15 mars 2005
TAIPEH, Taïwan ( AP) - La loi votée par les députés chinois, qui rend possible un éventuel conflit armé entre Pékin et Taïwan, dont la Chine refuse les velleités autonomistes, n´a pas provoqué de vague de panique sur l´île, où l´on croit peu à l´éventualité d´une guerre avec le géant chinois, partenaire commercial de premier plan.
Les médias, les marchés et l´homme de la rue sont habitués aux rodomontades de Pékin depuis la fin de la guerre de 1949 qui a marqué la prise de pouvoir des communistes sur le continent et le début de l´indépendance de fait de Taïwan, petite île de la taille des Pays-Bas à 160 kilomètres seulement des côtes chinoises
Depuis plus de 50 ans, Taïwan est notamment soutenue par les Etats-Unis, qui ont toujours affirmé qu´ils défendraient l´île-Etat contre la moindre attaque de Pékin, et les autorités taïwanaises ont appris à tirer parti des rodomontades de Pékin pour apparaître à la face du monde comme une démocratie qui pratique le libre-échange, un pays capitaliste menacé par un monstre autoritaire...
Les responsables taïwanais ont dénoncé avec colère et indignation la loi votée lundi à Pékin, mais la population est plutôt restée de marbre.
Joseph Wu, le président du «Mainland Affairs Council», qui gère les relations avec la Chine, a averti que la loi allait «jeter une ombre de guerre» sur l´Asie orientale, ajoutant qu´elle avait »provoqué l´émotion et la douleur des Taïwanais» et qu´elle »amoindrissait la liberté et la démocratie dans l´île».
Lundi, seules une trentaine de personnes, dont beaucoup de députés pro-indépendantistes, ont manifesté à Taïwan contre le texte, scandant des slogans hostiles à Pékin et brûlant le drapeau chinois.
Mais les médias, qui ont relayé l´annonce en début de journée, l´ont reléguée au second plan: le journal télévisé du soir s´est ouvert sur la prodigieuse réussite et les déboires actuels de Terry Gou, président de Hon Hai et homme le plus riche de Taïwan, selon le magazine «Forbes», dont l´épouse vient de mourir d´un cancer du sein.
Les milieux économiques et les marchés sont eux restés de marbre, persuadés qu´une guerre avec la Chine, première terre d´accueil des investissements chinois, est peu probable.
La bourse de Taïwan a clôturé en baisse de 0,8% seulement, et les analystes se disaient lundi surtout préoccupés par les mauvaises performances dans le secteur des technologies au second trimestre.
L´actif des entreprises taïwanaises en Chine est estimé à plus de 100 milliards de dollars ( près de 75 milliards d´euros).
Les deux économies, unies par la même langue, sont parfaitement complémentaires: l´économie de Taïwan fait travailler des millions de salariés en Chine, où les salaires sont bas, et inonde le continent de ses produits, des chaussures de sport aux ordinateurs portables.
--> C´est la guerre ! !!!! comme d´hab...