BORDEAUX (Reuters) - La majorité municipale de Bordeaux pourrait décider lundi matin une démission collective pour provoquer des élections anticipées et permettre le retour d´Alain Juppé dans son fauteuil de maire, apprend-on de sources concordantes à l´hôtel de ville.
Proche du président Jacques Chirac, celui qui fut député-maire de Bordeaux de 1995 à 2004 a été contraint de démissionner après sa condamnation à un an d´inéligibilité dans l´affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
Si la majorité municipale de Bordeaux, convoquée lundi matin par l´actuel député-maire Hugues Martin, démissionne collectivement, Alain Juppé pourra se présenter à nouveau devant les électeurs. Le scrutin pourrait avoir lieu en octobre.
Un communiqué laconique a annoncé vendredi que Hugues Martin réunirait "comme chaque mois les élus de sa majorité municipale" avec à l´ordre du jour "les questions d´actualité de la rentrée" et tiendrait un point de presse à 15h00.
Alain Juppé s´est réinstallé avec sa famille à Bordeaux cet été après avoir donné des cours sur la mondialisation à l´Ecole nationale d´administration publique de Montréal.
Il avait annoncé du Québec qu´il attendrait la fin du mandat d´Hugues Martin pour tenter de retrouver son siège à l´Assemblée nationale. Il pourrait de nouveau s´exprimer mardi, selon une source proche de la mairie.
L´ancien Premier ministre et fondateur de l´UMP pourrait finalement tenter de retrouver son fauteuil de maire 14 mois avant l´échéance.
La méthode ne fait cependant pas l´unanimité, à commencer dans l´opposition qui voit là, à l´instar de Pierre Hurmic, chef de file des Verts, "un tripatouillage du suffrage universel qui n´est que le fait du Prince ".
L´élue socialiste Michèle Delaunay, candidate malheureuse aux dernières législatives partielles, qui se verrait bien en candidate de l´opposition, se dit "indignée".
"C´est un déni de démocratie et le non respect des échéances républicaines par un ancien Premier ministre est tout sauf un exemple", dit-elle.
Michèle Delaunay espère une liste unique PS-Verts-PCF face à Alain Juppé. Pierre Hurmic, qui n´écarte pas cette solution, souhaite pour sa part "la meilleure méthode pour que le plébiscite attendu se transforme en pétard mouillé".
C´est beau, manque plus qu´un fond de musique et ça pourrait être émouvant. Vive Alain, on t´aime tous !