Belfast, Irlande du Nord ( Ulster )
La pluie tombait dru sur le tarmac de l'aéroport. Deux hommes en complet avançaient abrités sous un parapluie vers un Gulfstream. Il s'agissait de Brian O'connor et de Douglas O'reilly, son fidèle lieutenant. Ils embarquèrent rapidement dans le jet privé où deux pilotes les attendaient. A l'intérieur, les aménagements étaient d'un grand luxe. La sono diffusait en sourdine un concerto de Vivaldi http://fr.youtube.com/watch?v=pe-MIDDfckw
O'connor se laissa choir dans un énorme siège près d'un hublot. Il refusa poliment une coupe de champagne millésimé présentée par la seule femme à bord, une somptueuse hotêsse, et posa un ordinateur sur une tablette en bois rare. Tapotant d'une main experte sur le clavier, il commença une conversation avec un haut responsable de l'entreprise Heckler & Koch, à qui il faisait part de son souhait de posséder un pistolet unique orné de pierres précieuses. Pendant ce temps, Douglas, un téléphone à l'oreille, s'assurait des mesures de sécurité prises pour des meetings que s'apprêtait à tenir O'connor aux États-Unis.
Depuis toujours, Brian considérait comme particulièrement important le ralliement de toute la diaspora à sa cause. Il avait donc convenu de parcourir certaines villes américaines comptant un nombre élevé d'habitants d'ascendance irlandaise. Il leur réciterait des discours qui les enthousiasmeraient à aider leur frères opprimés d'Irlande, en soutenant le parti Sinn Féin...
Dehors, le hurlement strident des réacteurs monta en intensité. Au même moment Douglas s'approcha soudainement de Brian. Il était blême " Monsieur, fit-il l'air grave, Dublin a été attaquée. Des attentats à la voiture piégée revendiquées par l'UFF... 15 civils morts, pour le moment..."
O'connor resta figé, muet de stupéfaction, même si au fond de lui, il n'était qu'à demi-surpris. Au vu de la coquette somme qu'il avait versé à ces paramilitaires protestants pour qu'ils s'occupent de son rival Martin McGuiness (ancien chef de son parti ), il était à prévoir que l'UFF puisse organiser des actions de grande ampleur, notamment en Irlande du Sud. Mais la rapidité avec laquelle ce groupe de loyalistes avait perpétré ces attaques laissa O'connor pantois. Il réfléchit quelques instants, puis ordonna : " Contactez nos cousins américains, annoncez-leurs que notre visite est annulé. Dites leurs que nous le regrettons vraiment... mais la situation l'oblige. Avant toute chose, informez nos pilotes que notre destination a changée, désormais notre objectif est Dublin."