lundi 22 mai 2006, 17h57
UDF: des proches de Bayrou envisagent l´exclusion de Robien
Par Pascale JUILLIARD
PARIS (AFP) - L´exclusion de Gilles de Robien de l´UDF est envisagée par les proches de François Bayrou, qui accusent le seul ministre centriste d´essayer de diviser son parti, pour le compte de l´UMP et du gouvernement.
"La question de l´exclusion est posée", a affirmé à l´AFP Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis.
Le ministre de l´Education a annoncé dimanche la création d´un "club", "Société en mouvement", pour "conduire "la réflexion qui manque cruellement à l´UDF".
M. de Robien, écartant l´idée de créer son propre parti ou de quitter l´UDF, a expliqué la création de ce courant par "le passage dans l´opposition de son président François Bayrou" et la nécessité de "travailler sur les valeurs fondamentales de l´UDF".
La semaine dernière, après le vote par onze députés UDF (dont M. Bayrou) de la motion de censure socialiste contre le gouvernement Villepin, l´ex-maire d´Amiens (Somme) avait indiqué qu´il "n´imaginait pas" voter pour le président de l´UDF à la présidentielle de 2007.
Le "club" de M. de Robien rassemble pour l´heure sept parlementaires, partisans comme lui d´une stratégie d´alliance avec l´UMP. Une réunion à huis clos est prévue mardi soir au ministère de l´Education.
L´entourage de M. Bayrou a vu dans l´initiative de M. de Robien "une tentative désespérée de l´UMP et du gouvernement d´influencer l´UDF de l´intérieur" et la juge "vouée à l´échec".
Le député Gilles Artigues, qui fait partie des députés ayant voté la censure, a jugé "pitoyable" cette "tentative de division" et a accusé M. de Robien d´agir "sur ordre et en service commandé". "La question de son exclusion de l´UDF est relancée", a-t-il affirmé.
La semaine dernière, le député européen Bernard Lehideux avait également estimé que les instances du parti "auront à régler un jour le cas" de Gilles de Robien.
Ce dernier a été suspendu en juin des instances dirigeantes de l´UDF pour être resté ministre après l´arrivée de Dominique de Villepin à Matignon.
Ses critiques avaient poussé François Bayrou à organiser en janvier un vote du Congrès sur sa ligne d´indépendance, qui a été plébiscitée à 91,1%.
Pour M. Lagarde, plus que "la création d´un courant canal-croupion", c´est la décision de M. de Robien de ne pas soutenir François Bayrou en 2007 et ses attaques contre les députés ayant voté la censure qui "justifient des sanctions".
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http://fr.news.yahoo.com/22052006/202/udf-des-proches-de-bayrou-envisagent-l-exclusion-de-robien.html