Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, a frappé à Marseille les trois coups de la campagne socialiste du " oui" au référendum du 29 mai sur la Constitution européenne.
Devant près de 2.000 personnes, le dirigeant socialiste s´est efforcé jeudi soir de " découpler" les enjeux de cette consultation et l´opposition à la politique menée par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et de reprendre la main dans un Parti socialiste qui semble déchiré par la campagne.
" La campagne s´ouvre ici à Marseille ( ...). Voter ´oui´ n´est pas un choix dicté par l´habitude. Nous disons ´oui´ car il n´y a que des avancées et pas le moindre recul, ni la plus virtuelle des régressions dans le traité constitutionnel", a-t-il plaidé.
" S´il n´y a pas de constitution européenne, il n´y aura pas d´Europe sociale ( ...) Les socialistes doivent faire le choix du vote utile pour l´Europe", a-t-il ajouté.
Pour son entrée véritable dans la campagne, alors que le camp du " non" semble en progression notamment dans les rangs de sa formation, le premier secrétaire du Parti socialiste a volontairement musclé son discours, affirmant sa volonté de mener une " campagne de vérité" et, surtout, appelant à ne pas se tromper de cible en sacrifiant " l´idéal européen" à la " satisfaction temporaire" de sanctionner le gouvernement.
" Nous avons devant nous un gouvernement à l´agonie et il eut été facile d´appeler à la sanction ( ...) Que le ´oui´ ou le ´non´ l´emporte, je vous le dis en confidence, les jours du gouvernement Raffarin sont comptés", a-t-il affirmé.
" L´Europe mérite mieux qu´un simple mouvement d´humeur. Il faudra sanctionner en 2007 mais, aujourd´hui, c´est l´Europe qu´il faut porter", a-t-il expliqué.
Le député de Corrèze a aussi volontairement grossi les traits d´un vote négatif qui, selon lui, ne ferait qu´entraîner une " panne politique" et la " fin des espérances".
" De toutes parts, on regarde la France. Jamais un test n´a été aussi décisif pour l´avenir des prochaines générations", a-t-il lancé.
Il a également stigmatisé l´attitude des partisans du ´non´, qui ne proposent que " l´illusion d´une renégociation avec Jacques Chirac comme porte-parole".
" L´Europe est sur un bateau, la constitution tombe à l´eau, que reste-t-il ? Précisément ce que nous dénonçons. Je refuse donc le choix de rejeter la constitution pour garder l´Europe actuelle", a-t-il dit.
REPRENDRE LA MAIN AU SEIN DU PS
A l´encontre de la " gauche du non", il a jugé qu´il y aurait " un terrible paradoxe si une partie de la gauche, celle qui se trompe souvent, mettait à bas l´Europe".
Et s´efforçant de reprendre la main dans son propre parti, François Hollande a mis en garde: " Je conjure ceux qui utilisent parfois le mensonge de bien prendre conscience que la gauche n´est pas là pour manipuler les peurs mais pour porter l´espoir."
Vainqueurs en décembre de la consultation interne, qui avaient vu les militants PS voter à près de 60% pour le " oui", les tenants socialistes du traité constitutionnel ont depuis été rattrapés, voire dépassés par les partisans du " non" dont les contingents augmentent au gré des sondages.
François Hollande a ainsi vu son autorité directement battue en brèche par les chefs de file de la dissidence, Jean-Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli, qui font ouvertement campagne contre la ligne officielle du PS.
" Je viens ici comme un socialiste français mandaté par un vote militant pour défendre une position que la majorité des socialistes ont voulu", a rappelé le Premier secrétaire. " Que certains s´affranchissent de la démocratie interne ne change rien à l´affaire."
Il avait auparavant reçu le soutien de Jack Lang qui a pour sa part fustigé l´attitude d´une " petite minorité", qui fait fi du débat interne mené au PS et se comporte en " marchands d´illusions".
" La large victoire du ´oui´ engage l´ensemble des militants, des élus et des dirigeants socialistes. Notre parti ne doit s´exprimer que d´une seule voix", a déclaré le député du Pas-de-Calais.
" Qu´on ne vienne pas ensuite pleurer des larmes de crocodile quand on a soi-même contribué à semer le doute et l´angoisse", a-t-il ajouté, réclamant un " devoir de clarté" dans un " jeu encore totalement ouvert".
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Emmanuelli vient de se faire ridiculiser sur FR2 par Sarkozy a la constitution européenne
Raffarin rentre en campagne
Chirac ce sera le 7 avril a la TV ou il sera interviewer par des jeunes
Et les pro-non?
On ne les vois nulle part!
Mais ou son il?