« Nous n´oublierons jamais les gestes spontanés de solidarité de la part des Français pendant les grèves de 1980. Nous nous souviendrons toujours du soutien moral et de l´aide matérielle qui nous arrivaient des centaines de villes et de villages de France au temps de l´état de guerre pour soutenir la lutte de Solidarnosc ! »
Voilà le témoignage qui nous a été envoyé de Pologne par l´ancien président de la République Lech Walesa, par deux anciens ministres, trois ministres des Affaires étrangères, plusieurs ambassadeurs, écrivains et journalistes, tel Adam Michnik, des cinéastes comme Andrzej Wajda, des universitaires et d´anciens combattants du ghetto de Varsovie.
Ce qui les motive, aujourd´hui, c´est la construction de l´Union européenne. Ils veulent relever les défis qui se présentent à eux, comme à nous, à l´occasion des référendums sur le traité constitutionnel auquel, eux comme nous, sont appelés à donner leur avis.
Ils estiment que « le traité constitutionnel, grâce à la Charte des droits fondamentaux qu´il contient, offre une chance réelle d´approfondir les dimensions sociales de l´Union européenne [...], de maintenir le modèle social européen et de le concilier avec les changements nécessaires pour accélérer notre développement commun ».
Cette Charte des droits fondamentaux, ayant valeur constitutionnelle, prendra en compte la protection de chaque citoyen de l´Union. Les Polonais, comme les habitants des autres démocraties que l´on disait jadis populaires, et qui ont rallié l´Union européenne après leur libération, savent ce que cela veut dire. Demandez aux peuples balte, hongrois, tchèque ou slovaque ce qu´ils en pensent : pour eux, c´est essentiel, car ils n´ont pas oublié les souffrances, les peurs, les mépris, les emprisonnements arbitraires, les faux procès que leur ont valu l´absence de démocratie sous l´Empire soviétique.
Il s´agit de l´avenir de l´Europe et de la paix
Pour eux, l´Europe est un rempart contre le retour de telles menaces. C´est aussi une protection contre le surgissement au sein de nos pays de politiques autoritaires ou dictatoriales. C´est la garantie que l´on peut progresser dans la liberté vers plus de justice et de prospérité, même si tout n´est pas parfait aujourd´hui. Ils estiment qu´il s´agit, à l´heure actuelle, de l´avenir de l´Europe et de la paix. « Notre devoir, disent-ils, exige que nous soutenions le traité constitutionnel dans les référendums. »
De nombreux pays, telle la Pologne, regardent vers la France considérée comme l´un des premiers leaders de l´Europe. Ils sont stupéfaits des hésitations que nous montrons actuellement. Pour eux, la France, ce n´est pas le repli peureux sur soi-même recommandé par les souverainistes. Il signifierait et amplifierait un vote négatif au référendum. Pour nos amis polonais et nombre de peuples, la France c´est le magnifique idéal de la démocratie et de la fraternité qu´elle a contribué à incarner dans l´Union européenne.
La déclaration solennelle de nos amis polonais se termine par un vibrant appel : « Au nom de cet avenir, au nom des liens qui ont uni nos deux pays pendant des siècles, au nom de l´affection que nous portons à la France, répondez à l´espoir que placent en vous vos voisins et vos amis ! Nous sommes persuadés qu´il ne peut y avoir d´Union européenne viable, forte et écoutée dans le monde, sans que la France y assume le rôle que lui assigne l´histoire. »
LA FRANCE EST NOTRE PATRIE
L´EUROPE EST NOTRE AVENIR !