Lepoint.fr : Au terme de votre enquête, qu’avez-vous découvert sur les coulisses de la campagne de Ségolène Royal ?
Raphaëlle Bacqué : J’ai été frappée par le degré extraordinaire de désorganisation du dispositif de Ségolène Royal. Au « 282 », son QG, régnait une parfaite anarchie : personne n’était au courant de ce que faisait la candidate, ni du reste son voisin de bureau ; parmi les membres de son staff, personne n’avait l’expérience d’une campagne présidentielle, à part celle, lointaine, de Jean-Louis Bianco. QUANT AUX JEUNES DE LA SEGOSPHERE, ILS FAISAIENT PREUVE D´UNE ABSENCE COMPLETEZ DE CULTURE POLITIQUE. Dans ces conditions, ne pas avoir su ou voulu de réconciliation avec un état-major socialiste expérimenté et aguerri apparaît comme une erreur incompréhensible.
Vue de près, l’impréparation de la candidate et de sa campagne étaient saisissantes, surtout par contraste avec les dix années de préparation méthodique de Nicolas Sarkozy.
