" PARIS ( Reuters) - " Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes", lâche avec amertume François Fillon, dans une interview au Monde vendredi. " Je suis le seul à avoir mené neuf réformes législatives."
" En me virant du gouvernement, ils ont fait de moi un directeur de campagne avant l´heure...".
" Je vais m´investir à fond dans l´UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007", dit l´ancien ministre de l´Education, évincé de l´équipe Villepin. Il ajoute qu´il va se " faire élire au Sénat en septembre".
Il n´a pas apprécié la façon dont le chef de l´Etat l´a traité. " Chirac m´a appelé, il ne m´a pas dit un mot de ce que j´avais fait au gouvernement", dit-il.
A la mi-journée, François Fillon a été reçu un quart d´heure à l´Hôtel Matignon. Il n´a fait aucune déclaration à sa sortie, pas plus qu´il n´en avait fait peu auparavant lors de sa passation de pouvoirs avec Gilles de Robien, rue de Grenelle.
François Fillon a préféré que le passage de relais se fasse loin des caméras, dans son bureau. Le visage fermé, il a ensuite quitté à pied le ministère, sous les applaudissements des personnels massés dans la cour et aux fenêtres.
Sur le perron, après son départ, le nouveau ministre de l´Education lui a rendu un hommage appuyé.
" J´ai salué mon ami François", a dit Gilles de Robien. " Nos rapports sont amicaux et ça s´est passé très amicalement, dans le bureau."
" J´ai vraiment beaucoup d´estime et d´amitié pour eux", a-t-il ajouté en parlant aussi de François d´Aubert, ex-ministre délégué à la Recherche, également évincé du gouvernement.
" Ils sont, l´un et l´autre, vraiment pénétrés du sens du service public, qu´ils portent dans leur coeur depuis vraiment très, très longtemps. Je voulais vraiment leur rendre hommage", a insisté Gilles de Robien.
Pour sa part, Gilles de Robien devrait se mettre en disponibilité de l´UDF après sa décision de rester au gouvernement, sa formation politique ayant décidé de ne pas participer au cabinet Villepin.
" Gilles de Robien ne représente pas l´UDF au gouvernement. Il trouvera la solution lui-même", a dit la sénatrice UDF Jacqueline Gourault, sur France Info"
Il s´attendait a quoi? Il a réussi le pari de se faire détester des élèves et des profs , de recevoir une claque au Sénat et de se faire censurer par le conseil constitutionel. Bon débarras.