Néron est un incident de l´histoire.
Il n´aurait jamais du obtenir le pouvoir pour deux raisons. La première, c´est qu´il ne fait pas partie de la famille impériale proprement dite. Il fait rupture avec l´hérédité génétique. Et la deuxième, c´est qu´il aurait mieux valu pour Rome qu´il n´obtînt jamais le pouvoirs.
Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, l´histoire n´a jamais vu se succéder à l´identique deux événements. Pourtant, la France, mère des arts, des armes et des lois, se dispose à acceuillir en son sein un nouveau Néron. Mieux, elle le désire. Néron est à son image. Il est jeune, fougueux, impétueux, et même emporté. Son caractère répond à l´exigence de la France d´être changée. Elle a peur, et il se déplace entouré de licteurs. Même si tout le monde le hait, il est fascinant. Mais qui voudrait rationellement d´un nouvel "imperator" ? Sans doute personne. Ceux qui veulent Néron pour ce qu´il est sont des fous, ou des illuminés. Par contre, d´autres, plus lucides, le veulent pour qu´il amorce inconsciemment une "rupture", pour que par ses actes manqués, il brûle une nouvelle fois Rome. C´est à ceux là, même s´il n´y en a que peu, que j´espère répondre.
Certes, il n´est pas criminel. Ses mains ne sont pas maculées -au double sens propre et figuré d´une "macula" : à la fois souillure personelle, et malédiction intergénérationelle- et sa personne n´est pas "Sacrée". Il ne sera pas emmuré pour avoir mis le feu. Ce n´est pas lui qui l´a allumé. C´est lui qui l´a ordonné pour se représenter ce qu´était l´incendie de Troie. D´abord, le personnage n´est pas assez artiste pour jouir du spectacle. Sans doute qu´il est "mélancolique", mais ça n´a rien d´une spécificité aujourd´hui, ni d´une qualité. Ensuite, jamais il n´y aura de rupture sous son règne. Le pouvoir décomplexé qu´il compte incarner n´est sommes toute rien qu´un moyen. Ni le Néron ancien, ni le Néron moderne ne se font une haute idée de ce que c´est que gouverner. Par contre tous deux trépignent d´impatience de pouvoir exercer. Ils trépignent parce qu´en eux, ce qui ce pointe, c´est l´immédiateté du sentiment (1). Certes, tout celà ne compte pas du point de vue de la rupture. Ce qui vous pousse à plébiciter Néron, c´est votre désir d´immédiateté, comme lui. C´est le désir que les choses changent, qu´elles ne restent pas les mêmes. C´est en quelque sorte la volonté de créer, même par le désordre. Pourtant le chaos ne crée rien. Il suffit de prendre l´exemple du grand incendie. Qu´a-t´il changé ? Rien. Son règne sera de la même facture. Les ruptures de surface engendrent des changements de surface qui ne survivront pas à l´Empeureur. Néron a bouleversé les conventions, en se produisant comme acteur. Notre Néron ne fera que malmener des conventions qui seront pourtant immuables après lui. Ca c´est pour le meilleur des cas. Au pire du pire, nous sombrerons dans la faillite. C´est à dire l´épuisement du système sans que rien ne change : la banqueroute. Néron a réeussi dans le passé, et réeussira pour nous, à vider les caisses de l´empire dans les premières années de son règne, ce qui, à terme, a entrainé la ruine pécunière de l´empire (2) et le chaos Franc final. Qu´est-ce à dire ? Le désordre n´est pas créateur. Du moins pas ce désordre là. Néron finira bassement pour l´esthète qu´il est. Il se suicidera une fois qu´il comprendra la vacuité de son règne. Voilà qui me semble illustrer l´aporie politique qui nous attend.
