Non, Sarkozy n´est pas un libéral !
Parce que son modèle économique est en contradiction avec le libéralisme européen, il faut s´attendre à des conflits entre la France et l´Union européenne, estime un éditorialiste du Financial Times.
Que signifie l´élection de Nicolas Sarkozy pour la France, l´Union européenne et le monde ? Aurons-nous une France européenne, une Europe française ou une France contre l´Europe ? Les trois cas de figure sont possibles. Seul le premier serait souhaitable. L´issue dépendra de la véritable identité de M. Sarkozy. Se révélera-t-il un adepte du libéralisme économique ou de l´interventionnisme populiste ? Probablement un mélange des deux. Si c´est le cas, nous risquons fort de voir se réaliser la dernière possibilité : une France contre l´Europe.
Les Français sont d´accord sur peu de choses. Mais il y en a une sur laquelle ils approchent du consensus national : l´économie de marché et le libre-échange font partie d´un complot diabolique des Anglo-Saxons. D´instinct et par opportunisme politique, M. Sarkozy va vers le mercantilisme colbertien. La politique de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV entre 1647 et 1669, reposait sur trois piliers : l´élimination des barrières commerciales intérieures, la protection contre la concurrence étrangère et la promotion de l´industrie nationale. Si à ce mercantilisme colbertien on ajoute la soif de pouvoir dans un pays où les traditions populiste et bonapartiste sont étroitement mêlées, on obtient un Nicolas Sarkozy.
La France a besoin de réformes internes. C´est encore un pays riche, avec d´excellents services publics et un mode de vie enviable. Mais, depuis le début des années 1990, son PIB par habitant est en recul par rapport à celui de la Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, tout comme sa productivité horaire, même si cette dernière reste très élevée. Et son taux de chômage est aujourd´hui supérieur à celui de tous les autres grands pays d´Europe occidentale.
Les arguments en faveur de la libéralisation, en matière notamment de marché du travail et de politique fiscale, et en faveur de la réforme, en particulier celle du secteur public, sont écrasants. Mais, en s´engageant dans cette voie, M. Sarkozy va provoquer des groupes d´intérêt bien organisés, avant tout ceux qui ont des emplois sûrs et ceux qui espèrent en décrocher. En France, la rue a souvent eu raison de l´Etat tout-puissant. L´histoire pourrait bien se répéter.
Lorsqu´un gouvernement subit une pression interne, il cherche un ennemi extérieur pour rassembler le pays. La France a le choix des candidats à ce rôle : il y a la Commission européenne, la Banque centrale européenne, les Anglo-Saxons fanatiques de l´économie de marché, les Asiatiques adeptes du "dumping social" et les étrangers désespérés qui veulent immigrer. M. Sarkozy les a déjà tous auditionnés pendant sa campagne pour jouer ce rôle.
L´intégration économique européenne, pour d´excellentes raisons, se fonde sur l´égalité des chances pour tous, et l´union monétaire sur l´indépendance de la Banque centrale et un contrôle strict de l´inflation. L´Union européenne est également liée par des accords internationaux qui garantissent aux producteurs étrangers un libre accès au marché européen et un traitement national pour ses propres producteurs.
Alors, comment la France "relancée" de M. Sarkozy va-t-elle s´insérer dans ce tableau ? Une possibilité - la plus souhaitable - serait qu´elle devienne ce que j´ai appelé une France européenne. Elle devrait reconnaître, en résumé, que "l´exception française" n´est pas compatible avec les principes d´égalité entre les membres de l´Union européenne.
Mais ce que M. Sarkozy a dit pendant sa campagne laisse fortement penser qu´il n´accepte pas cette idée, et même qu´il ne la comprend pas. Il veut plutôt une Europe française, une Europe où son approche dirigiste s´appliquerait au niveau continental, c´est-à-dire une Banque centrale européenne sous contrôle politique, une politique industrielle européenne et une préférence européenne, sous-entendu une protection accrue contre ces éléments pernicieux que sont les étrangers.
Pourtant, ce rêve d´une Europe française est impossible à réaliser, et peut-être plus encore aujourd´hui que par le passé. Si M. Sarkozy refuse d´avoir une France européenne et ne peut pas obtenir une Europe française, ce qui nous attend est donc un conflit entre la France et l´Europe.
Bien entendu, cette issue peut être évitée. Sous le gouvernement de M. Sarkozy, l´économie française pourrait retrouver son élan, la France pourrait regagner sa confiance en elle, et les Français pourraient même accepter la mondialisation économique. Le pays pourrait alors se réconcilier avec une Union européenne axée sur l´économie. Il faut croire aux miracles.
Mais il y a peu de chances que cela se termine aussi bien. Dans le passé, M. Sarkozy a déjà fâché beaucoup de partenaires de son pays. Il est très facile de l´imaginer faire du conflit son futur mode de vie. Si c´est le cas, les relations entre la France et le reste de l´Europe dans les années à venir risquent d´être agitées, et peut-être même pires que cela.
