"Je dis qu´il peut être légitime de contrer un acte violent avec acte violent. Et c´est d´autant plus légitime d´utiliser des moyens létaux quand on est en déséquilibre face à un agresseur. Mais il ne s´agit pas de faire le bourreau, juste de répondre adéquatement et proportionnellement à une agression."
Le problème de la notion de légitimité, c´est qu´elle n´apparaît qu´avec les lois, et de simples notions étymologiques (legis) te le prouveront. En l´absence de lois, il est légitime de tout faire, la liberté ne connaît pas de limites si bien que, comme disait Rousseau, l´appellation de légitime perd tout son sens puisqu´une chose et son contraire le sont aussi bien l´une que l´autre. Il n´est donc légitime de faire telle ou telle chose que parce que la loi t´en laisse le droit. Et, effectivement, on tombe sous le coup de la légitime défense. Or, il me semble que l´état de légitime défense cesse en même temps que la menace. Tuer un homme qui ne représente plus une menace (blessé par exemple) est donc un crime et mérite châtiment. Tuer par accident en voulant se défendre n´est donc pas répréhensible mais tuer délibérément quand on a les moyens de simplement le neutraliser, et ce quelqu´en soit la raison, est un crime.
Quant à la notion de proportionnalité, elle est bien trop ambigüe pour qu´on puisse affirmer qu´un acte est proportionné à un autre. Détruire ce qu´un homme, et même plusieurs, ont mis des années à construire (sa propre personne en l´occurrence) pour préserver quelques deniers, je trouve ça disproportionné, mais ce jugement qualitatif n´engage que moi.