Quant aux autres, aux inconscients votant consciemment pour Néron. Il faut leur dire qu´ils votent pour le malheur de la patrie, et pour leur propre malheur à eux. Mais c´est l´atmosphère frénétique actuelle qui les prend. Ils sont comme les "enfants coalisés", tuant le père dans une ivresse macabre, et regrettant leur geste ensuite, et finissent par instaurer le totem : le premier interdit socio-culturel. Vous êtes pareils à eux, des frustrés, et au final des faibles (la phrase de De Gaulle trouve sa vérité aussi bien dans les Français de la libération, qu´aux actuels.). Mais on ne peut pas vous en vouloir, après tout, cette attitude est bassement humaine, mais porte en elle même sa contradiction. La droite dé-complexé s´est construite par rapport aux "complexes", aux "complications" morales, économiques, et politiques. Elle n´est pas un mouvement "positif", mais un mouvement "négatif". Elle ne tient que par la conjoncture (il en fut de même de la prétendue "coalition reaganienne" qui ne pouvait pas tenir ensemble structurellement les catholiques intégristes, les conservateurs, les libéraux, et les classes moyennes.) et la gueule de bois sera assez drole lorsque le peuple se réveillera.
Sommes toutes, ce qu´il nous manque, c´est un homme qui réeunisse l´intégrité morale d´un Caton, l´amour de la liberté d´un Brutus, et l´intelligence d´un Cicéron.
Ca tombe bien, Néron aimait à se délecter des spectacles à l´arêne. Au programme aujourd´hui, ce sont des chrétiens. Des Démocrates-Chrétiens. Et l´on peut espérer que leur chef de file -le seul à avoir une réelle finesse d´analyse, un attachement à la République certain, et peut-être une opposition à la politique actuelle qui n´est pas qu´opportuniste- devienne le Tyranicide. Tout le monde sait que l´action de Brutus a avorté face aux forces conjuguées de Marc-Aurèle, d´Octave, et de Lépide. Mais tout le monde se figure aussi que c´était le dernier acte de grandeur d´une République sombrante. C´est à ce parti que devraient se rallier, par amour du Beau, et du Grand, les esthètes que j´ai décrit en premier. Il faut participer à cette nouvelle conjuration, quoique ses chances apparaîssent maîgre au départ, et que ses conséquences soient peu étendues (ingouvernabilité ?) .
(1) J´entendais Sarkozy faire une mauvaise blague, en répondant à la question "Comptez vous les jours jusqu´au second tour", et l´homme avait répondu "Il reste un mois et je n´ai pas assez de doigts".
(2) Le programme économique est ruineux, et pour reprendre le bon mot de C.Barbier "Ségolène, c´est un chèque en blanc. Sarkozy, c´est un chèque en bois". Il n´est même pas besoin d´entrer plus dans le détail, il suffit de lire soi même le programme...
Et ce qui vient rendre une telle attitude plus que nécessaire, aux tenants de la "gauche anti sarkozyste", c´est le rapprochement FN-UMP (Le Pen multipliant les signes : "Avec M. Sarkozy, on peut dialoguer", pas comme avec Chirac) qui peut préfigurer, selon "Ripostes", une alliance, de telle sorte que l´avenir des cadres du FN est assuré au sein de l´UMP, et qu´en définitive, on puisse se retrouver avec des ministres d´extrème droite, au sein d´un gouvernement de droite. De même, la proportionelle va dans se sens. Ca sent le baiser du mariage, ou, en seconde hypothèse, le baiser de la mort.
Très beau post, j´adore ![]()
Gijoe
Bon la comparaison Néron/Sarkozy est sans doute un peu poussée, à moins de comparer Chirac comme étant Sénèque ou Claude, mais le post est superbe.
gijoe080288 Posté le 15 avril 2007 à 19:08:11 Néron est un incident de l´histoire.
Il n´aurait jamais du obtenir le pouvoir pour deux raisons. La première, c´est qu´il ne fait pas partie de la famille impériale proprement dite. Il fait rupture avec l´hérédité génétique. Et la deuxième, c´est qu´il aurait mieux valu pour Rome qu´il n´obtînt jamais le pouvoirs.
