Le député des Landes, partisan du " non" au référendum, a voulu rappeler que les socialistes pouvaient se tromper en citant comme exemple la " majorité" d´entre-eux qui ont voté " en 1940 les pleins pouvoirs" à Pétain. " Un dérapage inadmissible" pour François Hollande. L´intéressé " regrette" ce parallèle
Après la sortie d´Henri Emmanuelli selon laquelle le Parti socialiste n´était pas infaillible, le vote des pleins pouvoirs à Pétain en 1940 en étant un exemple, le Premier secrétaire du PS François Hollande a estimé samedi 12 mars que le député des Landes avait commis un " dérapage inadmissible" qu´il devait " le corriger au plus vite". L´intéressé pour sa part a fait un début de mea-culpa samedi dans Libération.
Henri Emmanuelli a " commis un dérapage inadmissible. Il doit le corriger au plus vite car ça ne lui ressemble pas", a déclaré François Hollande.
" Des lignes infranchissables"
Henri Emmanuelli, député socialiste des Landes et avocat du non au référendum sur la Constitution européenne, a déclaré vendredi au micro de France Bleu-Gascogne que " quand, en conscience, on croit devoir défendre une cause parce qu´elle est juste, il n´y a pas de lignes infranchissables". Il a rappelé qu´il y avait " une majorité de socialistes pour envoyer le contingent en Algérie, ce n´est pas pour ça que c´était une bonne chose.Il y avait une majorité de socialistes pour voter en 1940 les pleins pouvoirs à Laval ( ndlr: en réalité à Pétain), ceux qui ont résisté sont passés à la postérité et ceux qui l´ont fait ont fini dans l´opprobre", avait-il ajouté.
Selon François Hollande, Henri Emmanuelli, qui a été lui même Premier secrétaire du PS, " sait mieux que d´autres le respect qui doit s´attacher à nos règles collectives et la considération qu´il doit avoir à l´égard de l´histoire même du parti socialiste".
" Au-delà de cette parole choquante, il y a deux vrais sujets", selon François Hollande. D´une part, " le respect du vote démocratique des militants et il n´est jamais d´excuse valable pour s´en affranchir". D´autre part, " l´unité des socialistes car ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare notamment sur la Constitution européenne qui ne peut pas et ne doit pas être un clivage majeur entre les socialistes et au sein de toute la gauche".
Dray " abasourdi"
Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray demande pour sa part au député des Landes " de revenir à la raison", ces " propos étant tellement énormes" qu´il en est " presque abasourdi".
" Et après, Henri va dire qu´il est la victime ! Je lui demande de revenir à la raison. Moi, je ne considère pas que, parce qu´il mène campagne pour le non, il soit un traître ou un ami de Philippe de Villiers. C´est un dirigeant du PS: il doit donner l´exemple en ne disant pas n´importe quoi", déclare Julien Dray dans Le Parisien/Aujourd´hui en France de samedi.
" J´ai été pendant quinze ans minoritaire, y compris sur des questions graves, jamais je me suis permis de faire campagne contre mon parti de cette façon-là. Ceux qui se revendiquent de la base sont en train de lui imposer leurs caprices de chefs". Toujours dans " Le Parisien", Julien Dray " constate que ceux qui ont demandé le plus fort une consultation interne veulent maintenant tirer un trait depuis qu´ils ne sont pas majoritaires".
Interrogé par ailleurs par France Inter, Julien Dray rappelle qu´Henri Emmanuelli " peut défendre ses idées, personne ne le lui interdit. Il faut qu´il arrête de penser qu´il est le seul détenteur de la vérité et qu´il est en train de témoigner pour l´Histoire. Les gens qui veulent témoigner pour l´Histoire, il y en a eu beaucoup et souvent l´Histoire les a oubliés".
Henri Emmanuelli reconnaît dans Libération que cette déclaration n´est pas la plus intelligente qu´il ait faite. Il précise " avoir voulu dire que les minorités n´ont pas toujours eu tort dans l´Histoire. J´ai donné deux exemples pas très bien choisis pour montrer que le parti n´est pas infaillible. Ce n´est peut-être pas malin de ma part", reconnaît le député des Landes.
( Avec AP)
-----------------------------
J´aurai pas fais mieux comme parallele