La longue dérive de Vénissieux
Cette ville de la banlieue lyonnaise, rendue célèbre par la Marche des beurs, en 1983, n´a pu résister à l´essor du communautarisme.
Il est midi, ce samedi matin d´hiver, sur l´immense marché des Minguettes, à Vénissieux, près de Lyon. A genoux, une femme de quarante ans mendie depuis plus de trois heures. Tête baissée, elle cache son visage sous un long voile bleu. Sa fille dort à ses côtés. Cinq autres femmes demandent l´aumône. Toutes sont voilées. " On a l´impression d´être au bled", lâche un marchand de bonbons, natif d´Oran.
Ici, les commerçants interpellent les clients en arabe. Leurs cris se mêlent à ceux de quelques jeunes qui demandent aux passants de les aider à financer des mosquées à Lyon. Plus loin, de vieux Chibanis font la promotion du pèlerinage à La Mecque. Et d´autres jeunes, barbes naissantes, déambulent en gandoura entre les rayons. Tous les stands ont du succès, sauf ceux proposant de la lingerie fine et de la musique. Tout autour du marché et dans le reste des quartiers populaires, les boucheries halal sont nombreuses. L´automne dernier, à l´époque du ramadan, la plupart des snacks - comme le Mk´Halal, aux couleurs de McDonald´s - étaient fermés la journée.
Certains élus locaux voient là des signes inquiétants de repli identitaire et religieux. A leurs yeux, Vénissieux est même devenu une " république islamique". Un sentiment nourri par de récentes affaires de terrorisme : trois des sept Français détenus sur la base américaine de Guantanamo ne sont-ils pas originaires de cette ville ? Sans oublier que Tariq Ramadan, intellectuel controversé, a donné ses premières conférences en France dans les gymnases locaux.
Il y a une vingtaine d´années, Vénissieux symbolisait pourtant la France Black, Blanc, Beur. C´est en effet ici, à l´ombre des tours grises des Minguettes, qu´une quinzaine de jeunes eurent l´idée, en 1983, d´une " marche pour l´égalité", rebaptisée ensuite Marche des beurs.
" Comment a-t-on pu passer d´une action revendiquant l´égalité à une situatiuon où on parle d´islamisme et de terrorisme ? ", s´interroge Samia Hamdiken, conseillère communautaire ( PS). Selon Mouloud Aïssou, ancien militant chez les Jeunes Arabes de Lyon et banlieues ( JALB), tout le mal vient de la Marche de 1983 : " En la rebaptisant Marche des beurs, on n´a retenu que la notion d´Arabe et pas celle d´un mouvement réclamant l´égalité républicaine. C´est la naissance du communautarisme." La désillusion a été rapide et profonde pour les marcheurs. L´un d´eux a sombré dans la dépression, d´autres sont tombés dans la drogue ou s´estiment " grillés" professionnellement. Amer, Toumi Tdjaidja, figure emblématique de 1983, évite les médias. " Après les lumières de la République, ils sont rentrés dans l´ombre. Ils n´ont pas été reconnus au niveau local. Aucun n´a émergé", note Djida Tazdaïd, ancienne députée européenne ( Verts). Il a fallu attendre les élections municipales de 2001 pour que le député maire de Vénissieux, le communiste André Gerin, s´entoure d´un adjoint d´origine maghrébine. Analyse du sociologue lyonnais Azouz Begag : " Jack Lang, François Mitterrand et Julien Dray ont repéré à l´époque un mouvement spontané de jeunes de la France bigarrée. Ils ont voulu en faire une force de frappe politique. Les jeunes des Minguettes se sont cru représentés par les bouffonneries de SOS-Racisme. Mais, dans les faits, ils ont été spoliés et déboutés de leur demande de participation au pouvoir local et national. Ils ont été victimes de l´instrumentalisation mitterrandienne."
Seules les familles les plus modestes restent. Des enseignants et des responsables de comités de quartier déménagent. Sur la scène politique, le communisme perd du terrain au profit du Front national. Le local de la CGT ferme ses portes. Les associations " citoyennes" et arabes - telle l´Amicale des Algériens, proche du FLN - n´ont plus d´audience. " Les magouilles des jeunes se multipliaient : shit, vols de télés... Le tout sous les yeux de leurs parents, qui n´auraient pas dû les laisser faire", commente un ancien policier. Le Père Christian Delorme, surnommé le " curé des Minguettes" et qui fut l´un des initiateurs de la Marche, préfère mettre en cause les " pouvoirs publics". Selon lui, ils auraient " laissé se développer le trafic de haschisch en voyant que les familles démunies pouvaient tenir le coup".
C´est dans ce contexte que l´islam est arrivé, dès 1984, pour réveiller une fibre identitaire et religieuse assoupie. " Les tablighs -sorte d´évangélistes musulmans- mais aussi les étudiants étrangers se réfugiaient ici. Ils investissaient les facs, réussissaient leurs études, prenaient les jeunes en charge. Ces derniers se sentaient enfin reconnus, indique Boualem Azahoum, de Divercité, une association influente à Vénissieux. Puis, à la fin des années 1980, le FIS -Front islamique du salut, mouvement algérien- a commencé à grimper dans nos quartiers et l´on a vu revenir des combattants d´Afghanistan."
