Lors d´une conférence de presse mardi, Le Syndicat national de l´édition phonographique ( SNEP) a lancé un nouveau " dernier avertissement" aux internautes qui échangent illégalement des fichiers musicaux sur les réseaux peer-to-peer. L´industrie a d´abord rappelé les mauvais chiffres du premier trimestre 2004 : plus de 20% de baisse en volume pour les albums, une baisse qui équivaut à " un retour aux chiffres de 1994 et 1996". Pour les représentants du Snep, la cause de ces mauvais résultats est " évidemment, l´échange de fichiers". Pour lutter contre ces pratiques, l´industrie a dévoilé une nouvelle campagne publicitaire.
Celle-ci montre un doigt levé derrière des barreaux. Sous le slogan " La musique gratuite a un prix", le rappel des peines encourues par toute personne poursuivie pour échange illicite : jusqu´à 3 mois de prison et 300.000 euros d´amende.
" Nous allons attaquer"
Ce n´est pas la première fois que l´industrie du disque menace ainsi de poursuivre les internautes. Mais cette fois, c´est la bonne, a assuré Hervé Rony, directeur général du SNEP : " les concepts moralisateurs et mignons ne marchent pas. L´internaute n´est pas forcément vertueux, beaucoup tiennent un discours violent envers notre industrie. Nous avons donc décidé d´informer clairement, une fois pour toutes", avant de lancer les poursuites. Certes, celles-ci n´auront pas lieu si, dans les semaines qui suivent la campagne publicitaire, " il y a à la fois effondrement du trafic peer-to-peer et hausse sensible des ventes de disques". Autant dire que l´option est déjà prise.
" Nous allons attaquer. Nous attendons juste le moment et l´opportunité de le faire", a expliqué Gilles Bressand, président du SNEP : " avant l´adoption de la LEN, il nous semblait difficile d´attaquer, car nous voulions être en mesure d´obtenir un soutien face aux Fournisseurs d´accès à Internet", dont le SNEP a encore une fois dénoncé l´attitude. Pour Hervé Rony, " les FAI se sont longtemps moqués de nous, en vendant du gratuit sur notre dos. Maintenant, ils sont dans l´obligation de coopérer".
" Il y aura le choix"
Flous sur la nature des " attaques", sur leur date et leur ampleur, les représentants de l´industrie du disque l´ont été plus encore sur l´offre légale censée offrir une alternative à l´échange gratuit. Alors qu´Hervé Rony s´emportait en martelant que " contrairement à ce qu´on dit, il existe aujourd´hui en France une alternative légale séduisante", Pascal Nègre et Olivier Montfort, d´Universal et Sony, expliquaient porter leurs espoirs sur les offres nouvelles d´Apple et Sony, prévues pour le mois de juin : " il y aura alors un vrai choix".
Pour Pascal Nègre, " les internautes auront bientôt le choix entre musique gratuite et payante. Dès qu´ils auront ce choix, nous attaquerons. La campagne est là pour les informer des risques qu´ils prennent : ils ne pourront plus dire qu´ils sont surpris".