Dresse un tableau des dysfonctionnements de l´école.
Violences scolaires, non remplacement des professeurs absents... La Fédération de parents d´élèves de l´enseignement public ( PEEP), en congrès à Giens, a dénoncé jeudi des " dysfonctionnements" de l´école, tout en essayant de moderniser sa propre image.
" Nous attendons des propositions concrètes pour remédier aux dysfonctionnements récurrents de notre système, en particulier le remplacement des professeurs. Nous ne pouvons continuer à accepter les cours non assurés", a déclaré la présidente de la fédération, Josette Daniel, devant le congrès.
Selon un sondage réalisé pour la PEEP par l´institut Audirep, ce chantier arrive en tête des préoccupations des parents, cité comme " prioritaire" par 43% des personnes interrogées.
La PEEP s´inquiète notamment de certains recours judiciaires récents engagés devant le tribunal administratif, comme à Toulouse par exemple, pour exiger et obtenir le remplacement de professeurs absents.
" M. Fillon nous a promis qu´il ferait quelque chose, mais n´a pas dit quoi, ce qui est loin de nous satisfaire", a déclaré à l´AFP Mme Daniel.
Elue en 2003, la nouvelle présidente a adopté un discours offensif, en rupture avec le ton utilisé ces dernières années par la PEEP.
Parmi les dysfonctionnements, elle a relevé la violence scolaire, pointée comme principal point noir par 89% des parents interrogés ( sondage Audirep), mais aussi le nombre important d´enfants ne maîtrisant pas correctement la lecture et l´écriture à l´entrée en sixième, ou la toxicomanie.
Pas de droit à l´erreur
Elle a fustigé le rôle du collège et son
" incapacité" à " gérer l´hétérogénéité des
élèves". " S´il est stigmatisé actuellement, le collège est surtout rejeté par trop d´élèves, car il ne porte ni leurs espoirs ni leurs rêves. Pour beaucoup, il est le symbole d´une scolarité qui se déroule presque sans eux", a-t-elle dit.
" Comment demander à des enfants d´être attentifs et motivés dans un établissement où ils ne trouvent ni écoute ni intérêt, sachant qu´ils seront aiguillés vers des formations qu´ils n´ont pas vraiment demandées", s´est-elle interrogée.
La PEEP, qui a présenté jeudi un nouveau logo abandonnant la référence au schéma traditionnel de la famille nucléaire - papa, maman et deux enfants - doit aussi gérer des problèmes internes, notamment celui du recrutement de nouveaux adhérents.
L´association créée en 1927, qui " revendique haut et fort" son " indépendance politique", refuse l´image de fédération de droite qui lui colle à la peau, par opposition avec sa concurrente, la FCPE, qui, elle, revendique clairement son ancrage à gauche.
Elle affiche 270.000 adhérents, un nombre stable. Mais elle souffre, comme une partie du secteur associatif et syndical, du vieillissement de ses troupes et elle cherche à moderniser son image " traditionnelle" pour attirer des parents plus jeunes.
" Nous avons beaucoup de mal à +entrer+ dans les écoles primaires", dit Mme Daniel. " Sur le plan individuel, les parents n´ont aucun problème pour rencontrer les enseignants de leurs enfants. Mais en tant qu´institution, nous avons beaucoup de difficultés pour nous présenter aux élections. Du coup, les jeunes parents qui voudraient s´investir, s´épuisent vite", ajoute-t-elle. Et on voit ainsi fleurir des mini-associations locales sans pouvoir réel d´influence sur le système.
Par Isabel MALSANG
http://www.peep.asso.fr/