République d’Irak, Bagdad, Conseil de Commandement de la Révolution
Tous les membres du C.C.R étaient réunis aujourd’hui. Les tables étaient toutes occupées, et il n’y avait aucun siège vide. Les discussions allaient bon train. Certains s’interrogeaient sur les motifs d’une telle réunion. D’autres étaient fiers d’avoir été convoqués dans ce conseil, qui n’avait plus eu lieu depuis la guerre contre l’Arabie Saoudite. D’autres encore discutaient de leurs nouvelles voitures et ou de leurs femmes.
Puis, le colonel al-Rasheed fit son apparition, vêtu de son impeccable uniforme de la garde républicaine, et accompagné d’un vénérable officier de l’armée. A l’entrée des deux hommes, ce fût une ovation. Les généraux se levèrent et applaudirent ou se mirent au garde-à-vous.
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Satisfait, al-Rasheed salua l’assemblée, puis le Fedayeen tira le siège du Raïs par intérim, et le colonel al-Rasheed s’installa confortablement à la place de Saddam. Le bougre ne s’emmerdait pas. Puis, une fois l’agitation passée, les membres du conseil se re-installèrent à leurs sièges. Devant chaque un des membres du conseil, se trouvait, sur la table, un micro, une bouteille d’eau, un boîte de mouchoirs et un verre. En plus de cela, certains membres avaient apportés leurs stylos et leurs carnets pour prendre des notes.
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La réunion pouvait commencer. Le colonel al-Rasheed s’approcha de son micro, et aligna ses notes devant lui, sur la table.
« - Mesdames et messieurs, bonjour. J’ai décidé de convoquer le Conseil de Commandement Baa’siste de la Révolution, car la situation est critique. Le Moyen-Orient est en crise. Les Syriens et les Algériens nous ont insultés en nous bannissant du projet « Jericho ». Il est inadmissible pour notre grande république, d’être ainsi exclu comme un vaurien. En conséquences, et pour sauvegarder la souveraineté nationale, j’ai décidé de voter les crédits de guerre à l’encontre de la Syrie. »
Un murmure choqué parcourut la salle. Un silence de plomb s’ensuivit. Chaque un des membres se lançaient des regards parfois gênés, parfois horrifiés. D’autres encore restaient parfaitement stoïques, comme c’était le cas de Mohamed Al-Sahaf, le Ministre de l’Information. Bras croisés, Sultan ne paraissait pas non plus troublé. Ali le Chimique esquissait même un sourire, oscillant entre l’amusement et l’ironie
« - En clair, allons droit au but, les votes se feront à main levé. Je pense que vous comprendrez aisément que nous n’avons pas le temps de négocier, puisque l’ordre vient de très haut, si vous voyiez ce que je veux dire. »
Des rires s’élevèrent dans la salle.
« - Bien, je vois que nous nous sommes compris. » fit le colonel al-Rasheed en souriant à l’assemblée.
« - La décision vous revient de droit a présent. Que ceux qui sont pour l’entrée en guerre de la République d’Irak, lèvent la main. »
Toutes les mains se levèrent, a l’exception de celle d’al-Azziz, qui était un fervent supporter de la solution pacifique.
« - Bien. Que ceux qui sont contre l’entrée en guerre de la République d’Irak, lèvent la main. »
Le colonel al-Azziz leva la main. La encore, c’était grotesque et quelques membres du conseil furent secoués de rires.
« - Bien. Par les pouvoirs qui me sont conférés, et avec la majorité du Conseil de Commandement Baa’siste de la Révolution, je déclare donc l’entrée en guerre de la République d’Irak contre la République Arabe Syrienne. Cette décision est irrévocable. Messieurs, la séance est close. »