L´héritière de la dynastie Nehru-Gandhi a annoncé qu´elle renonçait à prendre la charge du gouvernement indien, après une violente campagne contre ses origines italiennes et des doutes sur la stabilité du gouvernement qu´elle cherchait à former.Face aux cadres du parti du Congrès, Sonia Gandhi a annoncé qu´elle renonçait à prendre la tête du prochain gouvernement, après avoir mené la formation historique de Nehru et Gandhi à une victoire spectaculaire lors des dernières élections législatives. " Le poste de Premier ministre n´a pas pas été mon objectif, a-t-elle déclaré mardi soir au parlement. Je suivrai ma voix intérieure. Aujourd´hui, elle me dit que je dois décliner humblement ce poste". Sonia Gandhi a aussitôt été entouré par des élus qui ont exprimé leur colère.
Un dirigeant important de son parti du Congrès, vainqueur des dernières élections législatives au détriment des nationalistes du BJP, avait annoncé sa décision mardi en fin de journée, ajoutant qu´il serait " très difficile" de la faire changer d´avis, alors que des milliers de ses partisans se pressent depuis plusieurs heures devant sa résidence à New Delhi et que certains ont menacé de se suicider si elle renonçait à venir au pouvoir.
Sécurité et " indianité"
Depuis l´annonce de la victoire sans majorité absolue du Congrès, la formation d´un gouvernement avait connu de nouveaux retards. Le président indien avait été contraint mardi de demander à Sonia Gandhi de s´assurer de la solidité de sa coalition, tandis que des responsables de sa formation signalaient pour la première fois publiquement sa réticence à assumer le pouvoir.
La présidente du Congrès, dont le parti est arrivé en tête aux dernières élections législatives, ne veut pas s´opposer à ses enfants Rahul, 33 ans, et Priyanka, 32 ans, qui voient d´un mauvais oeil leur mère devenir Premier ministre, craignant pour sa sécurité, a déclaré un des dirigeants du Parti communiste d´Inde-Marxiste ( CPI-M), allié du Congrès. Le mari de Mme Gandhi, Rajiv, avait été assassiné en 1991, tandis que sa belle-mère, Indira, avait été tuée en 1984. Il avait fallu sept ans aux membres du Congrès pour convaincre Sonia Gandhi de remplacer son époux à la tête du parti. De plus, Sonia Gandhi refusait de nourrir la polémique soulevée par les ultra-nationalistes sur son " indianité", étant née en Italie et naturalisée indienne en 1984.
Un haut fonctionnaire libéral
Le nom de Manmohan Singh comme possible " autre premier-ministrable" a été évoqué et aurait la préférence de l´héritière de Nehru. Ancien responsable au sein du Fonds monétaire international, M. Singh avait été à l´origine du virage libéral de l´Inde en lançant en 1991, quand il occupait alors le poste de ministre des Finances, un programme de réformes après des décennies d´isolationnisme. La perspective de son retour au pouvoir a renforcé la tendance à la hausse adoptée par la bourse de Bombay dès son ouverture, mardi matin, alors qu´un mini-krach avait accompagné la veille la perspective de ministres communistes dans le futur gouvernement.
Source AFP