Bonjour à tous, je m´incruste dans ce débat intéressant.
Je vois deux parties s´affronter : l´un défend la théorie communiste, les autres la détractent en l´accusant de restreindre les libertés, et de ne pas reconnaitre le travail particulier des hommes.
Personnellement, je vois dans la théorie meme du communisme un énorme défaut, de nature économique, qui préludait à sa chute, quelque soit l´homme, le parti ou l´assemblée à sa tête.
Le communisme imaginé par Marx répond à la problématique des économistes classiques (entamée par Smith, continuée par Ricardo) : l´origine de la richesse et de la valeur. Pour Marx, la valeur vient clairement du travail effectué par les hommes. Pour être donc égalitaire, ce travail doit être rémunéré de la meme manière, afin d´éviter les énormes inégalités qu´on a connues (et que certains pays connaissent encore) au XIXè siècle.
Cependant, par qui va donc s´opérer la redistribution du revenu ? On a vu qu´en laissant le marché opérer, d´immenses inégalités apparaissent. Marx préconise donc l´intervention de l´Etat, qui controle le circuit économique : de la nature de la production (ce qu´on produit), passant par son processus (comment on le produit), à sa destination (pour qui on le produit, ce qui est le plus important).
En fait, dans un système communiste, on reproduit le marché (la rencontre de l´offre et de la demande) dans le bureau du président (de l´Etat ou du parti, de toutes façons c´est toujours la meme personne). Notre bon monsieur doit donc connaitre, d´une part, l´offre totale de produit, ce qui n´est pas impossible pour un pays non capitaliste, mais d´autre part, le niveau de la demande globale, ce qui est beaucoup plus difficile.
On fait donc des estimations, en prenant la société pour un Tout, et non comme une pluralité d´individus tous différents, monumentale erreur.
Dans la théorie meme, le communisme avait ce défaut, meme s´il devait servir un intérêt louable (le bonheur éternel).
Dans les faits, les défauts sont multiples : l´inévitable dérive totalitaire compte tenu du tempérament des hommes une fois au pouvoir, l´impossibilité pour une économie communiste de créer de la richesse (de 1921 à 1927, la Nouvelle Economie Politique n´était rien d´autre que l´application totale et sans fioritures de la philosophie néo-libérale...), le manque de méritocratie (on a toujours envie d´avoir plus quand on en fait plus !) , et j´en passe.
Ajoutez à cela des hommes comme Staline ou Mao, véritable meurtriers, et vous avez la vision du communisme aujourd´hui : de l´histoire ancienne.
Pour preuve : la Chine n´a de communiste que le nom, et Cuba perd son leader charismatique (Raul Castro souhaite un développement à la chinoise). La Corée du Nord est un régime fasciste qui n´a rien de communiste (il fallait bien l´aide des soviétiques de 1950 à 1953...).
En conclusion, et pour répondre à la question posée, le communisme a plusieurs volets : un volet politique (le totalitarisme, c´est à dire l´absence de pluralisme avec la domination totale d´un seul et unique parti), avec à terme la disparition totale de l´appareil d´Etat (laissant place à l´appareil du parti) et un volet économique (l´ouvrage de Marx ne s´intitule pas le Capital pour rien), la collectivisation et la planification de l´offre et de la demande dans un bureau présidentiel.