Martin Wolf
Financial Times
Issu du Courrier International
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=73704
Le Financial Times ou l´art de dégonfler les idées de libéralisme chez l´UMP. Nicolas Sarkozy, je l´avais dit, ne fait que reprendre la politique traditionnelle de la droite, franco-française ou ethnocentriste vous choisirez le terme que vous préférez, la mâtinant d´un zeste de nationalisme de mauvaise foi, qualifié de bonapartisme par le journal.
Et l´on peut se laisser surprendre par l´avis d´un journaliste pourtant sensé faire partie d´une rédaction plus que favorable au projet sarkozyste...
Assez révélateur à mon sens de la fausseté des accusations contre Sarkozy lorsqu´il est qualifié d´ultra libéral.
Ceci étant le journaliste ne fonde son article que sur la (supposée) politique extérieure du prochain Président de la République pour dire qu´il n´est pas libéral. Sa politique n´est pas à 100% libérale mais de là à prendre de tels raccourcis, il faut quand même cesser de caricaturer, que ce soit dans ce sens ou dans l´autre.
Quand on voit que les anglais refusent d´adherer à l´Euro : je crois qu´ils peuvent la fermer en matiere d´europê ils sont le bonnet d´âne : le boulet que l´europe traine depuis longtemps.
Quand aux USA qu´ils s´occupent d´abord de respecter le traité de KIoto, les droits de l´homme en Irak et d´une facon generale de virer GW Bush
le fait que Sarkozy s´entendent parfaitement bien avec Bush et Blair me laisse penser que soit ce journaliste est de parfaite mauvaise foi soit il connait mal Sarkozy.
Dans tous les cas moi j´aimerais que ce qu´il décrit se réalise car le libéralisme n´a jamais fait partie de l´identité nationale française si chère à Sarkozy et n´en fera jamais partie. beaucoup de français sont d´accord sur ce point et sont prêts à descendre dans la rue pour le faire savoir.
p012345685, encore faudrait il que Bush et Blair soient libéraux
Or ce n´est pas le cas.
liberal, t´as le sens de la nuance.
Ils sont pas libéraux, y a pas à tortiller.
C´est clair, surtout les States, leur conception du libéralisme est nationale, ce qui est à peine contradictoire. L´Angleterre un peu plus, mais je crois qu´ils viennent justement de durcir l´entrée de ressortissants de pays hors UE.
USA: forts droits de douanes, dépense budgétaire en armement énorme (déficit record sous Reagan, puis maintenant sous Bush, je crois 500 milliars. Le déficit de l´Etat, c´est plutot un truc keynésien ça), quelques cas de subventions aux agriculteurs.
bah si les USA sont pas libéraux quel pays l´est
aucun ![]()
Irlande, Nouvelle-Zelande.
les USA sont un pays libéralo-conservateur (Reagan: baisse des impôts uniquement pour les riches: si l´impôt c´est du vol, cela en est autant pour les riches que pour les pauvres) sur le plan de leur marché interne.
Vous avez oublié le Patriot Act qui a mis un sérieux coup dans la gueule des libertés individuelles...
en plus...
usa = libéral fascisme, ce que sarko veut en France
http://www.syti.net/LiberalFascisme.html
oui donc ce n´est pas effectivement du libéral pur et dur ceci étant au niveau économique c´est quand même très libéral
Non même pas. Enfin sur la marché interne dans une certaine mesure comme le disait anti chauves. Sinon, le terme "liberal-fascisme" porte à rire de sa nature même, puisque le fascisme est anti-libéral et anti-individualiste. Enfin, ce que j´en dis...
le gars de syti.net, qui met bayrou moins liberal que fabius car il vote pour lui...
Ce type et ses analyses ne m´inspire quedal.
Les analyses sont en effet poussées un peu loin sur ce site o_O
Sinon, que dire? Les USA ne méritent même pas le sobriquet de libéral-fascistes. En effet, il ne le sont pas, libéraux, si ce n´est sur le marché interne, mais dans ce cas-là, on pourrait penser que tous les pays à bureaucratie réduite sont libéraux... Fascistes non plus, on en est loin heureusement d´ailleurs.
Arf, le "liberal facisme" porte effectivement à rire.
p012345685 -> le libéralisme impliquant un minimum d´intervention de l´état, la politique de sarko (y compris l´économie intérieure) ne peut pas correspondre, lui qui veut un état fort et autoritaire.
Ah la la, qu´est ce que deviendrait l´extrème gauche si le grand méchant libéralisme n´était pas là. Quand ils comprendront que les fronts anti-quelque chose ne fonctionnent pas (anti-sarko, anti-liberal...), ils proposeront peut être quelque chose d´interessant.