La surprise de Robinson Crusoé
Lance Pierre - samedi 28 janvier 2006
J’écrivais dernièrement que pour bien mesurer la malfaisance du collectivisme, il fallait ramener les processus sociaux à la taille humaine et les imaginer en des rapports de personne à personne. En voici un exemple, dans une nouvelle version de la fameuse histoire de Robinson Crusoë, créée en 1719 par Daniel Defoë.
Le naufragé Robinson vient d’échouer sur une île déserte et il lui faut s’organiser pour survivre, avec pour tous moyens quelques outils arrachés à l’épave. Il se met donc au travail, construit sa hutte, cherche des plantes comestibles, recueille les graines pour créer un potager, fabrique un arc pour chasser et une ligne pour pêcher… Au bout de quelques semaines de dur labeur, il est parvenu à se faire un mode de vie relativement satisfaisant. Un beau matin, voici qu’un second naufragé s’échoue sur le rivage. Robinson l’accueille à bras ouverts. Ne sachant son nom, il le nomme Vendredi, puisque c’est un vendredi qu’il l’a trouvé sur la plage. Le soir tombe et Vendredi, épuisé, s’endort appuyé à un palmier, tandis que Robinson entre dans sa cahute. À partir de là, je prends la liberté de modifier quelque peu la suite du récit…
Le lendemain matin, Robinson est réveillé par le bruit de vigoureux coups de marteau. Il sourit et se dit : « Ah ! Vendredi s’est déjà mis au travail, sans doute pour construire sa propre hutte. » Puis, n’entendant plus rien, il sort de sa cabane. Il comprend alors ce que signifiaient les coups de marteau qui l’avaient réveillé. Vendredi a cloué une planchette sur un bâton et a tracé en grosses lettres sur la pancarte qu’il brandit résolument : J’EXIGE UN EMPLOI !
Or, qui peut lui fournir cet emploi, si ce n’est Robinson, seul autre habitant de l’île ? S’il obtempère, il va devoir se creuser les méninges, suer sang et eau afin de créer une mini-entreprise susceptible d’employer Vendredi, qui ne se soucie pas de savoir où Robinson trouvera des clients. Ce qui revient à dire que Vendredi porte atteinte à la liberté de Robinson.
Et c’est bien ce qui se passe dans la société moderne, de manière collectivisée, donc anonyme. Car enfin, à qui s’adressent ces citoyens au chômage qui exigent des emplois, sinon à d’autres citoyens qui devraient se mettre en quatre pour leur en fournir ? Mais qui va les désigner ? Et pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ? Si un artisan courageux et audacieux crée son échoppe et prend sur ses loisirs et son sommeil pour la développer, de quel droit un chômeur pourrait-il exiger de lui qu’il l’emploie ? Personne ne peut exiger qu’il le fasse tant qu’il ne le juge pas possible. Ou ce serait nier ses propres droits au nom d’un prétendu « droit au travail » qui ne peut pas exister, ou qui ne peut exister que sous une dictature communiste détruisant toute liberté pour « organiser l’emploi », ce qui mène fatalement à la ruine du pays.
Il ressort de ce constat que le chômage endémique est le résultat pur et simple du collectivisme larvé des sociétés faussement libérales, qui écrasent d’impôts et de charges les entreprises afin de créer des emplois fictifs, parasitaires et non productifs, alors que la liberté et la prospérité des firmes est la seule source réelle de travail. Plus l’État veut créer des emplois et plus il en tarit la source naturelle. La seule chose utile que puisse faire un gouvernement en cette matière, c’est de libérer les entreprises et d’offrir à leurs créateurs potentiels les plus grandes facilités pour qu’ils puissent mener à bien leurs projets. Tout le reste n’est que démagogie, poudre aux yeux et miroir aux alouettes.
