Les intentions de vote en faveur du non au référendum constitutionnel européen du 29 mai s´établissent à 55%, contre 45% en faveur du oui, enregistrant une nouvelle forte progression par rapport aux précédentes enquêtes, selon un sondage CSA pour Marianne à paraître samedi.
Le précédent sondage CSA pour Le Parisien, réalisé les 16 et 17 mars, donnait pour la première fois le non majoritaire à 51% contre 49% au oui.
Une enquête Ipsos pour le Figaro et Europe 1, réalisée les 18 et 19 mars, avait confirmé la tendance, avec le non à 52% et le oui à 48%.
Selon le sondage CSA Marianne, réalisé le 23 mars, 50% des personnes interrogées expriment leur intention de s´abstenir ou de voter blanc ou nul, contre 53% auparavant.
Interrogés sur le résultat qu´ils espèrent " au fond d´eux-mêmes", les sondés se prononcent majoritairement ( 37%) pour une victoire du oui, 30% souhaitant la victoire du non et 33% affirmant que " cela n´a pas d´importance".
Les sympathisants de gauche se prononcent majoritairement pour le non à 58% ( +1 point) contre 42% pour le oui ( -1). Chez les sympathisants du PS, le non l´emporte avec 54% des intentions de vote ( -5). Le non devient également majoritaire chez les électeurs des Verts à 55% ( +24).
Le non progresse davantage à droite qu´à gauche, gagnant 5 points à 41% des intentions de vote contre 59% pour le oui. C´est surtout chez les électeurs de l´UMP que le non gagne du terrain, progressant de 8 points à 39%, tandis qu´il recule chez ceux de l´UDF ( 27% contre 38%).
Certains de ces pourcentages sont toutefois à considérer avec prudence compte tenu de la faiblesse de certains échantillons d´électeurs affichant une préférence partisane.
Interrogés sur les raisons de leur choix, les partisans du non placent en premier lieu l´opposition à l´entrée de la Turquie dans l´UE ( 31%), devant l´attente d´une réorientation des politiques européennes dans un sens plus social ( 29%). Viennent ensuite le souhait d´une renégociation du Traité européen ( 26%), la volonté d´exprimer son " ras-le-bol" ( 22%) et le mécontentement à l´égard du gouvernement Raffarin et de Jacques Chirac ( 20%).
Les partisans du oui se disent très majoritairement " pour l´Europe" ( 46%) et pensent qu´il est important d´avoir une Constitution pour l´UE ( 33%). 26% jugent qu´il faut des règles avec les nouveaux pays entrants et 19% veulent empêcher que la France ait une influence plus faible en Europe.
Ce sondage a été réalisé par téléphone le 23 mars, auprès d´un échantillon national de 856 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales ( méthode des quotas).
L´institut CSA souligne que ces résultats doivent être " interprétés comme des rapports de force à la date de l´enquête et en aucun cas comme prédictifs des résultats le jour du vote".