Bonjour Bonsoir tout le monde.
Nous venons d´assister à l´élection la plus importante de notre pays, l´élection présidentielle. Et on a tous pu en tirer plein de leçon pour les scrutins futurs.
Une de celles que j´ai retenu, c´est que l´élection se joue bien avant la période relativement courte de campagne, même avant la pré-campagne.
On a tous vu par exemple que notre président pour les 5 prochaines années, par ses apparitions incessantes à la télévision, est entré en campagne bien avant l´heure. (Il n´est pas le seul, c´est pour l´exemple
)
Or le fait d´anticiper sa campagne permet de séduire puis de consolider les opinions des gens, de construire une chappe de béton mental qui rend plus difficile le changement d´avis une fois confronté à d´autres opinions.
Dans ce cas là, il suffirait à tout le monde de rentrer en campagne anticipée pour contrebalancer cet effet.
Seulement le hic, c´est que lorsque nous ne sommes pas en période d´élection, une loin très injuste, celle des trois tiers, divise les temps de parole en trois pour les sujets d´actualité qui ne concernent pas l´élection en elle même (c´est à dire tout de même tous les sujets qu´on abordera dans l´élection).
Ainsi, un tiers du temps de parole est attribué au gouvernement, un autre tiers est attribué à la majorité pour un dernier tiers attribué à ce qui reste de l´opposition.
Vous l´aurez compris, gouvernement et majorité étant toujours de la même couleur politique, les deux tiers de l´information lors de la précampagne sont au service d´un seul et même parti. L´opposition se doit de ramasser les miettes dans toute sa diversité (même si le PS en tant qu´opposition traditionnelle en monopolise la majeure partie).
La situation est fortement déséquilibrée par cette loi. Et dans une présidentielle, pour peu que lors de la précampagne, un homme du gouvernement se fasse élire à la tête DU parti de la majorité, et ça donne un homme qui peut mobiliser deux tranches sur trois du temps de parole médiatique pour réagir sur strictement tous les sujets d´actualité et s´imposer automatiquement comme l´homme providentiel de l´élection qui va suivre.
Au delà de la polémique sur Sarkozy (car avec un gouvernement de socialistes dominant une majorité socialiste, le problème serait le même), n´est-il pas temps de réformer la loi à ce sujet?
la democratie est une science imparfaite .. faut s´y faire .
Il suffirait de diviserles temps de parole en trois également, majorité dont gouvernement pour un tiers, toute l´opposition pour deux tiers.
C´est bizarre que ça soulève pas la moindre polémique... Pourtant vu le nombre de gens de l´opposition ça devrait faire réagir.
Ben on va dire l´élection est passer et tu cherche une polémique a chaque fois ? Sarkozy président faut se remettre de sa défaite.
Alex, je ne cherche pas la polémique, je le dis clairement dans ma dernière phrase.
Soit tu lis attentivement mon post soit tu te tais.
Bien entendu que la loi est hypocrite , et l´est encore plus avec les petits candidat.
Car , contrairement a Sarkozy , on ne parle de Schivardi QUE 15 jours avant le premier tour.
meme pendant la campagne le temps de parole a était innégalement réparti ![]()
Autant pour moi j´avais pas lu la dernière phrase ^^
Gypaete_barbu, je serais même pour pousser la logique un peu plus loin, au niveau des financements des camapgnes. Il serait normal, puisque nous sommes dans une République démocratique ayant pour devise "Liberté, Egalité, Fraternaité", que chaque candidat ayant obtenu ses 500 signatures (si l´on admet que c´est le système de désignation qui reste en vigueur bien entendu) ait strictement LE MEME BUDGET alloué pour faire sa campagne. Dans ce cadre-là, aucun "sponsoring" extérieur ne serait toléré. Cela irait dans le même sens que la fameuse - et non moins illusoire - égalité du temps de parole.
Ainsi, un chiffre serait déterminé au départ, le même pour tous, et chaque parti représenté, chaque candidat, devrait faire avec, toute fraude entraînant automatiquement son exclu de la course à la présidence.
Enfin, c´est bien sûr une utopie puisque cela signifierait la contestation de l´hégémonie du système bipolaire en France, c´est-à-dire UMP et PS s´affrontant pour le pouvoir.
([...] son "exclusion" [...]", pardon)
"on ne parle de Schivardi QUE 15 jours avant le premier tour."
en meme temps des discours de shivardi a longueur d´année ça interesse qui?
oui , mais 15 jours avant l´élection il doit se faire connaitre
Alors qu´on a parlé pendant des heures et des heures de Sarkozy. Schivardi commence avec un handicap certain ( irrattrapable ne pratique )
Une égalité entre les candidats nécessiterait
1 )autant de temps de paroles pour chacun
2) le meme budget pour chacun comme l´a dit Spawn
Dans ce cas , effectivement, les conditions seraient équitable.
En pratique , elle ne le sont pas , mais la loi a l´hypocrisie de l´affirmer." égalité du temps de parole"
Donc soit on dit "égalité du temps de parole " et on s´assure que cela soit une réalité
ou alors , on dit clairement qu´il n´y a pas d´égalité entre les candidats.
Mais dire qu´il y a égalité des candidats quand on sait pertinemment que ce n´est pas le cas( et comme l´ a dit Spawn , ce n´est même pas un objetcif a atteindre) , je trouve cela hypocrite .
topic interessant. ![]()
On peut aussi faire la remarque du financement des campagnes effectivement.
