8_Solid-Snake_8 Posté le 02 novembre 2006 à 15:34:09 " Si j´ai bien lu, une élite qui n´a rien d´intellectuelle n´est donc pas une élite. Ainsi l´élite financière, celle qui peut se permettre le mécénat n´est pas une élite. Interessant comme postulat... "
Oui voila, ton ironie est bien malvenue. L´élite, ce sont les meilleurs, l´élite financière, je considère qu´elle est là avec une part de chance, il n´y a pas de chance intellectuelle, l´élite intellectuelle, bien que difficilement définissable existe par définition, l´élite financière est une expression néologistique pour désigner ceux qui se sont le plus enrichi sur le marché, ce ne sont pas les meilleurs en finances, étant donné la part de hasard et la non-méritocratie du marché.
Ce n´était pas spécialement de l´ironie, mais plutôt du scepticisme^^. Nous avons visiblement un avis radicalement différent sur les clés de la réussite de l´élite financière.
Il est vrai que le marché possède sa part de hasard, que les innovations géniales ne sont pas forcément accueillies comme elles le devraient. Mais je pense que tout élite financière doit aussi sa réussite à une bonne part d´intelligence, pour pouvoir s´adapter au marché, pour pouvoir créer le petit truc qui réussira. Il faut donc avoir une certaine dose d´intelligence pour percevoir ce qui marche. Comme il faut avoir une certaine intelligence pour définir la personne idéale à qui déléguer une tâche.
Pour le paragraphe qui suit, je suis entièrement d´accord, l´universalité c´est ce que tu décris.
Sur la distinction entre le néopyhte et le spécialiste je suis toujours d´accord, mais je considère que c´est une distinction de sensibilité et non d´intellect : une personne qui a écouté de la musique classique toute sa vie est plus susceptible d´être sensible à un morceau de musique classique. Mais cela ne signifie pas que c´est une distinction élitiste et figée, le contenu de l´oeuvre s´adresse à tous, sans distinction de catégorie ou de pseudo-catégorie.
Soit je me suis mal exprimé, soit tu m´as compris de travers. L´inégalité devant l´art est la même dans mon idée que dans la tienne. Le terme d´initié faisait référence à une personne qui a l´habitude d´être en présence de cette forme d´art, le néophyte à celui qui le découvre. Aucune question d´intellect là-dedans, je dirais plutôt sensibilité et habitude...
Contrairement à ce que beaucoup de "spécialistes" veulent nous faire croire, il n´y a pas besoin d´un bac+8 en histoire de l´art pour lire de la poésie et profiter de son fruit.
Ai-je dit cela? o_O Je suis entièrement d´accord, je considère qu´on peut être touché par une oeuvre d´art sans forcément s´y connaître. Mais qu´une personne qui a l´habitude de cotoyer un certain art aura plus de chance de comprendre le fruit de l´oeuvre qu´il contemple, lit ou écoute.
Pour la suite, c´est là où je ne suis pas d´accord, le message politisé de l´art ne fait pas partie de l´oeuvre elle-même, l´art engagé, c´est pas vraiment mon truc. Après, les idéaux peuvent toujours rajouter une sensation esthétique supplémentaire (un tableau pour la paix par exemple) mais dans ce cas, la propagande, c´est de l´art...
La propagande n´est pas de l´art, mais l´art peut servir la propagande. Le mécénat étatique en fut un bon exemple, j´ai cité le cas du tableau de Holbein, des statues équestres antiques ou plus récentes. Et Guernica comme tableau pour la paix^^. L´artiste se sert alors de son support pour appuyer son message. En quelque sorte, comme on peut avoir les Manifestes, les artistes utilisent leur support pour déliver leur message. Cela reste de l´art, mais il y a aussi un autre sens. L´art pour l´art seulement existe, mais il n´est pas la seule signification des oeuvres d´art.
alors que sa visée est de persuader et non l´art pour l´art.
Toutes ces fonctions sont selon moi le produit de la situation sociale, de l´environnement historique et culturel, ça eut séduire, mais pas pour toujours et ça contextualise l´art ce qui réduit sa portée universelle.
Un exemple simple: l´Acropole d´Athènes. Le message qui se dégage est triple : d´abord la fonction religieuse, où l´art est au service du divin et du cultuel. L´aspect esthétique, la Grèce classique étant la période de théorisation du Beau, et enfin politique, la manificence de l´ensemble ayant pour but d´affirmer la puissance d´Athènes et de la Ligue de Délos.
Le contexte a énormément joué, mais le message reste universel, notamment le message politique.