depuis 2002, selon un baromètre alternif.
PARIS ( AFP) - Emplois, revenus, logement, santé: les inégalités et la pauvreté " sont fortement reparties à la hausse à partir de 2002" après une courte embellie en 2000-2001, affirme un baromètre alternatif ( le BIP-40) mis en place par un collectif d´associations, syndicats et chercheurs.
" Après une période d´embellie ( 2000-2001), qui a permis de stopper la montée des inégalités et de la pauvreté, celles-ci sont fortement reparties à la hausse à partir de 2002", selon le Réseau d´alerte sur les inégalités ( Rai), qui publie le Baromètre des inégalités et de la pauvreté ( BIP-40).
" La remontée du chômage, l´explosion du nombre de détenus dans les prisons françaises, l´accroissement des écarts entre cadres et ouvriers, etc., ont contribué à faire remonter cet indicateur", détaille le Rai, qui présente le BIP-40 comme " un avis d´alerte sociale".
" Les chiffres montrent une amélioration entre 2000 et 2001, notamment grâce à la reprise de l´emploi et à certaines politiques publiques ( couverture maladie universelle, justice)", notent les pères du BIP-40, dont le nom est un " clin d´oeil inamical" à l´indice des valeurs boursières CAC-40 de la place de Paris.
" Mais dès le début 2002, les ANPE et les prisons se sont remplies à nouveau, les expulsions de locataires se sont multipliées, tandis que les chômeurs voyaient leurs droits s´effriter et que les demandeurs d´asile étaient de plus en plus systématiquement refoulés", ajoutent les membres du Rai, dont les résultats sont sur le site www.bip40.org.
Ils constatent certes des progrès: augmentation de l´espérance de vie, du niveau moyen du revenu par tête, et, " même faiblement", des dépenses sociales.
" Mais dans le même temps, la démocratisation de l´école s´est interrompue. Le seul impôt redistributif, l´impôt sur le revenu, est réduit chaque année. Le nombre de personnes survivant grâce aux minima sociaux demeure proche des niveaux records. Les loyers ne cessent de flamber et les ménages surendettés sont de plus en plus nombreux", détaille le Rai.
Pour l´un des chercheurs du Rai, Michel Maric, économiste à l´université de Reims, " il n´y a pas de volonté politique pour réduire les inégalités".
Lors de sa création en 2002, le BIP 40 avait observé sur 20 ans " une flambée de la pauvreté jusqu´en 1989, une stabilisation à la fin des années 1980, puis une nouvelle aggravation de 1992 à 1997, et depuis l´indicateur est stable".
Sur 20 ans, le BIP-40 constate notamment une augmentation de 60% du chômage, de la proportion des bas salaires ( 16,2% des salariés en 2002, contre 11,4% en 1983), tandis que la part de la population vivant avec les minima sociaux est passée de 6 à 10%.
Pour créer cet indice, le Rai, qui regroupe des associatifs ( Droits au logement, Ensemble contre le chômage...) et des syndicalistes, dont la CGT, utilisent une méthode proche de celle utilisée pour mesurer le bien-être et le développement humains par le Programme des Nations unies pour le développement ( Pnud).
Le BIP 40 élabore une courbe de la pauvreté fondée sur des statistiques officielles ( Insee, ANPE...) publiées depuis 1982 dans six grands secteurs ( emplois, revenus, logement, santé, éducation, justice).
Début avril, l´Observatoire national de la pauvreté et de l´exclusion sociale estimait que la France comptait 3,7 millions de pauvres en 2001, soit 6,1% de sa population, et n´excluait pas que la pauvreté soit repartie à la hausse depuis cette date.