De l´aveu même du Secrétaire général de l’ONU aux Affaires
humanitaires, Jan Egeland, le Soudan est en passe de connaître « une
catastrophe humanitaire sans précédent » et des « pertes massives en
vies humaines ». Malgré la signature, en mai 2006, de l’Accord de paix
sur le Darfour, les crimes commis contre les civils ne cessent
d’augmenter. Dans le Darfour septentrional, ils ont été pris pour
cibles lors de luttes de factions entre des groupes de rebelles armés
divisés sur l’accord passé avec le gouvernement soudanais. La guerre
civile qui a éclaté en février 2003 avait ainsi coûté la vie à plus
de 200 000 personnes, provoqué le déplacement forcé de 2 millions de
civils et réduit 3,5 millions de personnes à dépendre de l’aide
internationale.
Désormais engagés dans un bras de fer, Washington et Londres ont proposé
au Conseil de Sécurité l’adoption d’une résolution permettant de
remplacer rapidement la MUAS par une véritable Mission des Nations unies
forte de 20 000 militaires et policiers, mais cette proposition se heurte
à l’opposition du gouvernement soudanais.
Le gouvernement soudanais a proposé son propre plan de protection pour la
population du Darfour, qui prévoit semble-t-il l’envoi de 26 000 soldats
de l’armée gouvernementale dans la région.
Le "programme de protection" du gouvernement soudanais est une imposture et
doit être fermement rejeté. Comment le Soudan, qui semble sur le point de
lancer sa propre offensive au Darfour, peut-il proposer d’assurer le
maintien de la paix dans un conflit dont il est l’un des principaux
protagonistes et auteurs de graves violations des droits humains ?
Le 29 juillet 2006, le gouvernement soudanais a bombardé des villages dans
le Nord du Darfour, en violation d’une résolution du Conseil de
sécurité des Nations unies de mars 2005 interdisant les offensives
aériennes au Darfour. Les groupes armés d’opposition se sont également
rendu coupables de graves atteintes aux droits humains, y compris des
attaques contre des convois humanitaires.
Pendant ce temps, l’afflux de troupes gouvernementales au Darfour fait
craindre de nouveaux crimes contre l’humanité.
Devant les intentions belliqueuses des autorités soudanaises, nous voulons
montrer que l´opinion publique se mobilise.
Nous vous invitons donc à une manifestation pacifique, le dimanche 17
septembre à 15 heures, devant l´ambassade du Soudan, Avenue Roosevelt, 124
à 1050 Bruxelles.
Attention: le 17 septembre, c´est la journée sans voiture à Bruxelles. Il
vous faudra donc vous déplacer en transports en commun pour venir à
Bruxelles, et pour y circuler (plus d´informations ici:
http://www.brucity
.be/artdet.cfm?id=3735&nLanguage=1.
Philippe Hensmans
Directeur
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