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Deux grosses erreurs en un paragraphe:
- Adopté était une coutume chez les romains, le lien de sang est important, mais sans plus. De plus, il a un certain lien de sang, sa mère est la nièce de Claude.
- De deux, les historiens commencent à polémiquer sur la soi disant incapacité de l´empereur romain. Néron est un assassin, il a assassiné des opposants. Mais sous son règne, la philosophie(autrement dit la science) est tres libéré, et se dévellope librement. De plus, le peuple aimait Néron, c´est l´élite qui détestait Néron... Et comme c´est l´élite qui écrivait à l´époque...
Tout le monde sait que l´action de Brutus a avorté face aux forces conjuguées de Marc-Aurèle, d´Octave, et de Lépide.
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Marc-Aurèle ![]()
Post d´anthologie.
Pour Marc Aurèle, je crois que cela s´appele une coquille plus qu´autre chose. Ce n´est pas comme s´il avait confondu Marc Antoine et Trajan...
Pour Néron, il ne fait pas partie de la famille impériale avant le mariage de sa mère. Le lien du sang qui prévaut est celui avec le père. Et celui de Néron ne fait en rien partie de la maison impériale. Peu importe que sa mère fusse Agrippine et soit plus proche que Claude d´Auguste. Quant à l´adoption, il faut aussi relativiser cela, puisque Britannicus à la mort de son père est encore très jeune. Ceci explique sans doute que Claude, haï des sénateurs par le fait qu´il introduise des "étrangers" au Sénat et qu´il ait créé une lourde, mais relativement efficace, administration impériale, ait simplement voulu assurer ses arrières, tout comme Auguste avait tracé de multiples plans d´héritage au fur et à mesure des décès, avant de tout refiler au dernier de sa liste, Tibère.
Les historiens polémiquent depuis longtemps sur cette pseudo incapacité. Tout comme ils doutent de la véracité de sa responsabilité dans l´incendie de Rome. Oui, Néron a purgé ses alentours, tradition oblige. Oui Néron s´est rendu coupable d´un matricide. Oui, Néron a paru plus libéral. Oui le peuple a, comme Caligula (surtout parce que ce dernier succédait à l´austère et un rien misanthrope Tibère), aimé Néron. Mais Néron, comme il est dit ici, a surtout ruiné Rome. Des projets titanesques et couteux, comme la Maison Dorée ou encore les travaux à partir de 67 du canal de Corinthe. Ils ont grévé un budget déjà précaires. Or, ce qui en a pâti, ce sont les libéralités de l´empereur. Et parmi celles-ci, il y a la distribution de nourriture à la plèbe... Et surtout, ce ne sont pas que l´élite qui détestait Néron, ce sont aussi les auteurs chrétiens qui ont continué à noircir son portrait. D´ailleurs, je ne sais plus chez qui (Chastagnol peut-être...), j´avais lu un doute de sa part quant à la réalité des éxécutions de chrétiens par Néron, l´auteur incitant à penser que ce serait plutôt l´éphémère Galba.
fffanatic Posté le 15 avril 2007 à 19:37:59 Pour Marc Aurèle, je crois que cela s´appele une coquille plus qu´autre chose. Ce n´est pas comme s´il avait confondu Marc Antoine et Trajan...
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C´est quand même gros, alors quand on fait de la démagogie, on le fait bien...
Pour Néron, il ne fait pas partie de la famille impériale avant le mariage de sa mère. Le lien du sang qui prévaut est celui avec le père. Et celui de Néron ne fait en rien partie de la maison impériale. Peu importe que sa mère fusse Agrippine et soit plus proche que Claude d´Auguste. Quant à l´adoption, il faut aussi relativiser cela, puisque Britannicus à la mort de son père est encore très jeune. Ceci explique sans doute que Claude, haï des sénateurs par le fait qu´il introduise des "étrangers" au Sénat et qu´il ait créé une lourde, mais relativement efficace, administration impériale, ait simplement voulu assurer ses arrières, tout comme Auguste avait tracé de multiples plans d´héritage au fur et à mesure des décès, avant de tout refiler au dernier de sa liste, Tibère.
