"Pour l´instant ce ne sont que quatre-vingt-dix pages intitulées "document de travail des conseillers nationaux". Jeudi 16 novembre au soir, à l´issue de leur réunion, cela deviendra officiellement le programme de l´UMP aux élections législatives. "Franchement, on a bossé", se félicite François Fillon qui a dirigé les travaux de la commission du projet, avec le bureau des études animé par Emmanuelle Mignon.
Le conseil national de jeudi est chargé d´amender et de valider ce projet. Il sera ensuite retourné aux militants, accompagné d´une liste des 30 propositions les plus essentielles. Ceux-ci devront à leur tour le valider entre le 20 et le 26 novembre. Un premier chiffrage du coût du programme sera effectué jeudi.
Tout à son désir de marquer sa "rupture" avec ses prédécesseurs à la tête du parti, Nicolas Sarkozy a usé de méthodes inédites. Réunions d´élus dirigées par des conseillers en management, organisation de dix-huit commissions thématiques depuis l´hiver 2005, vote des militants pour valider et hiérarchiser les propositions, tout a été fait pour faire du rendez-vous du 16 novembre une démonstration de transparence et de démocratie, digne, selon lui, de concurrencer les débats entre les prétendants socialistes.
Pour montrer que rien n´est ficelé d´avance, une ultime réunion pour intégrer d´éventuels amendements est prévue jeudi... à l´heure du déjeuner. Articulé autour de dix têtes de chapitre, le projet de l´UMP a été guidé par un maître mot : le choix. "Depuis vingt ans, on ne propose aux Français que des choix virtuels, explique M. Fillon. Le déterminisme est devenu de plus en plus grand." Au nom de cette valeur cardinale, l´UMP fait le pari de "rompre avec la pensée unique, avec les conservatismes, avec les mauvaises pratiques politiques".
Une seule fois nommé, Jacques Chirac peut se sentir visé par ce propos liminaire, même si ses rédacteurs prennent soin de faire remonter les difficultés du pays vingt-cinq ans en arrière. Au titre du "certain nombre de succès" qu´il lui consent sur une dizaine de petites lignes, l´UMP ne retient que la lutte contre l´insécurité, la réforme des retraites et la baisse du chômage.
M. Chirac pourra également se sentir pris à partie par les propositions institutionnelles. Alors que le chef de l´Etat a fustigé ceux qui "par calcul ou par ignorance" viendraient à changer les institutions, l´UMP propose de limiter à deux le nombre de mandats successifs du chef de l´Etat et de lui permettre de s´adresser au Parlement. Le nombre des ministres sera réduit par la loi à 15.
Le programme rend prudemment hommage à la Ve République. "Nous n´avons rien cédé sur nos principes, se félicite M. Fillon. Même si certains chiraquiens ont la peau sensible."
L´exercice était compliqué. M. Sarkozy courait le risque d´affadir son discours de candidat dans un programme qui fait la part belle aux ajouts de chacun. Balayant tous les sujets de la dissuasion nucléaire à la gratuité des musées nationaux, en passant par la création d´une agence mondiale de l´écologie, on retrouve nombre de ses propositions les plus novatrices. La création d´un droit opposable, limité à la garde des enfants et à l´accès des handicapés dans les services publics, figure dans ce document malgré l´hostilité des libéraux. En revanche, ils ont obtenu gain de cause en faisant disparaître le droit opposable pour le logement. "Nous avons respecté les grands équilibres du parti", explique M. Fillon.
Au final, c´est un programme sarkozyste que l´UMP s´apprête à défendre. Il est marqué de deux des valeurs dont il se veut le défenseur : le mérite et la liberté. Liberté du choix de l´école, de travailler plus, de choisir l´âge de la retraite, du mode de garde de ses enfants et du choix de l´établissement scolaire fréquenté. Liberté encore pour les universités qui pourront choisir leur statut.
Le mérite apparaît quant à lui comme une manière de faire sa place dans la société. "Aide-toi et l´Etat t´aidera", telle pourrait être la philosophie de ce projet qui permet aux meilleurs élèves des quartiers déshérités d´intégrer les classes préparatoires et aux plus méritants des boursiers de voir leur pécule augmenter en fonction de leurs résultats scolaires.
D´autres propositions, plus explosives, ne sont données qu´à l´état de piste. L´école verrait sa mission recentrée sur la transmission du savoir, l´apprentissage de la citoyenneté (comprenant les sports et les disciplines artistiques) étant confié aux collectivités locales.
Les jeunes ne sont pas oubliés. M. Sarkozy recycle son projet d´abaisser la majorité pénale à 16 ans, et l´UMP propose un statut de prémajorité qui permettrait à ceux qui le peuvent de diriger une entreprise. Un gadget pour retrouver les suffrages de la jeunesse ? La réponse est peut-être dans une phrase, frappée au sceau du volontarisme de M. Sarkozy. A la page 3 de ce projet, il est écrit : "Si l´on veut, on peut."
Philippe Ridet
Article paru dans l´édition du 14.11.06"
C´est marrant pour moi ça sent le conservatisme a plein nez.
Le président augmente de façon fulgurante son statut paternaliste.
Les axes que l´on nous rabache depuis 2002 ressortent.
L´insécurité reste à la mode avec en avant plan l´écologie, le nouveau truc qui fait peur.
Enfin le droit opposable au logemet disparait, apparemment sous l´impulsion des libéraux de l´ump, il me semble plus que c´est par peur d´incompétence. Menfin.
Enfin liberté du choix de l´école avec un budget de l´éducation national insufisant, ce n´est pas la peine.
La liberté de travailler plus, elle me fait rire sachant ce qui n´a pas été fait sur les 35h
Pour les retraites, si permettre de la prendre plus tard est interessant, la prendre plus tot est toujours suicidaire
Quand au "Aide-toi et l´Etat t´aidera" c´est assez sympa comme formule pour faire passer l´assistanat comme une aide précieuse accordé aux méritants.
Bien sûr mes conclusions sont subjectives, alors qu´en pensez vous, vous ? ^^