Affirmer sa religiosité. Tel est le credo de l´Union des jeunes musulmans ( UJM), association créée en 1987 sous l´impulsion d´un groupe de beurs - dont le charismatique Yamine Makri - marqués par l´échec de la Marche. Ils réclament des prêches en français, un islam sans lien avec les pays d´origine comme peuvent l´être les Grandes Mosquées de Paris et de Lyon... " On s´est dit que nos parents avaient trop fermé leur gueule, alors qu´ils avaient sacrifié leur vie pour la France. Trop de beurs partaient à la dérive", se souvient Abdelaziz Chaambi, un des fondateurs de l´association. L´UJM souhaite concilier laïcité et islam, mais un islam plus dogmatique, moins populaire, moins " laxiste" aussi. Gilles Kepel, directeur de recherche au CNRS, explique, dans le livre de Richard Labevière Les Dollars de la terreur, les Etats-Unis et les islamistes ( Grasset), que l´UJM " situe principalement son action au niveau municipal et privilégie une réislamisation " par le bas", par la construction communautaire de proximité et de vie quotidienne".
Très vite, l´UJM et les autres associations musulmanes deviennent les interlocuteurs privilégiés du maire ( PC), André Gerin. Celui-ci y gagne le surnom d´"Imam rouge". " Les imams et les croyants ont compris que, pour compter sur le marché électoral, il fallait se compter, constituer une force politique", confirme Azouz Begag.
Le terrain bien labouré, l´UJM lance aux Minguettes deux redoutables débatteurs : les frères Ramadan. Hani, directeur du Centre islamique de Genève ( Suisse), est le premier invité, en 1993. Puis vient Tariq, professeur d´islamologie à l´université de Fribourg, en 1994. Sept cents à huit cents personnes se pressent alors dans les gymnases où femmes et hommes sont séparés au nom de la tradition. Les jeunes y vont entre amis, chercher des conseils et écouter les belles paroles d´un sophiste qui souhaite " décomplexer les musulmans français". La librairie de l´UJM, Tawhid, installée à Lyon, publie le premier ouvrage de Tariq, Les Musulmans dans la laïcité. Les cassettes de ses discours se vendent par milliers.
On dirait Zone Interdite de de la Villardière , ou Le Droit de Savoir
De l´alarmisme facile et sans intérêt pour stigmatiser un peu plus les arabes français
En plus, l´article tel qu´il est présente plus les arabes comme des victimes que comme un fléau... Tu l´as lu, au moins, avant de le poster, captainrai?
En tout cas, si c´est ça l´intégration, j´en veux pas en Belgique !
Malheureusement c´es déjà le cas : a Bruxelles, dans certains quartiers les femmes belges portent désormais le voile afin de ne pas se faire agresser ( véridique ! ).
merci ami BELGE ! au moins un qui relate ce qu´il voit ! NON ! la FRANCE c´est pas ca ! bordel !
Ecoute, si je vois pas la même chose que toi, je vais pas dire le contraire juste pour te faire plaisir, quoi, merde...
Si c ça la france, c ça qu´est marrant ![]()
Trop facile : on les parque comme des chiens, on discrimine les diplômés, et après on crie au loup
Supermatou Posté le 07 février 2005 à 11:44:18
Trop facile : on les parque comme des chiens, on discrimine les diplômés, et après on crie au loup
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Parce que tu crois que y´a que les arabes qui vivent dans les banlieues ? ??
Y´a beaucoup de français aussi qui essayent tant bien que mal de suivre leurs études où de bosser.
Mais t´as faillit me faire chialer là, pauvres petits maghrébins sans défense...
Oui, bon, faut pas généraliser, c´est tout
Souviens toi : au début, on insulte les juifs
Puis les basanés
et puis hop : il est de retour
La France a été trop gentille, voila le resultat.
Ou plutôt : on a colonisé des musulmans, on les a humiliés, et voilà le résultat
Supermatou tu me fais peur à penser comme ça, y en a beaucoup des comme toi?
C´est toi qui me fait peur à soutenir l´amebndement Blokestein
J´ai même pas lu l´article de ce topic : je dis juste que j´en ai marre de voir des trucs contre les musulmans sur ce forum rempli de réactionnaires
Y a des racailles et des talibans, ok
Mais ya 80% d´arabes innocents, alors lâchez leur la grappe
oui et tous les blancs sont des salauds,on sait...
Quand ai je dit ça ?
encore une fois, c´est trop facile de prendre un cas excessif et de généraliser
Réveillez vous, c´est pas comme ça qu´on va cohabiter en paix
personne veut cohabiter en paix,même pas les arabes,alors toi aussi réveille toi...
D´un autre côté, c´est facile aussi de dire : ils sont étrangers, il faut les aider, c´est pas un cas général etc...
Tu généralises sans fondement
De toute façoin t´as qu´à leur dire en face
Bon
J´ai pas dit d´assister n´imprte qui
Je parle de ceux qui veulent réussir
Mais encore une fois, cet article n´apporte rien de neuf à moins de ne pas connaitre TF1