Le créateur d’entreprise est le citoyen le plus important de la nation. Il surpasse tous les autres en utilité. On devrait l’entourer de prévenances car toute la société repose sur lui. J’ai eu l’honneur et la chance d’en connaître personnellement quelques-uns : Henri et Jean Boiron, créateurs des Laboratoires Boiron, Émile Véron, fondateur des petites voitures Majorette, et mes amis Paul Ménard, autodidacte qui créa une PME de 120 personnes, et Loïc Le Ribault, fondateur d’un célèbre laboratoire privé de police scientifique (sans compter mes éditeurs Guy Trédaniel et Alain Dumait). Ce sont apparemment des hommes comme les autres, mais ils ont une passion au fond du cœur : la passion d’entreprendre. Et ce sont eux qui créent la civilisation.
"Avertir un administrateur".
Eh bien en effet, il est indéniable que les riches sont au dessus, intellectuellement, socialement et sur tous les plans de la société, largement supérieurs à la populace environnante.
Les prolétaires n´ont qu´à faire des gosses, et travailler pour assurer l´apport en main d´oeuvre!
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Maintenant on comprends mieux…
Car c´est bien connu, tous les employeurs de France (ou d´ailleurs) sont de malheureux travailleurs qui ont lutté et sué pour avoir ce qu´ils ont, c´est-à-dire le strict minimum (d´où l´analogie particulièrement intelligente avec le roman de Defoe -qui c´est certain se retournerait dans sa tombe de voir son récit si honteusement détourné- ) et qui risquent de voir leur travail saccagé par ces maudits chômeurs.
c´est sur que le fils a papa d´un pdg va trimer comme un dingue pour avoir son entreprise, il doit faire au moins 500 m dans paris pour aller dans un institut tout frais payés par son paternelle et le patrimoine familiale auquel on ajoute un capital social et culturel favorisant cette avancé dans les etudes...
A défaut d´être à court d´âneries, les libéraux sont à court d´arguments sérieux pour le moment : ce topic en est la preuve vivante.
ce texte me dit quelque chose.. en tout cas, c´est très interessant et pertinent, la preuve: personne ne l´a attaqué autrement que par "c´est nul, c´est pas bien, c´est caca, ces maudits libéraux sont pas doués".
Je n´ose pas imaginer la tête de ce pauvre Defoe, mais en tout cas c´est un bon exemple ![]()
"Et c’est bien ce qui se passe dans la société moderne, de manière collectivisée, donc anonyme. Car enfin, à qui s’adressent ces citoyens au chômage qui exigent des emplois, sinon à d’autres citoyens qui devraient se mettre en quatre pour leur en fournir ? Mais qui va les désigner ? Et pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ? Si un artisan courageux et audacieux crée son échoppe et prend sur ses loisirs et son sommeil pour la développer, de quel droit un chômeur pourrait-il exiger de lui qu’il l’emploie ? Personne ne peut exiger qu’il le fasse tant qu’il ne le juge pas possible. Ou ce serait nier ses propres droits au nom d’un prétendu « droit au travail » qui ne peut pas exister, ou qui ne peut exister que sous une dictature communiste détruisant toute liberté pour « organiser l’emploi », ce qui mène fatalement à la ruine du pays. "
Ce passage m´a fait tiquer. Il n´y a rien à l´heure actuelle qui oblige un créateur de PME à embaucher, surtout s´il n´en a pas les moyens. De plus, les étudiants en alternance, les stages surexploités, les CDD sont à mon avis la preuve que cette prétendue obligation à l´embauche est très facile à biaiser.
Dostix
Oui c´est bien connu tes remarques à toi sont toujours d´une pertinence rare ![]()
Moi je le trouve très bien ce petit texte.Cela prouve bien que les minarchistes et les anarchistes peuvent très bien s´en aller sur une île déserte et créer le monde idéal qui est le leur.Et surtout arrêter de faire chier les autres avec des idées ridicules et inaplicables.
fffanatic : la tradition de "entreprise qui n´embauche pas = vilain égoiste capitaliste", ca n´est pas une obligation mais ca y ressemble ...
