Le japon n´aura pas le réacteur thermonucléaire Iter.
Mais Tokyo a durement négocié et a d´autres atouts en mains pour les technologies d´avenir. Le japon est un foyer phénoménal d´innovation. Et ce n´est pas moi qui le dit. Mais Bill Gates qui s´y connaît. Le fondateur de Microsoft était à Tokyo hier pour lancer un institut de recherche très ambitieux sur les robots du futur. Et le même jour, le ministère japonais des télécommunications publiait un rapport annuel qui démontre une fois de plus l´écrasante domination du Japon dans les nouvelles technologies. Les constructeurs japonais fabriquent aujourd´hui les 3/4 des appareils photos numériques, des téléphones portables de 3ème génération, et des technologies pour les robots vendus dans le monde entier. Plus de la moitié des enregistreurs de DVD et des téléviseurs à écran plat ou à cristaux liquides. Et ce sont leurs composants qui équipent la quasi totalité des produits des concurrents. Cette domination n´est pas le fruit du hasard. Même au plus fort de la décennie de crise dont il commence à sortir, le Japon n´a jamais hypothéqué l´avenir en réduisant ses efforts de recherche. Il y consacre chaque année 100 milliards de dollars. 3 fois plus que la France. Et à la différence de ce qui se passe chez nous, ce sont les entreprises et non pas l´Etat qui fournissent le gros de l´effort. Les Sharp, Canon, Matsushita et Fujitsu qui voient émerger à leurs portes de redoutables concurrents chinois, n´ont qu´un seul bréviaire : l´innovation à tout prix. 650 000 chercheurs s´y emploient. 4 fois plus que chez nous. Et le marché japonais leur sert de panel pour tester leurs nouveaux produits. Les Japonais en sont fous. Les deux tiers sont connectés à Internet, la plupart en haut débit. Les trois quarts disposent d´un mobile et s´en servent pour échanger des données ou consulter des sites. Le résultat c´est que le commerce extérieur japonais n´a jamais cessé d´être florissant, qu´il est paré pour l´avenir, et que le Japon en est même à relocaliser chez lui les usines les plus pointues. Alors Iter dans ce contexte parait bien facultatif. Son coût énorme, ses résultats aléatoires, sont loin du réalisme qui caractérise la stratégie industrielle et scientifique du Japon. A nous le prestige, à eux le business. Les Japonais se sont tellement bien débrouillés dans la négociation qu´ils financeront 10% du projet mais profiteront de 20% des contrats. Autrement dit, ils ont dores et déjà l´assurance qu´un Yen investi dans Iter leur en rapportera deux. Pour eux, et pour eux seuls, Iter est déjà rentable