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Néron est héritier de Claude par adoption, pratique tout à fait courante chez les romains. Mais dans tous les cas, il est de la famille impérial, sa mère, épouse de Claude est aussi sa nièce. De plus, Britannicus est écarté au profit de Néron avant sa mort, celle-ci du à un empoissonement ordonné par Néron. Quand à Claude, s´était quelqu´un d´intélligent, qui pour se faire désigner empereur facilement, faisait exprêt de passer pour un débile, mais une fois au pouvoir il se révélait être intélligent, ce qui déplaisait aux sénateurs.
... Et surtout, ce ne sont pas que l´élite qui détestait Néron, ce sont aussi les auteurs chrétiens qui ont continué à noircir son portrait.
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Evidemment, Néron était tres grecs dans sa philosophie de vie. Il se disait être l´incarnation des Dieux sur Terre, et il devait être conseillé par les philosophes. Mais les chrétiens n´acceptaient pas ça bien entendu, d´où les massacres commis par Néron.
Le-Grand-Conde Posté le 15 avril 2007 à 19:46:12 fffanatic Posté le 15 avril 2007 à 19:37:59 Pour Marc Aurèle, je crois que cela s´appele une coquille plus qu´autre chose. Ce n´est pas comme s´il avait confondu Marc Antoine et Trajan...
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C´est quand même gros, alors quand on fait de la démagogie, on le fait bien...
Tu es le seul pour le moment à dire que cette coquille est énorme, et pour lire régulièrement les posts de Gijoe, je parierais sur la coquille.
Pour Néron, il ne fait pas partie de la famille impériale avant le mariage de sa mère. Le lien du sang qui prévaut est celui avec le père. Et celui de Néron ne fait en rien partie de la maison impériale. Peu importe que sa mère fusse Agrippine et soit plus proche que Claude d´Auguste. Quant à l´adoption, il faut aussi relativiser cela, puisque Britannicus à la mort de son père est encore très jeune. Ceci explique sans doute que Claude, haï des sénateurs par le fait qu´il introduise des "étrangers" au Sénat et qu´il ait créé une lourde, mais relativement efficace, administration impériale, ait simplement voulu assurer ses arrières, tout comme Auguste avait tracé de multiples plans d´héritage au fur et à mesure des décès, avant de tout refiler au dernier de sa liste, Tibère.
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Néron est héritier de Claude par adoption, pratique tout à fait courante chez les romains. Mais dans tous les cas, il est de la famille impérial, sa mère, épouse de Claude est aussi sa nièce. De plus, Britannicus est écarté au profit de Néron avant sa mort, celle-ci du à un empoissonement ordonné par Néron. Quand à Claude, s´était quelqu´un d´intélligent, qui pour se faire désigner empereur facilement, faisait exprêt de passer pour un débile, mais une fois au pouvoir il se révélait être intélligent, ce qui déplaisait aux sénateurs.
Ai-je remis en cause son adoption? Non, simplement, je rappelle que Néron, à la base, ne fait pas partie de la famille impériale, par les liens du sang, qui dans l´esprit romain, sont forcément paternels. Sa mère, à vrai dire, on peut s´en taper. Il ne vit pas dans la demeure impériale, alors que Livie et Auguste avaient par exemple récupérer les enfants d´Octavie quand elle fut répudiée par Marc Antoine, sans doute à cause de la stérilité du couple du Princeps. Là, Néron vivait ailleurs. Il ne fait donc pas à proprement parler de la famille impériale puisque son père n´en est pas un parent assez proche.
Pour Claude, il est en effet quelqu´un d´intelligent. Mais il ne se fait pas passer pour un benet, il a tout simplement souffert d´être bègue et d´être très mal considéré par sa famille. S´il monte sur le trône, c´est qu´il est le dernier parent vivant de Caligula à vivre dans la famille impériale. On notera d´ailleurs qu´Agrripine, pourtant mieux placée puisque descendante d´Auguste et soeur de Caligula, n´est même pas pensée comme une possible transmitrice du pouvoir jusqu´à son mariage avec Claude, ce qui invalide ton idée sur Néron.
