.. S´il n´y avait que cela !!
source :
http://www.alainsoral.com/content/view/210/32/
RIVAROL : Pour vous, les Américains jouent un rôle majeur dans le scrutin présidentiel. Pourquoi interviennent-ils dans cette élection ?
ALAIN SORAL : Reprenons les événements dans l´ordre chronologique : il y a eu le coup de semonce du 21 avril 2002 avec la présence de Le Pen au second tour. L´année suivante, les Français refusent de participer à la seconde guerre d´Irak, de sorte que les Américains doivent y aller sans le tampon de l´ONU, et donc à leurs frais (au lieu des 30 % payés lors de la première guerre du Golfe en 1991, ils doivent verser 100 %, ce qui est beaucoup plus cher). Dès lors, commencent à paraître des écrits néo-conservateurs dans lesquels la France est présentée comme LE problème en Europe, c´est-à-dire comme l´obstacle majeur à la domination de l´Europe par les Américains. Puis le vrai moment décisif, c´est en 2005 le non à la Constitution européenne. Chirac organise un référendum parce qu´il est convaincu qu´avec la puissance médiatique la victoire du oui est assurée. Le non l´emporte en France puis aux Pays-Bas à la grande fureur des Etats-Unis car l´Europe de Monnet et Cassin est depuis 1945 un projet américain.
Le pouvoir US voyant se profiler la présidentielle de 2007 craint cette continuation de l´incontrôlable. Les Etats-Unis décident alors à leurmanière, maladroite et brutale, de changer le jeu électoral français. Puisque c´est à cause de la multiplicité des petits candidats qu´en 2002 LePen s´est hissé au second tour, il faut assurer en 2007 la finale avec les deux duettistes pré-sélectionnés et sous contrôle. D´où le financementmassif des deux candidats du système UMPS dans une logique démocrates contre républicains, Kerry contre Bush, bonnet blanc blanc bonnet. Deux candidatsproposant exactement la même gestion avec quelques nuances sociétales pour masquer que ces choix se situent toujours en dehors du sérieux que sont laquestion des peuples et le rapport capital-travail.
R. : Mais comment, concrètement, les Etats-Unis pilotent-ils ces élections ?
A.S. : La société de communication démocrate qui soutenait Clinton aide à la création du phénomène Ségolène, création qui, dans la logique américaine, va jusqu´au remodelage chirurgical ! Tout cela a été planifié, fait suffisamment tôt pour qu´on ait aujourd´hui une Royal à la mâchoire modifiée, aux dents blanchies, à la peau retendue. Tout ça dans le silence assourdissant des grands media, alors que ces modifications assez visibles auraient pu faire d´excellents sujets... ce qui prouve leur complicité.
Quant à Sarkozy, est-il besoin d´y insister, c´est un pur agent néo-conservateur, le candidat des républicains en partie financé par de puissants lobbies américains. N´est-il pas allé à New York rencontrer les dirigeants de l´AIPAC (American-Israël Political Action Committee) et de l´American Jewish Committee ? Rappelons aussi qu´aussitôt élu à la tête de l´ UMP, il a fait entonner " La Marseillaise " par la chanteuse Shirel, qui a choisi la nationalité israélienne, en duo c´est vrai avec une beurette fille de harkie, quel beau symbole ! Son premier voyage officiel après cette prise de pouvoir fut aussi pour l´Etat d´Israël. Sans compter les nominations récurrentes du très légitime et très crédible Arno Klarsfeld, lui-même réserviste dans l´armée israélienne !
Avec Sarko et Royal, les démocrates d´un côté et les néo-conservateurs américains de l´autre ont mis en oeuvre à peu près la même stratégie qu´ils avaient employée pour faire réélire Eltsine en Russie : compenser la médiocrité objective de ces candidats - aucun des deux n´ayant la stature de chef d´ Etat - par beaucoup d´argent et de paillettes ! Mais pour que cette opération réussisse, il fallait aussi empêcher les petits candidats d´ obtenir leurs cinq cents parrainages. Il existe ainsi des témoignages de plusieurs prétendants à qui l´on a volé des promesses de signatures, des ordinateurs qui ont été victimes de piratages informatiques, probablement avec le relais d´officines proches d´un certain ministère... Il fallait abolir le premier tour de deux manières : d´une part réserver la qualification à quatre ou cinq candidats sous contrôle et, pour compenser l´ appauvrissement du spectacle, instituer dans les deux grands partis des primaires. Aussi le PS a-t-il organisé des primaires à l´américaine, aussi spectaculaires qu´inutiles, avec la juxtaposition de trois monologues, sans aucun affrontement entre Ségolène et deux faire-valoir, Strauss-Kahn et Fabius.
