" Bien évidemment les petites mafias locales des quartiers pauvres de nos villes jouent un rôle dans la distribution des drogues. L´argent de ce trafic est un moyen de survie pour quelques jeunes. Ces mafias sont craintes et respectées, car ce sont elles qui génèrent l´activité économique, en même temps qu´elles répriment presque tout ce qui pourrait gêner leur commerce. Elles constituent d´ailleurs un puissant moteur du " MALAISE DES BANLIEUES", puisqu´elles sont un sérieux obstacle à la mobilisation de la population pour trouver une issue à ce malaise.
Cependant, le rôle des mafias des cités s´arrête à la distribution et, dans une certaine mesure, à l´approvisionnement. La source première de ce trafic fait intervenir de plus éminentes responsabilités. L´Observatoire Géopolitique des Drogues ( OGD) a détaillé dans de minutieuses enquêtes l´implication majeure du régime marocain dans la production et le commerce de drogues : le Maroc est le premier exportateur de haschisch vers le marché européen. " Les revenus des dérivés de cannabis représentent la première source de devise du pays: ils sont estimés à 1,5 milliards de dollars". L´OGD révélait en 1995 que le Maroc avait multiplié les surfaces de culture de cannabis par dix en dix ans. Et tout ceci s’est passé dans la discrétion et une apparente indifférence des pays amis, et notamment de la France, qui est le plus gros importateur."