En effet, j´ai eu une inconséquence sur Marc-Aurèle
et c´est parce que je ne me suis pas relu (on trouvera d´ailleurs quelques défauts formels en pus).
Concernant l´adoption, je suis tout à fait conscient que pour les romains, elle égale en tout point de vue une filiation génétique. Qu´adopter un romain, c´est en faire son fils, lui transmettre tout, et que la notion d´hérédité n´est pas aussi développé que chez nous. Mais je n´ai pas employé adoption dans le cadre hisorique, sinon je l´aurais signalé, comme je l´ai fait pour la "macula", et pour le "sacer" ^^
Quant à mon parallèle avec Néron, il est bien plus styllistique qu´historique. Ce qui prévient au second argument quant à sa folie, ou son incapacité à gouverner. Je ne me situe pas à ce niveau, et le portrait que j´en fais n´est pas celui d´un homme fou, mais celui, si vous allez au bout du semblant de raisonnement à ce sujet, d´un homme suprèmement intelligent (le contraire de Sarkozyd d´ailleurs).
Mais cela provient de ma source d´inspiration quant à son portrait.
J´ai choisi Néron pour trois raison, au delà du parallèle facile avec Sarkozy, que Bernadette avait déjà établi il y´a longtemps. La première, c´est bien entendu pour l´incendie de Rome, le bouleversement des us et coutumes, et la dilapidation du trésor (un exploit, la ligue conjuguée des empeureurs n´est pas arrivée à un tel résultat...). La seconde, c´est pour le bon mot "démocrate chrétien" que je prend de seconde main d´un article du Canard Enchaîné de mercredi. Et la troisième, cet article m´a fait repenser au portrait édifiant de Néron dans "Ou bien... Ou bien..." de Kierkegaard. Un portrait qui n´est ni psychologique, ni historique. C´est un portrait "existentialiste". Ce portrait avait fait une forte impression sur moi, et je ne saurais trop vous conseiller de la lire si vous en avez l´occasion, elle est au chapître "L´équilibre entre esthétiqe et ethique".
D´un point de vue historique, l´amour des tyrans s´explique facilement. Ils doivent plaire ou mourir. Et d´autre part, leur prestige est immenquablement lié à celui de l´Etat (on trouve cette explication d´Aristote jusqu´à Hobbes). D´où une politique de prestige. Les exemples ne manquent pas, et il suffit de regarder Pisistrate, et la véritable cour, qu´il a entretenu. Mais ce n´était pas l´objet de mon message ^^. D´autre part, certes le peuple n´a jamais pris part, dans l´antiquité, aux querelles de pouvoir, sauf pour soutenir un "imperator", ou par les réseaux de clientèles. Les athéniens ne se passionnaient nullement pour les coups d´Etat divers et variés. De même pour les Romains... Par contre, ceux qui abattent les tyrannies méritent d´être célébrés : Harmodios et Aristogiton eurent droit à une statue élevée à Athènes en l´honneur de leur martyre. Brutus n´y a pas eu droit, et l´on sait pourquoi. L´hommage, et même l´expression que j´emploie, est directement tirée de la phrase ultra connue de Diderot à propos de Rousseau : il est "le Caton et le Brutus de notre temps". C´est-à-dire le Censeur, et l´ennemi de la tyrannie.
Enfin, avant qu´on ne me le reproche, "La France, mère des arts, etc." n´a pas non plus de prétention historique. C´est une reprise de mémoire, et tronquée, d´un vers de Du Bellay dans les Regrets.
Comme je t´ai dis sur msn, puisque ce topic est une réponse à notre discussion.