Le problème, c´est que si les chômeurs tentent de se créer des emplois eux-mêmes, ils seront de toute façon bien écrasés par la concurrence, qui pourtant voulait qu´ils ne les fassent pas chier à leur demander un boulot.
Cherchez l´erreur !
Le serpent se mord la queue. ![]()
Ve,dredi 13
D´un autre côté, je dirais que cela depend de la taille de l´entreprise. Une échoppe comme le citait ton texte me fait penser à une entreprise de taille réduite. Je me vois mal, par exemple, qualifier de "vilain égoïste capitaliste" le boulanger du coin qui emploie en dehors de sa personne un autre boulanger patissier, et deux ou trois caissieres pour faire tourner sa boutique.
je ne pense pas qu´une entreprise réduite, ou qui s´annonce limite financièrement soit définie comme égoiste si elle n´embauche personne...
Et la plupart des entreprises qui ont une bonne santé financière et qui embauchent, le font parce qu´elles ont besoin de main d´oeuvre, souvent pour augmenter leur production, ou ouvrir des nouvelles zones de vente.
Tu n´as pas du tout a fait comprendre ( ou je me suis mal exprimé ^^ ).
Tu dis qu´il n´y a pas d´obligation d´embaucher ... officiellement, non, nous sommes d´accord ...
Mais si une entreprise refuse d´embaucher, que ca soit le boulanger du coin ou Coca Cola, juste parce qu´ils n´ont pas besoin d´embaucher, c´est les "méchants" et le chômeur qui s´est vu refuser l´emploi le "gentil" ... une forme de pression comme une autre ... apres, il y a souvent les syndicats qui rappliquent, c´est pire. Et ca peut produire l´effet inverse de celui attendu : d´accord, FO a fait la greve et le salarié X est embauché. Comme il n´y a aucun besoin dans l´entreprise, il est délegué aux photocopies, et sera le premier a se faire licencier si besoin est ..... c´est idiot ...
Il faudrait comprendre qu´une entreprise ne voulant pas embaucher n´est pas méchante, c´est juste parce qu´elle ne le peut pas ou n´en a pas besoin ... a ce moment la, plus d´obligation ni de pression ... mais c´est pas gagné !
Disons que j´avais compris par rapport au texte sur les PME uniquement ( le terme d´échoppe m´avait fait faire ce rapprochement)
Après je ferais une distinction entre pas le besoin et pas les moyens. Comme tu le dis à la fin. Je ne pense pas qu´une entreprise qui ne peut pas se permettre d´embaucher un employé se fasse vilipender par les syndicats, simplement parce que ceux qui font partie de l´usine savent parfaitement que l´usine va pas si bien que cela et que forcer l´embauche c´est risquer de perdre son emploi. Bien qu´à mon avis, les responsables syndicaux ne soient jamais dans les premiers licenciés...
Pour une entreprise qui n´en a pas besoin, à part l´Etat et ses fonctionnaires à la pelle, je ne pense pas qu´elle puisse rentrer dans ton schéma. Ou alors avec des mesures que j´ai cité, un CDD, un stage qui lui permet d´évacuer bien vite l´employé indésirable et d´ensuite pouvoir se justifier en lâchant un " Mais si je l´ai aidé. Je lui ai redonné une expérience professionnelle recente, à lui d´en tirer profit".
"la preuve: personne ne l´a attaqué autrement que par "c´est nul, c´est pas bien, c´est caca, ces maudits libéraux sont pas doués"."
Pas du tout.
C´est quoi ton probleme Metallixnake, je pose un texte politique, sur un forum politique, d´où tu veux avertir un administrateur ?
Tu es un subversif Thierry et ce texte est dangereux pour le bien-être de notre societé que tout le monde nous envie (trademark, copyright, licensed, patented and all the tralala).
En effet, oui, l´intervention de ce type me paraît un peu hors-sujet.