Salut à tous. Mon travail de fin d´études porte sur l´islamisme, je pense que ce sujet pourrait en interesser quelques uns. C´est seulement un petit bout et si vous êtes interessés par tout le travail, faites moi signe
3.6 L’islamisme en Belgique
« La superficie médiatique des groupements islamistes est inversement proportionnelle à leur superficie judiciaire »
Cette citation d’A. Grignard, commandant de la division anti terroriste Belge s’applique admirablement bien au cas de la Belgique. Un nombre très restreint de condamnations ont été prononcées à l’égard des islamistes dans notre pays, malgré une importante couverture des médias. Le cas récent d’un pistolet rouillé trouvé dans des milieux islamistes avait beaucoup de bruit, malgré le peu de gravité de la découverte.
Néanmoins, il ne faudrait pas nier la présence de groupes islamistes en Belgique. Nous allons tenter de retracer ses causes et ses origines dans ce chapitre.
Contexte d’apparition :
L’apparition de l’islam politique en Belgique s’est faite en trois temps, que nous allons tenter de décrire.
3.6.1 Premier temps : années soixante
Les années 60 correspondent à la première vague d’immigrés en provenance du monde musulman, qui sont tout de suite rentrés dans le monde du travail. Leur but n’était généralement pas de rester en Belgique, mais de travailler pour gagner de l’argent et retourner au pays, en vue d’assurer un meilleur avenir à la descendance. La religion était cantonnée à la sphère privée, puisqu’il n’existait pratiquement aucun lieu de culte adapté.
3.6.2 Deuxième temps : à partir des années septante
Les populations immigrées arrivées dans les années soixante devient vieillissante, et la crise micro-économique que ce vieillissement implique a entrainé un repli sur soi et un retour à une stricte pratique religieuse. La pratique religieuse mêlée au repli identitaire va subir un effet de catalyse par l’influence de mouvements tels que le Jamâ’at al-Tablîgh. A la base apolitique mais se revendiquant quand même des salafs, ce mouvement va provoquer une prise de conscience de nombreux musulmans en Belgique.
En fait, ce mouvement a beaucoup contribué à la mise en évidence de la présence de l’islam en Belgique.
Le Tablîgh n’est néanmoins pas aussi louable qu’il n’y parait. Ce dernier a servi de réservoir de recrutement pour des mouvements beaucoup moins pacifiques, et les idées salafites qu’il a véhiculé sont contraires à l’objectif d’une intégration et d’une cohabitation harmonieuse.
Ces deux points vont constituer le berceau de l’islamisme en Belgique.
3.6.3 Troisième temps : années quatre vingt
Dans un troisième temps, une fois que la situation sera propice (comme développé dans le point 3.4.2) l’Islam en Belgique va commencer à se politiser, notamment par le biais des mosquées, parfois financée à coup de pétro-dollars par les Saouds, d’obédience
Wahhabite. L’islam politique s’immisce peu à peu dans certaines mosquées. C’est le début de l’islamisme en Belgique.
Mouvements présents en Belgique :
-le premier véritable mouvement islamiste influent en Belgique sera une branche armée des Frères Musulmans de Syrie, qui sera durement réprimée dans ce pays en 1982. Une partie des leaders de l’organisation ont fui à Aix-la-Chapelle et ont aussi fondé une mosquée à l’ouest de Bruxelles, elle va rapidement se doter d’un appareil de propagande propre aux frères musulmans et réglementer tous les aspects de la vie du fidèle par le biais d’association telles que « ligue d’entraide islamique », « étudiants musulmans »,...
Ces associations seront assez moralisatrices mais pas violentes. Elles appellent à préserver son identité et ses valeurs.
Dans le sillage de ce groupe se profileront d’autres petits groupes, plus violents et souhaitant recruter. Citons par exemple le « Bureau des moujahedins afghans », qui était établi dans une mosquée Bruxelloise.
-Citons également le FIS (Front Islamique du Salut, originaire d’Algérie) qui avait un certain nombre de sympathisants en Belgique, notamment des propagandistes et des collecteurs de fonds.
-Le réseau « Mellouk », dissout en 1998, n’était pas un groupe islamiste à proprement parler, mais une sorte de pivot pour bon nombre de groupes armés, il fournissait un support logistique, des faux papiers,…
Ce réseau était constitué d’activistes liés à des mouvances combattantes Tunisiennes et Marocaines. Mais ils offraient leurs services aux groupes qui en avaient besoin.