MADRID ( LatinReporters.com) - Avec 657.200 étrangers de plus en 2004, l´Espagne a battu, comme en 2003, le record européen de perméabilité à l´immigration. Sur un total 43.970.000 habitants -chiffre arrêté au 1er janvier 2005- l´Institut national espagnol de statistique ( INE) relève 3.691.500 d´étrangers, soit 8,4% de la population contre 8% en France.
Par nationalité, les Marocains, au nombre de 505.400, ravissent la première place aux Equatoriens ( 491.800), suivis des Roumains ( 314.300) et des Colombiens ( 268.900).
Présentés à Madrid par la présidente de l´INE, Carmen Alcaide, ces chiffres affinent et surpassent ceux d´une première évaluation qui, en février dernier, limitait à 450.000 l´accroissement du nombre d´étrangers en 2004.
Pour un pays comme l´Espagne, qui voilà à peine 30 ans exportait encore ses chômeurs au-delà des Pyrénées, accueillir désormais proportionnellement plus d´étrangers que la France est un retournement historique qui accrédite l´actuel miracle économique espagnol.
Dans l´Europe des 25, selon les statistiques officielles diffusées à Madrid, seules l´Autriche ( 9,2%), l´Allemagne ( 9%) et la Belgique ( 8,7%) compteraient une proportion d´étrangers supérieure, mais seulement très légèrement, à celle de l´Espagne.
Ces chiffres étonnants sont diffusés quelques jours avant la clôture, le 7 mai prochain, de la régularisation de clandestins ouverte le 7 février par le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero. Ce processus a exercé hors des frontières un effet d´appel sur des clandestins venus même d´autres pays européens.
Entre 500.000 et 600.000 demandes de régularisation sont attendues. Le total était mercredi soir de 486.381. Même si elles aboutissaient toutes, l´Espagne compterait encore près d´un million de sans papiers, soit autant . .. qu´avant le lancement de la régularisation.
Les derniers venus, dont Carmen Alcaide évalue l´avalanche à 200.00 au cours du seul premier trimestre de 2005, n´ont en principe aucune possibilité d´être légalisés. La régularisation n´est en effet ouverte qu´aux immigrés pouvant prouver qu´ils étaient en Espagne avant le 7 août 2004. Un contrat de travail d´au moins six mois ( trois mois dans l´agriculture) est en outre exigé