Les ex-otages japonais qui avaient été retenus en Irak sont mis au ban de la société depuis leur retour. Ils sont accusés d´avoir humilié leur pays.
AU JAPON, LES OTAGES DEVRONT PAYER LEUR LIBERATION
« C’est la tête basse et le visage sombre que les trois premiers otages japonais sont arrivés dimanche 18 avril à Tokyo. Ils n’ont fait aucune déclaration. Une discrétion révélatrice d’un « stress post-traumatisme » qui n’est peut-être pas dû à leur seul enlèvement. Tous trois - les deux autres kidnappés nippons libérés samedi sont attendus mardi au Japon – ont apparemment été choqués par les critiques reçues par leurs familles au motif que leurs enfants auraient mis le gouvernement en difficulté. Et leur entourage a préféré les tenir à l’écart de la presse pour ne pas envenimer les choses.
Juste après leur libération, deux des otages ont annoncé leur intention de retourner en Irak. Nahoko Takato a déclaré vouloir poursuivre son activité humanitaire, tandis que Soichiro Koriyama a indiqué son intention de prolonger son travail de photographe. Leurs déclarations ont provoqué un tollé d’incompréhension et d’exaspération au sein de la presse conservatrice et du gouvernement.
« LES FAMILLES DOIVENT S’EXCUSER » S’érigeant en « Père fouettard », le premier ministre Junichiro Koizumi a tancé les bénévoles : « Comment osent-ils dire des choses pareilles après que l’on a travaillé sans dormir ni manger pour les faire libérer ? Ils doivent se réveiller ! » « Qu’ils aillent où ils veulent, mais, s’il arrive quelque chose, ce sera leur faute », a renchéri le ministre de l’industrie et du commerce international, Shoichi Nakagawa.
Philippe Pons, Le Monde, 20 avril 2004
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Autres lieux autres moeurs sacrés Japonnais ils rigolent pas avec l´honneur