.
« Nous avons tellement eu de soldats de chez nous qui sont morts ici ! C'est une histoire dont on parle beaucoup en Australie.
» Photographe pour The Sydney Morning Herald et The Age, journaux de Melbourne, Penny Bradfield a pris place, hier matin, aux côtés de ses confrères des télévisions australiennes. Tous les objectifs sont pointés vers une pelleteuse qui, peu après 9 h, a commencé à creuser la terre. Avec une infinie précaution.
Nous sommes à l'orée de ce que les Allemands appelaient le bois du Faisan, trois cents mètres en contrebas de l'église. Mais surtout pas loin des tranchées où s'est déroulée, entre le 19 et le 20 juillet, la bataille de Fromelles (près de 8 500 morts, blessés, disparus ou prisonniers en 24 heures selon l'Association pour le souvenir de la bataille de Fromelles). Certains soldats du Commonwealth tombèrent dans les lignes allemandes et furent enterrés par l'ennemi.
C'est ce lieu de sépulture sommaire que l'équipe d'archéologues de l'université de Glasgow (GUARD) mandatée par le gouvernement australien doit mettre au jour. Des recherches menées au début des années 2000 par l'association de Melbourne, Friends of the 15th Brigade, ont permis de localiser le lieu. S'en sont suivies les premières recherches en surface, discrètes, en juillet 2007, mettant notamment au jour des objets ayant appartenu à des soldats australiens (lire ci-contre).
Cette fois, la parcelle d'une centaine de mètres de long sur trente de large, fermée par une clôture de toile de jute, va être fouillée en profondeur. « Nous avons pris le temps avant de débuter l'opération, souligne le général Mike O'Brien, représentant de l'armée de terre australienne, mais nous nous devions de bien faire les choses. » Le chef de l'équipe d'archéologues l'affirme : « Si d'ici trois semaines nous n'avons rien trouvé, c'est vraiment qu'il n'y a rien. Nous ne voulons pas laisser de doutes dans les familles. » Les médias australiens qui campent sur le site, eux, espèrent une issue favorable à ce travail. Si les quatre cents corps sont découverts, il restera à décider où et comment ils pourront reposer dans un lieu digne du sacrifice des soldats.
