Sur les banlieues, le PS en reste à l´esquisse
LE MONDE | 27.03.06 | 15h09 • Mis à jour le 27.03.06 | 15h09
L´hôte des premiers états généraux du PS, consacrés samedi 25 mars à "la République pour tous", à Bondy, est inquiet. "Je sens un silence qui s´installe et que je n´aime pas, soupire Gilbert Roger, maire (PS) de cette commune de Seine Saint-Denis. La fracture s´agrandit, avec les gens qui ont peur. Toute la semaine, j´ai passé mon temps à recevoir 70 % de personnes pour des problèmes de sécurité."
Dans la salle des fêtes ouverte à "tous", où avaient pris place quelque 200 militants et représentants d´associations, les débats ont mêlé actualité du CPE, problèmes de la jeunesse, de transports ou de discriminations. Le premier secrétaire du PS, François Hollande, y a vu une occasion de faire la différence avec le gouvernement. "Nous, nous sommes à l´écoute, en concertation, y compris avec nos élus qui, à juste titre, nous interpellent", a-t-il lancé, tandis que "Jacques Chirac ne s´est exprimé que dans des cironstances exotiques, jamais dans la confrontation avec les Français", et que le premier ministre "louvoie" en tentant d´opposer "une jeunesse à une autre".
La réunion, organisée sous la houlette d´Henri Emmanuelli, est pourtant restée au stade du brouillon. Au terme de la journée, les idées demeuraient floues. Ainsi le PS a-t-il retenu celle d´un "plan "Génération banlieue" pour les jeunes des quartiers qui soutiendraient toutes leurs initiatives, individuelles ou collectives, particulièrement dans le domaine culturel et de l´engagement citoyen". Parmi les mesures mises en avant par M. Hollande, figurent une "allocation d´insertion professionnelle", et le service civique obligatoire de six mois, "essentiel" pour créer de la "solidarité".
Les élus socialistes de banlieue ont surtout témoigné du désarroi et du manque de moyens des "villes pauvres"- au nombre de 200, selon le maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain. Ce dernier est signataire d´un texte sur ce thème, préparé en marge de la rencontre avec son collègue de Bondy, M. Roger, et Franck Pupponi, le maire de Sarcelles.
Dans un "livre noir de la politique de la ville", Vincent Léna, membre de la direction du PS, dénonce le "cocktail Borlootov" - ou l´engagement de crédits pour les quartiers que le ministre de la cohésion sociale n´a "jamais tenu".
Isabelle Mandraud
Article paru dans l´édition du 28.03.06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-754969@51-736794,0.html