C´est de la merde ce que t´as écrit, profonde, et dieu sait que je t´adore mon ange^^
Ai-je remis en cause son adoption? Non, simplement, je rappelle que Néron, à la base, ne fait pas partie de la famille impériale, par les liens du sang, qui dans l´esprit romain, sont forcément paternels. Sa mère, à vrai dire, on peut s´en taper. Il ne vit pas dans la demeure impériale, alors que Livie et Auguste avaient par exemple récupérer les enfants d´Octavie quand elle fut répudiée par Marc Antoine, sans doute à cause de la stérilité du couple du Princeps. Là, Néron vivait ailleurs. Il ne fait donc pas à proprement parler de la famille impériale puisque son père n´en est pas un parent assez proche.
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Mais puisqu´on te dit que Néron est de sang impérial, puisque sa mère est la nièce de l´empereur...
Quant à mon parallèle avec Néron, il est bien plus styllistique qu´historique.
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Je l´avais bien compris cher GiJoe, je te rassure. Moi aussi j´aime écrire se genre de métaphore historique(mais malheureusement si ça pouvait intéressé quelqu´un, pas sur jv.com), mais j´avais juste envie de corriger les quelques erreurs.:-))
Pour Claude, il est en effet quelqu´un d´intelligent. Mais il ne se fait pas passer pour un benet, il a tout simplement souffert d´être bègue et d´être très mal considéré par sa famille.
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Non, il avait déja un certain handicap, mais il s´est passer pour complêtement débile, afin d´être le favori du sénat.
On notera d´ailleurs qu´Agrripine, pourtant mieux placée puisque descendante d´Auguste et soeur de Caligula, n´est même pas pensée comme une possible transmitrice du pouvoir jusqu´à son mariage avec Claude, ce qui invalide ton idée sur Néron.
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Néron est en aucun cas un héritier directe, je n´ai jamais dit ça. Mais il est le petit-fils de Germanicus, frère de Claude. Donc il est bien de sang impérial.
Pour Néron, il est bien mieux placé que Claude pour l´accession au trône en théorie, puisque qu´Agrippine la Jeune est la fille de Germanicus, donc il est le neveu de Caligula, mort sans laisser d´enfant en vie. De même il présente un avantage sans équivoque pour l´accession au trône à la mort de Caligula: son âge.
En effet, si Claude passe pour un imbécile, ce qui reste sujet à caution puisque les auteurs sont quand même postérieurs et que le coup des pieds qui dépassent du rideau est quand même très foireux, Claude donc est un adulte plus qu´en âge de régner. Alors que Néron est un petit enfant. Qui serait le plus avantageux: un enfant en bas âge qui nécessitera des régents ou un adulte? Et cela que ce soit pour les prétoriens ou le Sénat.
Et puis, un nouveau rappel: la société romaine est PATRIARCALE. La mère n´a guère d´importance. Néron ne fait en aucun cas partie de la gens Iulia ou Claudia quand il nait, il fait partie de la gens Domitia. Que sa mère soit de sang impérial soit. Mais cela ne compte pas aux yeux des romains. Il ne rejoint que la gens Iulia qu´au moment du mariage de sa mère. C´est tout. Jusqu´à son adoption, il n´est même pas considéré comme un successeur possible, alors pour un membre doté de sang impérial...
fffanatic Posté le 15 avril 2007 à 22:24:54 Pour Néron, il est bien mieux placé que Claude pour l´accession au trône en théorie, puisque qu´Agrippine la Jeune est la fille de Germanicus, donc il est le neveu de Caligula, mort sans laisser d´enfant en vie. De même il présente un avantage sans équivoque pour l´accession au trône à la mort de Caligula: son âge.
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Il faut comprendre une chose chez les romains. C´est que le titre d´empereur n´est pas héréditaire de père en fils. C´est l´empereur qui dit qui est son succéseur. Mais pour Caligula, on ne savait pas, donc on a désigné Claude.