Une élection ne doit pas obéir aux règles du marché. L´idée la plus appréciée ne doit prendre le dessus qu´en actes, pas en paroles, pas dans sa diffusion. Elle doit être appliquée mais ça ne veut pas dire qu´elle doit être mise en avant par rapport aux autres.
Sinon les gens font-ils vraiment un choix RAISONNABLE? Ne font ils pas un vote qu´ils appellent eux-même "vote par défaut"?
Si la population choisit une idée à un certain moment, il faut qu´elle ait le loisir de la changer en connaissance de cause plus tard.
Le problème de la démocratie, c´est qu´elle présuppose que le choix des gens est raisonnable. Or pour que les habitants d´un Etat fassent un choix raisonnable sur l´avenir de celui-ci, il faut diversifier leurs points de vue, qu´ils les étendent au maximum pour se faire une idée claire de la situation et de la voie qu´ils veulent explorer.
Par conséquent, les idées doivent toujours circuler de façon égale entre les citoyens.
Ca signifie donc que les moyens de communiquer doivent être répartis également entre les partis.
Et cette répartition elle doit se faire non seulement sur la quantité: le temps de parole, mais aussi sur la qualité du message, l´optimisation de la forme, autrement dit, la qualité de la propagande.
Quand les grands partis peuvent se payer des leaders d´opinion, des meetings prévus pour des dizaines de milliers de personnes, peuvent se permettre d´organiser de vastes opérations coordonnées avec leurs militants, les petits partis (parfois même de petits candidats sans parti), eux, n´ont que le strict minimum.
Quand Sarkozy peut engager de grands professionnels à la Leni Rifenstahl (héhé, non j´amalgame pas Sarkozy à Hitler
, c´est juste pour l´exemple) pour filmer ses meetings, pour ainsi fournir de magnifiques images à toutes les télés de France, que peut donc se permettre de faire un De Villiers, une arlette ou un Schivardi?
Je pense d´ailleurs que le problème n´est pas dans le budget des petits candidats mais dans celui des grands.
En effet, quand on peut investir de l´argent au service d´une campagne politique, dans quoi investit-on majoritairement? Le fond ou la forme?
Sur le fond, tout le monde est à égalité, tout le monde a un programme selon ses sensibilités, tout le monde a une idéologie directrice. Un investissement sur le contenu est donc assez stérile, ne bouleverse pas grand chose, ne change pas la donne. On peut bien acheter des idées originales à des think tanks (par exemple), mais quand il ne s´agit pas d´idées gadget/marketing, le pouvoir de persuasion est faible comparé à ce qu´offre la forme.
La forme, par la propagande, met l´idée en valeur mais parfois au détriment de celle-ci. Plus on la valorise par rapport à l´idée même, plus les idéologies se confondent aux yeux des gens, moins leur choix est raisonnable.
Et ça aboutit à un accroissement de l´importance que prend la forme dans leur choix.
On a donc un cercle vicieux, puisque plus on valorise la forme, plus on en est dépendant, la part de l´idée dans le choix du citoyen se rapetissant de manière inversement proportionnelle à l´expansion de l´importance de la forme.
Le politique qui a de l´argent à mettre dans sa campagne va donc investir dans la forme et se démarquer de ceux qui n´ont que la peau sur les os de l´idéal leur servant de squelette.
Cela signifie aujourd´hui qu´un succès politique peut quasiment s´acheter (pour peu que l´idéal ne soit pas indéfendable), et que si on ne fait pas quelque chose rapidement, cela va empirer.
Je pense que la meilleure des choses à faire serait de fixer un budget annuel constant, bas et égal pour TOUS les partis déclarés, ce qui rétablirait une certaine égalité, recentrerait le débat sur les idées (et par conséquent redonnerait un sens à la démocratie par un choix plus raisonnable venant des citoyens) en ne laissant aux partis de la marge que sur le fond, parce qu´une idée ne coûte rien.
Je pense aussi qu´il ne faut pas distinguer période de campagne et période hors campagne, parce que comme je l´ai expliqué dans mon premier post, j´ai bien l´impression que la séduction d´électeurs n´a aucun moyen d´être contenue dans un cadre temporel strict, comme on l´a vu avec la précampagne de Sarkozy (je tape que sur lui mais vous pourrez très certainement trouver des exemples ailleur). On doit réguler les temps de parole et les budgets de campagnes d´une manière constante dans le temps. Un politique ne s´exprime jamais sans penser à la prochaine élection, il ne faut jamais l´oublier.
Désolé du post Gijesque... Je me suis emporté.
Bon, beaucoup trop long, ça m´apprendra.
Rah ça m´énerve, c´est un sujet important qui change et sur lequel on peut discuter calmement. C´est dommage de le faire couler.
le pb c´est que aucune loi ne peut empecher les télé de faire ce qu´elles veulent. TF1 a commencé sa campagne pour nicolas très tot, et ca n´a pas compté dans le temps de parole de notre cher président ![]()
Si le CSA était dirigé par d´autres personnes, je te garantis qu´il pourrait aller jusqu´à couler une chaîne pour le respect de l´équité de la parole.
oui, mais le CSA est à droite...dommage