Ce qui est amusant, c´est que Ségolène, qui est adoubée en externe par les démocrates américains, a été promue en interne par quelques milliers de retraités de l´enseignement public, lesquels ont voulu porter une femme au pouvoir parce qu´ils pensent que c´est moderne, alors que cette idée, phare il y a 20 ans, est aujourd´hui totalement périmée. Les gens, face à la crise de l´ordre, voulant au contraire de l´autorité, du phallus. C´est dire la totale ringardise des militants socialistes !
(...)
R. : Comment analyser le phénomène Bayrou ?
A.S. : Voyant que le duo à l´américaine Ségo-Sarko commençait à lasser les Français et que Le Pen était clairement le troisième homme, nos metteurs en scène hollywoodiens ont poussé Bayrou, afin qu´il nous rejoue le rôle dévolu à Chevènement il y a cinq ans. Le Béarnais est un rival médiatique du président du FN, puisqu´il lui dérobe la place du troisième homme dans ces mêmes media - c´est son rôle objectif - mais il n´est pas un rival politique : Bayrou prend des voix aux deux principaux candidats du Système, d´abord Ségolène, ensuite Sarko, mais pas à Le Pen. Les vrais anti-Système, ceux qui ont voté non au référendum sur la Constitution européenne, savent que Bayrou n´est pas crédible puisque de tous, c´est le plus européiste. Des trois candidats promus, il est même celui qui va le plus loin dans le désir d´ erreur, puisqu´il ose se réclamer de Jacques Delors, l´incarnation parfaite de cette Europe technocratique et mondialiste dont les Français ne veulent plus !
En terme de blocage politique, Bayrou est sans doute aussi ce qui peut nous arriver de plus catastrophique : le retour à cette cohabitation qui a paralysé la France et qui consiste à prendre le pire de la droite et le pire de la gauche pour continuer à regarder, impuissant, le pays dégringoler. Avec ça comme programme, ça ne m´étonnerait pas qu´il finisse par redégringoler lui aussi dans les sondages !
De toute façon, que ce soit Sarko, Ségo ou Bayrou qui soit élu le 6 mai, la France qui vient sera ingouvernable...
A.S. : Ecoutez, quoi qu´il arrive, je suis convaincu d´une chose : la France va exploser dans les deux ans qui viennent. On se dirige vers des conflits politiques et sociaux extrêmement durs. Même si le Système se survit à lui-même en plaçant l´un de ses trois candidats, comme de toute façon Bayrou, Ségo ou Sarko sont là pour continuer à faire la même politique euro-mondialiste refusée par les Français auxquels elle cause tant de souffrances, l´explosion est inévitable. Nous ne sommes plus dans le schéma des Trente Glorieuses où ce qui était issu du CNR, de Yalta et du Plan Marshall était globalement profitable au peuple français, en termes d´élévation du niveau de vie, de sorte que nos compagnons pouvaient accepter de collaborer à cette américanisation de leur cadre de vie malgré les soumissions que cela imposait sur les plans culturels et éthiques...
Aujourd´hui, au contraire, cette soumission appauvrit notre peuple sur tous les plans, matériels et spirituels. Et cette situation, clairement identifiée depuis le non au référendum, ne peut donc plus durer très longtemps, surtout quand les classes moyennes sont à leur tour touchées de plein fouet. L´Etablissement n´ayant ni le désir ni les moyens de faire une autre poli-tique, il est comme l´entreprise capitaliste : il navigue à vue, truque ses bilans pour retarder la faillite et sait qu´il n´aura plus d´autre choix ensuite qu´entre la prison et le banditisme, ce qui se traduit en politique par la révolution ou le passage en force !
En toute logique, si le peuple ne gagne pas demain ce combat, nous allons assister en France à la mise en place d´un discret mais efficace Etat policier. Une dictature orwellienne où pour notre bien-être, notre santé, il devient interdit de boire, de fumer, de se réunir, de conduire sa voiture comme un homme, un pays où les infos ne parlent plus que de la météo et des soldes, pendant que nos soldats de métiers s´en iront mourir contre nos intérêts en Iran et que la généralisation du vote électronique achèvera de régler la pénible incertitude des élections pour ceux qui les financent !
D´où la nécessité impérieuse de voter Le Pen, vite, avant que nous basculions dans un monde où l´existence même de ce genre de personnage incontrôlable et hors normes aura été rendue impossible !
Propos recueillis par Jérôme BOURBON