En effet, si Claude passe pour un imbécile, ce qui reste sujet à caution puisque les auteurs sont quand même postérieurs et que le coup des pieds qui dépassent du rideau est quand même très foireux, Claude donc est un adulte plus qu´en âge de régner. Alors que Néron est un petit enfant. Qui serait le plus avantageux: un enfant en bas âge qui nécessitera des régents ou un adulte? Et cela que ce soit pour les prétoriens ou le Sénat.
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A propos de prétorien, c´est Claude qui est le premier a "acheté" le trône.
Et puis, un nouveau rappel: la société romaine est PATRIARCALE. La mère n´a guère d´importance. Néron ne fait en aucun cas partie de la gens Iulia ou Claudia quand il nait, il fait partie de la gens Domitia. Que sa mère soit de sang impérial soit. Mais cela ne compte pas aux yeux des romains. Il ne rejoint que la gens Iulia qu´au moment du mariage de sa mère. C´est tout. Jusqu´à son adoption, il n´est même pas considéré comme un successeur possible, alors pour un membre doté de sang impérial...
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Il ne serait que trop simpliste de limiter la société romaine à une société patriarcale. La notre l´est aussi(moins extrême bien sûre), et pourtant les femmes ont quelque chose à dire. Chez les romains c´est pareil, les femmes ont quelque chose à dire. Beaucoup d´empereur ne seront que les joujous de leur mère. Et même si ce n´est qu´une femme, toujours est-il que pour les romains, l´élite en tout cas, son sang est celui de germanicus, autrement dit celui des Iulii. C´est une des raisons du pourquoi Néron est populaire.
Donc oui, l´"héritage" de la mère compte.
Sur ce bonne nuit ![]()
Tu liras demain, donc bonne nuit.
Le-Grand-Conde Posté le 15 avril 2007 à 22:29:57 fffanatic Posté le 15 avril 2007 à 22:24:54 Pour Néron, il est bien mieux placé que Claude pour l´accession au trône en théorie, puisque qu´Agrippine la Jeune est la fille de Germanicus, donc il est le neveu de Caligula, mort sans laisser d´enfant en vie. De même il présente un avantage sans équivoque pour l´accession au trône à la mort de Caligula: son âge.
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Il faut comprendre une chose chez les romains. C´est que le titre d´empereur n´est pas héréditaire de père en fils. C´est l´empereur qui dit qui est son succéseur. Mais pour Caligula, on ne savait pas, donc on a désigné Claude.
Il n´est pas héréditaire officiellement. Mais Auguste avait choisi son successeur dans sa propre famille, du moins a-t-il choisi son beau-fils alors que ses premiers choix se portaient sur ses petits-fils, et Tibère a choisi Caligula, lui aussi de la famille. Claude est un julio-claudien pur jus. Néron aussi. Sur la remarque sur les enfants de Caligula, il y a fort à parier que si le Caius avait duré quelques décennies de plus et eu un fils ou un gendre apte au pouvoir, il n´y aurait pas eu de cheveux à couper en quatre, il aurait pris la place quand Caligula aurait cassé sa pipe. Ce que je disais sur Néron, c´est qu´il est lui aussi de sang impérial de fait. Et plus facilement manipulable qu´un Claude. Donc, si le Sénat avait pris en considération le sang de sa mère, il aurait été en première ligne pour la succession.
En effet, si Claude passe pour un imbécile, ce qui reste sujet à caution puisque les auteurs sont quand même postérieurs et que le coup des pieds qui dépassent du rideau est quand même très foireux, Claude donc est un adulte plus qu´en âge de régner. Alors que Néron est un petit enfant. Qui serait le plus avantageux: un enfant en bas âge qui nécessitera des régents ou un adulte? Et cela que ce soit pour les prétoriens ou le Sénat.
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A propos de prétorien, c´est Claude qui est le premier a "acheté" le trône.
La remarque sur les prétoriens c´était parce que l´anecdote dit que c´est l´un des assassins de Caligula, un prétorien donc, qui a trouvé Claude planqué derrière un rideau. Mais ce que tu fais remarquer est intéressant, c´est la vénalité de l´Empire, ou du moins pour son accession. Dès lors, cela renforce ce que j´ai dit. Néron est adopté par Claude, il paie les prétoriens, tout le monde se tait et le laisse prendre le pouvoir. Aucune question du sang de sa mère.
