Prenons l´exemple du Brésil :
L´arrivée des européens : échange, esclavage, massacres et spoliation des terres
En 1500, date du débarquement dans le sud de l´actuel état de Bahia, la première rencontre entre les indiens et les portugais se passe bien. Les commerçants portugais ne trouvèrent aucun intérêt dans ces nouvelles terres, ni or, ni épices dont regorgeaient l´extrême orient. Cependant, la découverte du bois brésil, bois de braise, utilisé dans la teinturerie, allaient changer l´intérêt que portaient les nouveaux colons à ce pays. Le commerce de ce bois devint si actif qu´il donna son nom au pays ( Brésil vient de « braise »), baptisé au départ « Terre de la vraie croix ».
Pendant les premières décennies du 16ème siècle, les Indiens sont traités comme une nation avec laquelle on négocie. Les Indiens de la côte coupaient et transportaient le bois jusqu´aux navires et recevaient en échange des tissus, des haches, des petits couteaux ou des miroirs. Cependant, dès le milieu du 16ème siècle, ces relations vont changer de nature, avec l´arrivée de colons plus nombreux et l´extension des cultures de canne à sucre. Les Indiens sont peu à peu spoliés de leurs terres, manu militari, au profit des grandes exploitations des européens puis utilisés comme main d´œuvre esclave. Une condition à laquelle ils résisteront contrairement à l´idée couramment admise.
La période la plus noire du génocide amérindien au Brésil a sans doute été le 17ème siècle. Au début de ce dernier, les colonisateurs portugais veulent agrandir leur territoire. Des aventuriers de São Paulo, les Bandeirantes, montent des expéditions vers l´intérieur des terres. Leur objectif principal est de capturer des Indiens pour les vendre comme esclaves sur la côte aux planteurs et aux éleveurs. Si l´on retient les estimations moyennes de Darcy Ribeiro, anthropologue brésilien, les Indiens étaient environ 5 millions à l´arrivée des européens, 4 millions un siècle plus tard et 2,2 millions en 1700. 1 800 000 indiens auraient donc disparu au cours du 17ème siècle.
Le génocide se poursuivra. En 1800, les Indiens ne sont plus qu´1,5 millions et 150 ans plus tard, ils ont presque tous disparu : en 1950, 100 000 indiens vivent encore. L´histoire des indiens à partir de 1500 est surtout l´histoire de leur massacre.