Un trou d´air inquiétant pour les investissements étrangers en France l´an dernier.
Ils ont chuté de moitié. Dans les années 70, le chancelier socialiste allemand Helmut Schmidt aimait à dire que les investissements d´aujourd´hui sont les emplois de demain. Il avait tellement raison que tous les pays du monde font aujourd´hui assaut de séduction pour attirer les capitaux. Et plus particulièrement ce qu´on appelle les IDE, les investissements directs étrangers. Rien à voir avec des aller-retours de court terme sur les marchés boursiers. Il s´agit là de l´argent investi par des entreprises étrangères pour prendre des intérêts durables dans les entreprises d´autres pays. C´est donc une mesure assez précise de l´attractivité du pays receveur. Et à cet égard, les chiffres 2004 de l´organisation de coopération et de développement économique, l´OCDE, le club des 30 pays les plus riches du monde, sont plutôt alarmants. Globalement les pays de la zone euro souffrent d´une certaine désaffection, due notamment à la force de la monnaie et la morosité de la conjoncture. Les investissements étrangers y ont chuté de 58% sur an. Avec toutefois d´énormes contrastes. Une quasi-Bérésina pour l´Allemagne où les étrangers ont carrément et massivement désinvesti. Ils ont retiré d´Allemagne plus d´argent qu´ils n´en avaient placé l´année précédente. Une forte chute d´intérêt pour la France. 24 milliards de dollars d´investissements étrangers, presque deux fois moins qu´un an plus tôt. Et par exemple beaucoup moins que la Belgique, dont l´économie pèse pourtant 6 fois moins lourd que la nôtre. Alors, il peut y avoir des explications ponctuelles à cette contre-performance spectaculaire des deux pays les plus puissants d´Europe continentale. Sur trois ans, une étude récente du tout nouveau conseil stratégique pour l´attractivité de la France, montre une tendance moins inquiétante. Le site France sur la période s´approcherait des performances britanniques. La référence en Europe. Mais l´an dernier, la Grande Bretagne a clairement creusé l´écart. Elle a accueilli 78 milliards de dollars d´investissements. 3 fois plus que la France et presque autant que les Etats Unis. A coté du score britannique, même la Chine et ses 55 milliards, et le trio Brésil- Russie - Inde, moins de 20 milliards chacun, font presque pâle figure. Pour les investisseurs du monde entier, Londres apparaît comme la tête de pont la plus solide et la plus prometteuse pour mettre le pied en Europe.
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