Et puis, un nouveau rappel: la société romaine est PATRIARCALE. La mère n´a guère d´importance. Néron ne fait en aucun cas partie de la gens Iulia ou Claudia quand il nait, il fait partie de la gens Domitia. Que sa mère soit de sang impérial soit. Mais cela ne compte pas aux yeux des romains. Il ne rejoint que la gens Iulia qu´au moment du mariage de sa mère. C´est tout. Jusqu´à son adoption, il n´est même pas considéré comme un successeur possible, alors pour un membre doté de sang impérial...
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Il ne serait que trop simpliste de limiter la société romaine à une société patriarcale. La notre l´est aussi(moins extrême bien sûre), et pourtant les femmes ont quelque chose à dire. Chez les romains c´est pareil, les femmes ont quelque chose à dire. Beaucoup d´empereur ne seront que les joujous de leur mère. Et même si ce n´est qu´une femme, toujours est-il que pour les romains, l´élite en tout cas, son sang est celui de germanicus, autrement dit celui des Iulii. C´est une des raisons du pourquoi Néron est populaire.
Donc oui, l´"héritage" de la mère compte.
Oui et non. Les femmes de la famille impériale ont parfois compté: on peut parler de Livie que j´ai déjà cité que la langue de vipère qu´est Tacite accuse du meurtre et de l´épuration de plusieurs successeurs potentiels à Auguste pour laisser place nette à Tibère. Et encore, Livie ressemble plus à une dragonne qu´à une femme typique de la société romaine. D´ailleurs, les Augustae, tu peux les compter sur une main jusqu´à la fin des Julio Claudiens: Livie, puis Agrippine quand elle s´est attachée les bonnes grâces du Sénat.
Et par la suite, pas mal d´empereurs seront les joujous de leurs mères effectivement. Mais à cette époque la conception de l´Imperator a changé et est vraiment devenu dynastique, s´est "orientalisé". Ce qui est encore loin d´être le cas. Mais ca n´a pas grand chose à voir, il s´agit plus d´un ascendant moral qu´autre chose, et peu reconnu voire apprécié par le Sénat, je te renverrais aux réactions face à Cléopatre ou Zénobie. Le pouvoir à Rome est masculin, simplement masculin.
Tu peux voir la popularité lors de l´accession au trône de Néron d´un Burrhus, le préfet du prétoire, qui participe à la "troika" autour de Néron avec Sénèque et Agrippine. Sénèque est considéré comme un esprit éclairé, bien vu des sénateurs. Dès lors, avec des mesures populistes d´une part, et des personnes qui entourent Néron appréciées du Sénat, le jeune empereur ne peut qu´être aimé au début. Après, suite à l´assassinat de sa mère, la disparition de Burrhus, l´influence de son "cercle de débauche", les épurations, ses travaux somptuaires qui ruinent Rome, Néron va perdre en popularité très vite, d´autant plus qu´il est plus "Grec" que "Romain", dans ses loisirs, son comportement, ou l´idée de sa fonction.
De même, Néron n´est pas considéré comme un Iulius par sa descendance de Germanicus, même s´il peut l´utiliser par propagande, mais parce qu´il est le fils adoptif de Claude, et comme tu l´as toi-même dit, un fils est vu de la même facon qu´il soit adoptif ou non.
Je n´avais pas vu ce post en son temps, y répondre maintenant serait sûrement anachrnique. Alors je vais me contenter de dire: un post comme j´aimerais en voir généralement.
Mais Gijoe ça pue la prépa quand même^^.
"À la fin tu es las de ce monde ancien
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l´antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l´air d´être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n´es pas antique ô Christianisme
L´Européen le plus moderne c´est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D´entrer dans une église et de t´y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d´aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers "
Guillaume Apollinaire.